V. — La Pneumonectomie
Elle jouit dans le traitement de la maladie kystique du poumon, des mêmes avantages qu’y trouve la lobectomie. Elle est techniquement encore plus favorable car, si la maladie kystique congénitale se manifeste le plus souvent par des signes fonctionnels : dyspnée, eyanose et douleurs ou par de petites hémorragies, l’infection y paraît par contre plus rare et toujours plus discrète que dans les kystes isolés ou peu nombreux.
Aussi, le grand danger de la pneumonectomie pour dilatations bronchiques : la transformation postopératoire d’un hémithorax entier en un pyopneumothorax est moins à redouter.
Depuis la première pneumonectomie en un temps publiée en 1937 par Gare, Keeney et Coow, nous n’en connaissons qu’une autre faite par SAUER- BRUCH. Celle qui a été réalisée par le Professeur Sanry en 1938, et qui est suivie d’une guérison complète (obs. IV) est donc la troisième à notre connaissance.
C’est en effet à cette méthode en un temps que paraît s'appliquer le mieux la maladie kystique du poumon, l’exopneumonectomie de FERRARI et d’Iva- NISSEVITCH, pas plus que les exérèses fractionnées que pratiquait jadis Mason ne paraissant pouvoir s’y appliquer.
— jfr —
LA TEcHNIQUE.
Comme pour les lobectomies nous nous reporterons à J»
à l’ouvrage de Lararser dans lequel le Professeur SANTY a exposé ses méthodes de technique.
L’incision pariétale.
Elle se fait sur le trajet de la Ve côte, dans tout son trajet. L’omoplate qui gênerait la vue et l’accès sur le poumon et sur son pédicule sera soulevé par un crochet comme dans les thoracoplasties supérieures.
La libération des adhérences.
Elle est surtout difficile, comme dans les lobectomies supérieures, lorsque celles-ci siègent au sommet. Elles sont heureusement rares.
L’antisepsie.
Elle s’obtiendra par la protection pleurale et pariétale par des compresses imbibées d’acriflavine chaude.
Le temps pédiculaire.
Il est plus facile dans la maladie kystique que dans les bronchiectasies.
Dans ces dernières, on se trouve pris dans le dilemne de faire porter la section pédiculaire trop haut avec tous les dangers médiastinaux ou de trop laisser de parenchyme pulmonaire, siège possible d’une récidive.
Au contraire, la pneumonectomie pourra dans la
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maladie kystique n’être que subtotale, en conservant une collerette parenchymateuse qui permettra d’assurer une parfaite étanchéité du pédicule et d’amener
une fermeture de la bronche.
La fermeture du thorax.
Elle est soit hermétique, comme celle d’une lobectomie, avec un gros drain fenêtré au point déclive; soit réalisée par la fermeture du thorax sur un tamponnement qui aura l'avantage de fixer le médiastin au cours des premiers jours, d’assurer l’hémostase, d’évacuer à l'extérieur les sérosités plus ou moins septiques (José Arc). Cette méthode avantageuse surtout lorsque l’on a dû rompre pendant l’intervention de nombreuses adhérences est moins indiquée dans le cas des adhérences minimes et peu étendues de la maladie kystique congénitale.