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delà de la limite postérieure du talon antérieur du pied, tandis qu’il faut la prolonger en arrière assez loin vers le talon, puis la redresser en direction du canal calcanéen jusqu’au dessous et en arrière de la pointe malléolaire. L'incision cutanée étant ainsi déterminée, on pénètre en pleine loge plantaire moyenne : on coupera la résistante aponévrose plantaire superficielle et on dissociera les fibres du court fléchisseur plantaire dont on sectionnera tout à fait en arrière la partie interne de dehors en dedans. On coupera ensuite entre deux ligatures et, suivant le cas, la plantaire interne ou la plantaire externe, et l’on sera à pied d'œuvre s’il s’agit d’un phlegmon de l’espace intermédiaire. De toute façon, il ne faudra pas s'arrêter là. Le pus ayant été soigneusement détergé, on explorera avec une pince de Kocher l’espace celluleux profond en passant soit le long du bord externe des fléchisseurs, soit de préférence, si c’est possible, le long de leur bord interne. Cette recherche devra être faite en avant pour éviter de blesser les culs-de-sac plantaires des synoviales tendineuses.
Il sera prudent, pour peu qu’il y ait œdème du dos du pied, de faire une contre-incision dorsale.
Des mèches imbibées de Dakin ou de Mencière seront enfin placées dans les plaies jusqu’au contact des espaces celluleux infectés. Les plaies seront laissées béantes.
B. — Phlegmon plantaire difiusé au canal calcanéen et au mollet : forme moyenne.
L’incision continue et profonde se superpose à la topographie du pus au mollet et au pied. Le point d'attaque devra être la région rétromalléolaire, qui est le carrefour de la suppuration, puis l’incision se ramifiera vers les différents clapiers. Elle commencera à trois travers de doigt au-dessus de la pointe malléolaire interne, parallèle à l’axe du canal calcanéen, un peu en arrière de ce dernier, elle devient légèrement concave en avant, à sa partie inférieure, qui rejoint
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le bord interne du pied. Une telle incision permet d’éviter le paquet vasculo-nerveux tibial postérieur, qui occupe l’axe du canal calcanéen immédiatement au-dessous du feuillet superciel du ligament annulaire; ensuite, elle mène directement sur la synoviale du fléchisseur propre du gros orteil,
après section du feuillet profond du ligament annulaire, permettant son drainage dans les meilleures conditions possi-
bles; ceci est capital pour éviter une arthrite suppurée tibiotarsienne. L’incision peut également encadrer la malléole interne, juste à son contact, dans ce cas on est franchement en avant des vaisseaux.
Dans un cas comme dans l’autre, une fois la peau, le feuillet superficiel du ligament annulaire interne incisés, on tombe sur la fusée purulente périvasculaire qu’on ne poursuit pas provisoirement; on sectionne alors le très résistant feuillet profond du ligament annulaire interne du tarse. En écartant les deux lèvres de la plaie, on a sous les yeux les synoviales tendineuses du fléchisseur propre, du fléchisseur commun et du jambier postérieur qu'il faut explorer et drainer.
Puis le pus sera poursuivi vers la plante qu’on explorera à l’aide d'un champ courbe. Si la fusée est interne et suit le tendon fléchisseur du gros orteil, on fera courir l’incision le long de ce tendon jusqu’au pli digito-palmaire.
Si au contraire la suppuration s’est étalée comme d’habitude dans la plante du pied, on suivra sensiblement l’axe du pied et on incisera parallèlement au troisième espace interosseux.
Dans tous les cas, il faudra toujours effondrer les culs-desac piantaires des fléchisseurs vers la jambe. L’incision sera prolongée à la demande jusqu’à la moitié ou au tiers supérieur du mollet, à un travers de pouce du bord postérieur du tibia. Le bord interne du jumeau interne sera récliné. Les insertions-tibiales du soléaire seront détachées au bistouri, et ainsi la loge cellulo-vasculo-nerveuse profonde de la jambe