‹ Traitement chirurgical des phlébitesChapitre 24 sur 29 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — En dehors de l’évacuation des abcès phlébitiques, qui est de pratique courante, le traitement chirurgical est susceptible de guérir les inflammations veineuses circonscrites compliquant les varices, hémorrhoïdes, varicocèle, et les phlébites des sinus crâniens. On ne saurait le préférer aux interventions sur le système veineux sans thrombose.

La possibilité ou la présence d’accidents graves, souvent mortels, justifient les tentatives chirurgicales ; des contre-indications peuvent être tirées de l’âge, de l’état général, etc. mais disparaissent devant des complications sérieuses.

IT. — En même temps que la phlébite il faut toujours traiter la plaie ou la maladie, source de l'infection. A cet égard doivent être recommandés les moyens préventifs contre des affections susceptibles d’engendrer la phlébite.

III. — Dans son acception la plus générale le traitement se compose de deux temps principaux :

A. La ligature des veines efférentes, ou tout au moins de la principale ; conduite inoffensive, précieuse pour barrer la route vers le cœur aux embolies volumineuses ou septiques ; ses effets sont moins utiles quand elle n’est pas placée au delà de la limite de l’inflammation. Pour s'opposer efficacement à la propagation de la phlébite, il faut associer à la ligature la résection d’un segment veineux.

B. La désinfection des veines enflammées ; on l’obtient par divers moyens. L’ablation totale, à la manière des tumeurs, convient aux varices des membres, aux hémorrhoïdes en bourrelet, à certaines phlébites bien localisées, etc. Des lésions très limitées {ampoule hémorrhoïdaire thrombosée) sont justiciables de l’incision suivie de nettoyage et suture. L’incision avec drainage est préférable dans les

phlébites des sinus crâniens, du varicocèle, et en général dans les

no

phlébites suppurées graves, où la réunion ne saurait être cherchée ; l'emploi judicieux du thermo-cautère est parfois d'un grand secours, surtout en cas de gangrène.

IV. — Ces deux temps opératoires se succéderont autant que possible dans l'ordre indiqué, afin d’éviter la contamination de la ligature ; le chirurgien doit se souvenir que les fautes d’asepsie en chirurgie veineuse peuvent entraîner de funestes conséquences.

V. — S'il était permis d'étendre ces notions générales de thérapeutique des phlébites, on pourrait concevoir un traitement chirurgical de la phlegmatia alba dolens ; on ne serait d’ailleurs autorisé à l'appliquer qu’en présence d’accidents graves d’embolie ou de septi-

cémie.

Vue Le Président de la thèse, PAUL BERGER.

Vu :

Le Doyen, P. BROUARDEL.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, GREARD.

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