‹ Traitement chirurgical des phlegmons du piedChapitre 12 sur 23 · COMPLICATIONS LOCALES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS LOCALES

a) L’arthrile tibio-tarsienne. — Il faut bien la connaître à cause de l’aggravation du pronostic; ensuite, en raison de son insidiosité et des difficultés de son diagnostic.

Cette complication est assez tardive et survient souvent chez les malades déjà opérés, dont la suppuration a été larsement mise à plat. Chez de tels malades, dont la température est tombée et dont l'état général ne semble pas mauvais, on constate bientôt une élévation progressive de la température qui prend le type oscillant. À ce moment, il faut se méfier de l’arthrite tibio-tarsienne sans mettre ces oscillations sur le compte d'un état septicémique.

On doit s'assurer aussi s’il n'existe aucun clapier de rétention à la plante ou au mollet, puis voir si la loge suscalcanéenne est bien drainée. |

Il faut mobiliser doucement la tibio-tarsienne : cette manœuvre n’est pas douloureuse. L'espace sus-calcanéen ayant été soigneusement détergé, on peut voir, au cours de cette mobilisation, sourdre du pus très loin en profondeur, au voisinage du tendon du fléchisseur propre. Il n’en faut pas plus pour poser le diagnostic d’arthrite tibio-tarsienne.,

Dans les cas tout à fait délicats, la radiographie sera d’un

A DENEES

puissant secours, et, centrée sur le cou-de-pied, elle peut montrer surtout s’il s’agit d’une arthrite longtemps méconnue, des irrégularités des surfaces articulaires et une décalcification de l’astragale qui emportent la conviction.

b) Les fusées dorsales. — Antérieure : Elle émane de la plante par la partie postérieure du premier espace interosseux.

Postérieure : Elle est due à une fusée ayant son origine à la synoviale rétromalléolaire du jambier postérieur.

Il faut, pour confirmer ces fusées, trouver une fluctuation nette au dos du pied, qui, normalement, est le siège d'œdème dorsal au cours des suppurations plantaires.

c) Phlébite par suite de thrombose des veines. — Complication rare.

2° COMPLICATION GÉNÉRALES. — Il s’agit d’une diffusion à tout l’organisme de l'infection locale. Celle-ci peut revêtir deux types : soit le type septicémique, soit le type septicopyohémique. Pour porter le diagnostic de septicémie, il faut que rien localement ne puisse expliquer l’altération profonde de l’état général et les oscillations thermiques. Une hémoculture pourrait confirmer le diagnostic, mais celle-ci est souvent négative.

B. — Phlegmon plantaire grave consécutif à une synovite suppurée du gros orteil.

Le siège de l’inoculation a lieu ici sur le trajet de la Synoviale digitale du fléchisseur propre en un point quelconque de cette dernière : talon antérieur de la plante ou face inférieure du gros orteil. Au point de vue clinique, il est caractérisé par sa rapide diffusion au mollet et ses complications articulaires précoces. Souvent la synovite suppurée du gros orteil prise au début et convenablement traitée peut ne pas aboutir à ce stade de diffusion plantaire. Si la diffusion a lieu, les

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