‹ Traitement chirurgical des kystes congénitaux du poumonChapitre 37 sur 61 · LES MÉTHODES DE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

LES MÉTHODES DE TRAITEMENT

Au cours des dix dernières années, le traitement des kystes congénitaux du poumon s’est fait jour. Il ne fut d’abord institué que pour lutter contre les crises de dyspnée avec cyanose, en retirant de l'air de la cavité kystique ou bien pour drainer une cavité kystique intrapulmonaire suppurée.

Mais rapidement, on essaya d’adjoindre ou plutôt d'ajouter à ces traitements héroïques mais qui n'étaient que palliatifs des moyens thérapeutiques curatifs en affaissant la poche. Et à l'exemple de la tuberculose pulmonaire, sans parler du pneumothorax, on fit à ces malades des phrénicectomies ou des thoracoplasties. Peine perdue, au reste, ces kystes n’ont aucune tendance à s’affaisser et après chaque opération, le kyste conservait le même volume. Rappelons, à cet égard, une observation de Gaze Kerzey et Coon qui est caractéristique :

€ Il s’agit d’un malade de 29 ans qui, à la suite d’une infection pulmonaire présente depuis quinze

ans une dyspnée importante et depuis onze ans, à plusieurs reprises, des hémoptysies sans que l’on puisse trouver de signe positif dans son examen pulmonaire de tuberculose (crachats négatifs à chaque examen).

A son entrée à l'hôpital, l'examen pulmonaire et la radiographie montrent dans tout le poumon gauche des raréfactions multiloculaires avec de fines travées de refend dans tout le champ pulmonaire, mais surtout marquées sur le bord latéral. L’injection de lipiodol par voie buccale montre, à la base gauche, un petit nombre de cavités.

On fait le diagnostic de maladie kystique congénitale du poumon gauche.

Après un pneumothorax, on essaie une phrénicectomie gauche. Devant le peu de résultat, on relâche le pneumothorax et on fait une thoracoplastie. Celle-c1 est faite en trois temps : paravertébral sur les onze premières côtes, puis on pratique une thoracoplastie antérolatérale sur les parties restantes des Ire, IIS et IIIe côtes. L'amélioration est extrêmement légère malgré la résection des segments de côtes régénérées.

Le malade rentre de. nouveau à l'hôpital, six mois après et on lui fait une pneumectomie totale qui amène une guérison complète ».

= En somme, le kyste congénital du poumon résiste à toutes les thérapeutiques d’affaissement. Nous avons déjà vu les raisons de cette immuabilité. On peut les rattacher à deux grandes causes :

Les éléments qui sont contenus dans la paroi du

kyste, surtout muscles lisses et cartilages, empêcheraient la paroi kystique de revenir sur elle-même.

La pression intrakystique toujours importante aiderait cette lutte du kyste à se maintenir béant quelque soit l’affaissement que lon imprime à sa paroi externe.

Aussi, depuis quelques années, ces interventions d’affaissement ont été abandonnées et l’on cherche à supprimer la cavité kystique elle-même, soit en l’enlevant en même temps que le ou les lobes dans lesquels sont situés les kystes par des lobectomies ou des pneumonectomies, soit en essayant d’enlever la poche kystique seule.

Certains auteurs enfin, ont préconisé d'intervenir non pas sur le kyste lui-même, mais sur sa bronche de communication et en parvenant à fermer celle-ci, ont obtenu des affaissements des cavités kystiques (Wizzrams et ApamsoN).

Mais nous avons vu que, parfois, le traitement des kystes congénitaux du poumon semblait imposer d’abord un drainage d’un kyste suppuré qui pouvait menacer la vie du malade. On peut se demander si le drainage d’une cavité de kyste congénital du poumon pourrait amener, bien conduit, un affaissement du kyste sur lui-même. Il n’en est rien et pour les raisons que nous avons déjà vues, la cavité d’un kyste drainé reste immuable.

Il s’y ajoute une autre cause. Nous savons que la bordure de cellules cylindriques ciliées simples ou stratifiées qui tapissent la paroi du kyste conservant son revêtement épithélial n’aura aucune tendance à

se transformer alors qu’une plèvre drainée se rerecouvre de tissu de granulations et la poche pleurale tend à se combler peu à peu.

Les méthodes de traitement du kyste congénital du poumon se présentent de façon fort différentes suivant les auteurs qui les ont employées et le but qu'ils se sont proposé.

Page 1