‹ Traitement chirurgical des phlegmons du piedChapitre 11 sur 23 · NOIRE · texte numérisé non relu

NOIRE

par le pli digito-plantaire; mais les dispositions des gaines tendineuses des orteils font comprendre que toute cette vaste loge moyenne sera facilement inoculée par un phlegmon d'orteil qui aura crevé le cul-de-sac postérieur de la gaine synoviale du tendon correspondant.

En haut : Les fusées dorsales seront forcément limitées. Elles sont commandées par la gaine du jambier postérieur, qui, se rompant en bas va inoculer le tissu cellulaire souscutané dorsal et, par la gaine celluleuse, de L'ensepRtess vasculaire du premier espace interosseux.

En arrière : C’est dans cette direction que l’inflammation va progresser avec prédilection, car il y a là un canal tout trouvé, qui est le canal calcanéo-tibio-tarsien et un espace d'expansion immense qui se place entre les deux grandes couches musculaires du mollet. La progression vers cet espace se fera soit par les tendons fléchisseurs et leurs gaines Synoviales, soit par la lame celluleuse qui entoure le paquet vasculo-nerveux. Le plus souvent, ces deux voies sont mises à contribution soit simultanément, soit l’une après l’autre. Ainsi les suppurations plantaires graves sont-elles susceptibles de s'étendre au mollet : dans le-cas d’un phlegmon de l’espace celluleux plantaire dont l’inoculation est située entre la chair carrée et le court fléchisseur, le pus envahit la lame vasculo-nerveuse plantaire, puis la gaine des vaisseaux, et de là le mollet. Si l’inoculation a lieu dans les lames celluleuses sous-jacentes au plan des tendons fléchisseurs, les suppurations diffusent par synovite des muscles fléchisseurs commun et propre.

La fusée jambière s’étalera dans le large espace celluleux qui sépare le triceps sural des muscles profonds. Elle pourra remonter jusqu'au creux poplité mais habituellement sera arrêtée par l'anneau soléaire.

Elle s’étalera en bas devant le tendon d'Achille au-dessus du calcanéum infiltrant la masse cellulo- graisseuse qui se trouve à ce niveau. Une complication fréquente des phlegmons plantaires profonds se trouve constituée par l’arthrite sup-

Sur, amv Sade

°c d LES

SD EDS

purée tibio-tarsienne. L’inoculation se fait aisément lorsque les synoviales sont prises, étant donné le contact étroit de ces dernières avec l'articulation périastragalienne, surtout dans les mouvements de flexion où elle joue le rôle de poulie de réflection pour Les tendons. Enfin, la lame cellulo-vasculonerveuse servant à la progression du pus, il arrive que dans le canal calcanéo-tibio-astragalien les vaisseaux baignant dans le pus soient thrombosés. Il est important pour le traitement de signaler qu'il existe une topographie spéciale du pus.

1° Existence de deux clapiers plantaires importants : l’un occupe la corne postéro-interne de la loge plantaire moyenne de volume important, l’autre, moins important mais plus caché, existe au niveau de la partie postérieure de l’espace celluleux profond.

2° Le troisième clapier à retenir est le clapier sus-calcanéen pré-achilléen.

SYMPTOMATOLOGIE.

a) PHLEGMON LOCALISÉ À LA PLANTE. — Au début, les signes sont assez frustes. Il s’agit d’un malade, journalier, qui vient consulter quatre à cinq jours après-une piqûre plantaire profonde, déterminée par un clou. Il se plaint surtout de douleurs vives et profondes qui tenaillent son pied. H a l’impression d’une tension perpétuelle avec paroxysmes lancinants à l’occasion des essais de marche, ou même spontanés dans la nuit, qui l'empêche de dormir. La température ne dépasse généralement pas à ce stade 38°5; la langue est légèrement saburrale, les urines foncées traduisent déjà un certain degré d’intoxication.

Le premier signe qui frappe, c’est l'œdème inflammatoire de la région dorsale du pied, occupant surtout la partie antérieure et les bords. On cherchera alors les signes plantaires, qui sont estompés à la période de début. La plante a un aspect à peu près normal. Cependant, la voûte plantaire peut

TEE

être légèrement empâtée. On peut voir l’orifice de la piqüre en pleine plante qui est ordinairement fermé, empêchant ainsi le pus profond de sourdre. Il faut ensuite palper avec soin profondément, et la pression forte du doigt réveillera une douleur insupportable, douleur qu'on trouve aussi vers la région sous-rétromalléolaire. La mobilisation des orteils est indolore; de même les mouvements de la tibio-tarsienne se font sans peine. À

b) PHLEGMONS DIFFUSÉS AU MoLLET. — Le malade vient consulter vers le huitième ou le dixième jour, après une piqûre plantaire profonde à laquelle il n’a attribué d’abord aucune importance. À cette période, le pus à diffusé au mollet, à travers le canal calcanéen. On est de suite frappé par l’importance des signes généraux. Le facies est Jaunâtre, les traits sont tirés, la langue est sèche, comme chez les grands infectés. Le pouls est petit, la température élevée à 40 degrés peut ne pas dépasser 38°5. Les douleurs empêchent la marche, et le membre repose en rotation externe sur le plan du lit.

Sans s'arrêter sur l'œdème dorsal, qui est souvent volumineux, remontant jusqu'à la tibio-tarsienne, œdème douloureux, on doit de suite examiner la plante. On constate qu'elle est empâtée, parfois légèrement rouge, surtout qu'elle est douloureuse à la pression profonde vers le canal calcanéen. La région sous-rétromalléolaire est comblée par de l’œdème inflammatoire. Le comblement de cette région anatomique est un signe précieux. À la pression, on révèle Jà aussi une douleur vive caractéristique. L’exploration de la région inféro-interne du mollet montre la présence d’un léger œdème douloureux et d’un empâtement profond.

c) PÉRIODE TERMINALE. — On se trouve en présence d'un malade amené quinze à vingt jours après la piqûre . plantaire causale. Souvent la Suppuration a été traitée par des incisions de drainage insuffisant. Le membre est dans un état lamentable. Du pus $’écoule du dos du pied et de la

Page 1