‹ Traitement chirurgical des phlegmons du piedChapitre 8 sur 23 · PATHOGÉNIE ET ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE ET ANATOMIE PATHOLOGIQUE

La disposition aréolaire du tissu cellulo-graisseux plantaire résultant des tractus fibreux unissant le derme à l’aponévrose plantaire superficielle est peu favorable au développement de la suppuration et surtout de sa diffusion.

Au talon plantaire antérieur, où les tractus fibreux sont nombreux, les suppurations sous-cutanées se localisent assez étroitement au voisinage de la zone d’inoculation et prennent un aspect bourbillonneux ou anthracoïde.

L'aspect est à peu près analogue au bord externe du pied, où les aréoles cellulo-graisseuses sont plus larges.

Au talon postérieur, les aréoles sont très larges, et le tissu cellulaire peut se différencier en bourse séreuse sous-talonnière de Lenoir. D’où les suppurations à ce niveau, tout en restant bénignes, peuvent prendre une extension plus grande.

SYMPTOMATOLOGIE.

|° Suppurations plantaires antérieures. — La tuméfaction est assez marquée avec des signes inflammatoires nets. Léger œdème des orteils et du dos du pied. L'état général n’est pas atteint. Il y a absence de comblement en avant de l’espace interdigital.

2 Suppurations plantaires postérieures el du bord externe

se =

de la plante. — 11 n’y à pas non plus altération de l’état général. La tuméfaclion, très marquée, est nettement fluctuante. Souvent on constate un œdème réactionnel à la partie basse du canal calcanéen. On éliminera le diagnostic de Suppuration sous-aponévrotique grave grâce à la superficialité des signes, à la fréquence de traînées lymphangitiques plan- ‘Laires vers le dos du pied, à l’absence de douleur du canal calcanéen et d’empâtement à la partie supérieure de ce dernier.

; B. — Phlegmons sous-aponévrotiques bénins.

Ils comprennent :

a) Les phlegmons des loges plantaires latérales;

b) Les phlegmons commissuraux;

c) Les phlegmons sous-aponévrotiques médians super- , ficiels.

à) PHLEGMONS DES LOGES PLANTAIRES LATÉRALES.

Le long de chacun des bords plañtaires existent deux loges latérales respectivement interne et externe.

Elles renferment chacune un muscle : l’externe, l’abducteur du cinquième orteil; l’interne, l’abducteur et le chef interne du court fléchisseur du gros orteil; elles contiennent également un maigre tissu cellulaire susceptible d'alimenter des phlegmons qui seront les phlegmons des loges plantaires latérales.

Qu'ils appartiennent à la loge externe ou interne, 1ls sont toujours bénins, car ils sont enclos dans un compartiment étroit, isolé de toute part du reste de la plante. Au pire, ils

peuvent déterminer une fusée suppurée vers le dos du pied

qui n’en aggrave pas le pronostic. Ces phlegmons sont extrê-

mement rares en raison de l’étroitesse des loges où ils se

développent et de la profondeur de l’espace celluleux intéressé. | Pa #

AG ÉTioLOGIE.

Ils sont dus à une piqûre profonde des bords du pied, ou sont le résultat d’une fusée purulente créée par une InOCUlation dorsale voisine du bord du pied.

SYMPTOMATOLOGIE.

On a des signes généraux peu accusés d’inflammation. Localement, on constate habituellement une tuméfaction latérale plantaire avec œdème dorsal de voisinage marqué. La palpation montre un empâtement profond et douloureux de la plante, avec absence à ce niveau de fluctuation. L’intégrité du canal calcanéen et le siège d’inoculation confirment le diagnostic.

b) PHLEGMONS COMMISSURAUX:

Ils sont causés par des inoculations occupant le talon antérieur de la plante ou le tissu cellulaire des orteils. Ces phlegmons s’observent assez fréquemment en pratique. La région où ils se développent est située dans l'intervalle des loges plantaires latérales, à la partie tout à fait antérieure de la région sous-aponévrotique plantaire moyenne el s'étend sur trois à quatre travers de doigt à partir du sillon digitopalmaire. Ces suppurations sont bénignes, car elles ne peuvent diffuser en arrière; de plus, elles sont caractérisées par la fréquence de leur extension à la partie antérieure du dos du pied.

Ceci s'explique par l’anatomie spéciale de cette zone, où, suivant l’axe prolongé de chaque espace interdigital, existent quatre logettes de disposition analogue, pleines de tissu cellulaire, aliment éventuel de phlegmon. En arrière, chacune de ces logettes reste isolée de la plante par une série d’éléments anatomiques groupés en véritable barrière commissurale postérieure. En avant, par contre, les logettes communiquent largement avec le tissu cellulaire digital et le dos du pied d’une part, avec le tissu cellulaire sous-cutané

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