II. — Les méthodes théoriquement parîaites
Devant l'échec de ces méthodes classiques et sans parler des méthodes radicales : lobectomie ou pneumectomie que certains auteurs Jugent hors de proportion avec l'importance de kystes congénitaux solitaires de moyen volume, il en est qui ont essayé de les traiter par l’énucléation du kyste ou son affaissement par fermeture de la bronche de com-
munication.
49 L’EXÉRÈSE DU KYSTE.
L'idée directrice consistait à peler en quelque sorte le kyste du parenchyme pulmonaire après
thoracotomie. Cette tentative avait pour base première l’analogie d'aspect des kystes congénitaux du poumon avec les kystes hydatiques.
Elle a été rarement tentée d’après l’analyse qu’en ont fait Marer et Harçcur il y a moins d’un an.
SauerBrucH décrit une intervention d’excision de kyste congénital du poumon avec guérison après thoracoplastie complémentaire.
Burnerr, celui d’un kyste infecté du lobe inférieur droit chez une jeune fille. La cavité large, lisse, avec de multiples fistules bronchiques persiste après le drainage. Deux ans après excision de la paroi. Fermeture rapide |
Woop, Gixgy et Key ont eu également des succès avee une telle intervention.
Mais CLarrmonT rapporte le cas d’un kyste pulmonaire chez un garçon de 10 ans. Diagnostic de pneumonie compliquée d’empyème interlobaire. A la suite de plusieurs interventions de drainage on reconnaît le caractère intrapulmonaire du kyste. Le malade meurt durant la tentative d’excision.
D’autres excisions de kystes ont été faites par Merscaior, KrampPr, Mozrer et EgLers.
Le nombre des morts survenant par hémorragie au cours de l’intervention semble équivaloir le nombre de guérisons. Le Professeur SERGENT s’élevait déjà en 1935 contre cette méthode, ces hémorragies étant expliquées pour lui par la nature anatomopathologique de la paroi du kyste : « La paroi est constituée par une série de petits kystes bronchiques, tassés les uns contre les autres et recouverts d’un
épithélium cylindrique... Entre les kystes se glissent des structures adénomateuses ayant l'aspect de glande en grappe. De telles dispositions anatomiques expliquent que le kyste ne puisse être clivé du parenchyme adjacent dont la paroi kystique fait partie intégrante. L’extirpation chirurgicale est donc à proscrire formellement sous peine d’hémorragies mortelles... »
Nous y ajouterons aussi la possibilité d’embolies aériennes mortelles.
Il en est tout autrement des kystes congénitaux pulmonaires qui ne sont pas entourés par du parenchyme pulmonaire mais qui sont pédiculés, représentant des malformations kystiques congénitales du parenchyme pulmonaire accessoire (lobe azygos kystique, HarriNGron) ou aberrant (kyste pulmonaire congénital médiastinal, Sanry). Ces malformations kystiques pédiculées peuvent être relativement facilement enlevées et leur traitement logique est l’exérèse. Nous ne croyons pas que ces malformations aient fait fréquemment l’objet d’une intervention. En tout cas, elles ne présentent pas plus de diflicultés opératoires que les kystes du médiastin d'intervention plus courante.
Cependant, si anatomiquement leur pédicule devrait permettre une exérèse facile, le voisinage des gros vaisseaux ou même son implantation sur les grosses bronches rendent son ablation diflicile et dangereuse, car au cours de la libération du pédicule, on est au voisinage d'éléments dont la blessure
a une importance considérable. Or, celle-ci est J. H, 10
possible malgré toute la douceur des gestes opératoires et l’observation VII nous fait toucher du doigt le danger : ayant blessé une bronche, le lobe correspondant s’atélectasie et on est obligé d’ajouter à l’acte opératoire prévu, une lobectomie du lobe suspect.
Enfin, dans ces toutes dernières années, certains auteurs ont songé à réaliser soit par voie endobronchique, soit par thoracotomie, la fermeture de la ou des bronches de communication d’un gros kyste solitaire.