KYSTE DU POUMON ET PLÈVRE
On peut envisager le retentissement des kystes du poumon sur la plèvre sous deux aspects très différents, suivant que l’on envisage le kyste du poumon suppuré ou non.
Dans les kystes congénitaux gazeux du poumon, une complication pleurale fréquente réside dans le pneumothorax. Il est le plus souvent dû à une rupture accidentelle d’un kyste congénital du poumon, superficiel, plaqué contre la plèvre viscérale,
qui augmente de volume par suite d’une valve à clapet. La mince lame pulmonaire qui le sépare de la plèvre viscérale s’amincit de plus en plus et, finalement au moment de la rupture, il n’existe plus que la membrane kystique et la plèvre viscérale accolées, fragiles, et qu’un accident d’hyperpression peut rompre, produsant un pneumothorax ou un hémopneumothorax.
Le pneumothorax peut être secondaire à la ponction chez un malade présentant une asphyxie. On croit à un pneumothorax suffocant, on met le trocart de Kuss pour éviter l’asphyxie au malade, le traumatisme déchire la paroi du kyste et il se fait un pneumothorax. Nous verrons d’ailleurs que c’est parfois grâce à cet incident que peut apparaître, à l'examen radiographique, l’existence du kyste du poumon dont la membrane accolée à la plèvre viscérale se confondait avec l’image radiographique de la paroi thoracique.
Dans les kystes suppurés congénitaux du poumon, uniques ou multiples, 1l est au contraire un caractère tout à fait constant, c’est l’absence de retentissement pleural. Même avec des kystes complètement remplis de pus, des vomiques, un état général infecté, on ne trouve jamais ou presque de hquide séreux, ni de pus dans la plèvre.
Cette particularité est facilement explicable. Chaque kyste appendu à sa bronche de communication, est limité par sa membrane épithéliale résistant à l’infection et nous avons vu que le parenchyme pulmonaire entourant le kyste, ne
présente qu’une légère réaction inflammatoire, sans jamais présenter d'infection vraie ni finir par réaliser le type de pyosclérose comme on le trouve si fréquemment dans les abcès du poumon arrivés au stade de suppuration chronique. Le parenchyme pulmonaire étant intact 1l n’y aura pas de réaction pleurale.
Les différentes observations que nous présentons sont à cet égard démonstratives. Dans l’observation [IT il s’agit d’un volumineux kyste suppuré dont l'infection remonte à plusieurs mois. Le pneumothorax préopératoire montre une plèvre entièrement libre sans aucun épanchement. L’intervention confirme ce fait.
Dans les autres cas où l’on a pu pratiquer un pneumothorax préopératoire, nous avons vu que même s’il existe des adhérences pleurales, elles ne sont pas serrées, mais limitées et facilement libérales.
Les rares cas où l’on trouve un pyopneumothorax sont dus à des ruptures de kystes infectés dans la plèvre réalisant d’emblée le pyopneumothorax par aspiration du liquide kystique par la plèvre.
On remarque cette absence de retentissement pleural dans les bronchiectasies. Ce fait a pour ces deux affections une conséquence opératoire capitale : les adhérences sont rares entre les deux feuillets pleuraux et le pneumothorax préopératoire pourra non seulement être facilement créé et entretenu mais encore, il sera en général total et permettra une intervention fort aisée, la libération des adhé-
rences pleurales étant rares, en tout cas toujours très limitées.