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VI. — Les suites opératoires

L’étude des observations rapportées par les Américains et les Allemands nous font apparaître la simplicité des suites opératoires.

Si nous feuilletons les magnifiques observations du Journal of Thoracic Surgery nous voyons que la sortie de l'hôpital des malades complètement guéris se fait environ au bout de 45 jours pour les lobectomies. La seule pneumonectomie de Gare est sortie guérie 63 jours après son intervention.

Ces chiffres sont éloquents et montrent que le

traitement de la maladie kystique congénitale par les opérations d’exérèse doit être suivi et étendu, étant donné les excellents résultats obtenus.

Cependant, d’après nos observations, il nous semble que les suites opératoires sont différentes suivant la forme de la maladie kystique à laquelle on s'attaque.

19 Les COMPLICATIONS SEPTIQUES.

Les malades porteurs de gros kystes isolés ou de kystes liquidiens pleins (obs. IT, IIT et VIT) sont guéris au bout d’un mois après peu d'incidents.

Ils eurent des empyèmes peu importants, infection légère, dont on vint facilement à bout, soit par un simple drainage, soit par l’association au drainage de l’aspiration.

La fistule bronchique de la te malade de l'observation III s’est obturée très facilement. Nous avons eu l’occasion de la revoir depuis sa sortie de l'hôpital, elle est en parfaite santé.

Mais ces différents kystes avaient tous un point commun : leur découverte récente; aussi nous croyons que la bénignité de leurs suites opératoires est due au peu d'infection qu'ils recélaient.

D'autre part, comme dans toutes les opérations d’exérèse thoracique, les suites opératoires sont d'autant plus simples et rapides que les sujets sont plus jeunes.

Au contraire, dans l'observation V, les suites sont plus longues (3 mois) et surtout beaucoup plus

troublées. On doit pratiquer plusieurs drainages d’empyèmes successifs; pendant longtemps l’état général est peu satisfaisant. On obtient difficilement l’obturation de la fistule bronchique.

L’explication nous paraît facile : chez cette malade l’erreur de diagnostic forcée, croyons-nous, nous a fait tâtonner et a empêché de l’opérer au moment opportun. Plusieurs interventions n’avaient été que palliatives et ce n’est que devant une hémoptysie accompagnée d’un très mauvais état général et des signes de grosse suppuration pulmonaire que l’on se décide à intervenir d’urgence. Donc pas de préparation opératoire possible, et les suites pénibles ont été la rançon de l’infection considérable dont les kystes et les bronches étaient le siège.

Enfin, si la pneumonectomie réalisée par GazeE en 1935 n’a eu à l’hôpital qu’un séjour de 63 jours, celle dont nous relatons l’histoire a eu des suites évidemment plus troublées puisque sa guérison eomplète n’a été obtenue qu’après plusieurs mois de soins.

Nous sommes cependant sûrs d’avoir épargné à cette malade une vie d’infirme et, revue 18 mois après sa sortie de l'hôpital, nous l’avons trouvée en excellente santé.

20 Les COMPLICATIONS RESPIRATOIRES.

Elles peuvent être de deux sortes :

Soit dues à l’infection ;

ou bien relever d’un épanchement pleural abondant. L’inflammation post-opératoire des lobes restant

dans une lobectomie est évidemment très grave, mais ne représente cependant pas les risques énormes que font courir à la vie d’un malade l’évolution d’un processus infectieux dans un territoire notable du champ pulmonaire du poumon restant après pneumonectomie totale.

Leur apparition est sans conteste moins rare avec la pratique de l’anesthésie locale, mais ce sont surtout la minutie des soins préopératoires et le choix judicieux du « moment » de l'intervention qui permettront de les éviter. De plus, lapplication systématique de la chimiothérapie post-opératoire pourra rendre dans ce domaine de précieux services.

Au contraire, l’anoxhémie se présente sous un aspect particulier dans les suites opératoires des pneumonectomies.

On pourrait croire, qu'après cette opération, le poumon sain restant ne va pas, seul, être capable d'assurer l’hématose de la masse sanguine de la circulation pulmonaire.

Mais ceci est faux, car, en premier heu, le poumon enlevé, malade, est dans les kystes congénitaux du poumon encore plus que dans les bronchiectasies congénitales un poumon physiologiquement inexistant.

De plus, rapidement, 1! semble que dans le poumon restant, il se fasse un travail d'adaptation, vraisemblablement par utilisation de la quantité d’air contenu dans l’air résiduel pour augmenter les échanges.

On peut le favoriser en faisant faire au malade

des exercices de spirométrie.

Mais, ce n’est parfois qu’au bout de quelques jours que la dyspnée et la cyanose s'installent. Cet accident est lié, le plus souvent, à l'abondance de l’épanchement pleural que l’on a laissé se constituer pour empêcher le ballottement médiastinal, qui finit par repousser le médiastin vers le poumon sain et à comprimer celui-ci.

Deux méthodes permettent de lutter contre ce mécanisme.

La première consiste à mettre dans la loge pulmonaire vide, après pneumonectomie, plusieurs compresses de gaze. Elles absorberont le suintement sanguin et favoriseront la constitution d’adhérences ultérieures. (Certains auteurs, pour diminuer le volume de cette loge excavée, pratiquent au cours d'opération une phrénicectomie.

La seconde n’est que palliative et consiste lorsque le fait se produit à vider l’épanchement en ouvrant le drain fermé de la pneumonectomie. Le liquide pleural s’évacue, le médiastin reprend sa place. Tout rentre dans l’ordre. La cavité pleurale se comble ensuite petit à petit.

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