INTRODUCTION
En 1851, mon grand-oncle Gustave Monod (133), chargé par la Société de chirurgie d’un rapport sur les observations de Escallier (148} concernant la phlébite du varicocèle, disait : « Nous attachons une médiocre importance au traitement, parce que nous avons la triste conviction de l’impuissance de l’art en présence d’une affection compliquée et si rapidement mortelle. » Il adoptait d’ailleurs les conclusions de l’auteur du mémoire, qui écrivait : « Malheur à celui dont la maladie serait méconnue, et sur lequel une main trop légère ou ignorante porterait un bistouri..…. Une mort rapide, inévitable, serait la conséquence d’une pareille erreur. »
Telle était en effet l'opinion de tous les chirurgiens de cette époque : Les lésions du système veineux présentaient un caractère de gravité redoutable ; la phlébite, surtout la phlébite suppurée, compliquée d’infection purulente, était au-dessus des ressources de l’art, une sorte de noli me tangere pour le chirurgien. Pourtant les conséquences fatales de ces phlébites avec pyohémie, avaient donné à quelques-uns l'idée d’une tentative chirurgicale ; le but était d'isoler de la circulation, les veines enflammées et suppurées. Dès 1773, Hunter (10) avait proposé un moyen, la compression au-dessus de la phlébite ; Breschet (1) alla plus loin et proposa la ligature ; à Sédillot (23), revient je crois, l'honneur d’avoir pratiqué systématiquement le premier, la section des veines au delà du foyer de suppuration pour s'opposer à la généralisation de l'infection.
Cette idée qui domine le traitement chirurgical des phlébites est donc de vieille date, comme bien des idées réputées nouvelles ; et si nos anciens maîtres n’ont pu en déduire toutes les applications qu’elle comporte, c'est que, privés des moyens antiseptiques dont nous disposons, ils voyaient leurs efforts arrêtés par des insuccès que sou-
vent ils se sentaient incapables d'expliquer. Aussi avec le secours de