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III. — Blessures graves de poitrine

Ogs. XXVII (Personnelle). — D..., sergent bombardier aviateur. ù

Blessé le 6 avril à 15 h. 30, au cours d’un combat d’avions, par balles. Plaie du thorax droit. Plaie du bras droit. Plaie de la jambe droite. Entré le 6 avril à 17 heures.

Diagnostic d'entrée. — Profond sillon de l'extrémité inférieure, face antérieure thorax droit. Hémoptysie abondante. Blessé très pâle, shocké, pouls filiforme. Plaie musculaire de l’avant-bras. Plaie pénétrante tiers supérieur tibia droit.

Radioscopie. — Eclat métallique allongé dans la paroi

thoräcique droite. Gros hémothorax. Eclat grosseur pois dans le tibia droit.

Intervention, à 18 heures. — (Après administration d’une médication cardio-sthénique. 500 grammes sérum artificiel spartéine. 20 centimètres cubes huile camphrée). Excision de la vaste plaie de la base du thorax droit. Cette plaie mesure 15 centimètres de long sur 4-5 centimètres de large à la hauteur du cinquième espace. Par cette plaie du sang et de l’air s’'échappent avec bruit.

© Résection de la sixième côte fracturée sur trois ou quatre travers de doigt. Ablation de nombreuses esquillesimplantées dans les muscles intercostaux, d’un gros fragment de chemise de balle, et de plusieurs petits débris métalliques.

Asséchement rapide de la cavité pleurale. La face antérieure du poumon présente un sillon assez profond qui ne saigne plus. Il est impossible de suturer la plèvre pariétale qui est détruite sur une grande étendue. D’autre part il existe unu réel perte de substance des plans extrathoraciques. Force donc est d’obturer cette large brèche en attirant les muscles et la peau du voisinage et en les suturant au fil de bronze. Dès que la cavité thoracique est fermée, la respiration devient plus calme et se régularise.

Excision et suture de la plaie du bras droit. Extraction de l'éclat dans le tibia droit. Curettage et régularisation d’une fracture partielle. Suture. *

Suites opératoires. — La tension artérielle se remonte rapidement, la dyspnée s’atténue. Température à 39 degrés les deux premiers jours, descend en lysis, et ne quitte plus ‘la normale.

10 avril. — Evacuation de 100 centimètres cubes de liquide

hématique. L'examen fait au laboratoire du GC. H. montre qu'il s'agit d’un épanchement hématique, avec polynucléose d’abondance moyenne.

13 avril. — Ponction exploratrice ramène quelques centimètres cubes de liquide séro-hémorragique.

20 avril. — Ponction exploratrice retire quelques centimètres cubes de liquide séreux. Examen bactériologique ne révèle rien d’anormal.

Les fils des trois plaies ont été enlevés le dixième jour. Réunion per primam. Blessé évacué en très bon état le

1® mai; part en convalescence à la fin du mois.

OBSERVATION XX VII (personnelle). — F... Pierre,305° régiment d'infanterie, 17° compagnie. Blessé le 30 juillet dans la matinée, au thorax gauche par éclat d’obus. Entré le 30 juillet à 18 heures. |

Diagnostic d'entrée. — Plaie pénétrante thorax gauche par éclat d’obus. Orifice d'entrée gros comme une pièce de 2 francs, très déchiqueté au niveau du huitième espace intercostal gauche, en arrière de la ligne axillaire postérieure.

Radioscopie. — Montre énorme éclat mobile avec les mouvements du diaphragme, teinte foncée de tout l’hémithorax gauche.

Blessé très dyspnéique, pouls rapide, assez bien frappé.

Intervention, le 30 juillet à 19 heures. — Excision de l'orifice d'entrée et du trajet qui conduit sur une fracture très esquilleuse de la huitième côte. Résection large de cette côte. Evacuation progressive d’un gros hémothorax. Asséchement de la plèvre, évacuation de gros caillots du cul-de-sac costodiaphragmatique.

Résection et suture d’une vaste plaie du bord postéro-infé-

rieur du poumon. Extraction de l’éclat profondément fiché dans le diaphragme. Suture de la plaie diaphragmatique, Fermeture de la paroi. 3

Suites opératoires. — Dans la nuit vers 1 heure du matin le blessé est pris d’une crise de suffocation intense. Cyanose de la face. Pouls petit et misérable. L'examen du thorax montre qu'il ne s’agit pas d'une hémorragie intrathoracique. Les bruits du cœur sont à peine perceptibles. Malgré une médication cardio-sthénique énergique le blessé meurt à

6 heures du matin.

OBsERvATION XXIX (personnelle). — Lamb..., capitaine, 208° régiment d'infanterie. Blessé le 8 juillet à 21 heüres plaie du thorax gauche par éclat d’obus. Entré le 9 juillet.

Diagnostic d'entrée. — Plaie pénétrante thorax gauche

. par éclat d’obus. Orifice d’entrée situé au niveau du cin-

quième espace intercostal gauche un peu en avant de la ligne axillaire antérieure. Blessé très pâle.

‘Radioscopie. — Eclat grosseur fève répéré au niveau du cœur, mais immobile avec ses mouvements. Teinte grise de tout l’hémithorax gauche.

Intervention, le.9 juillet à 8 heures du matin. — Excision de l'orifice d'entrée et du trajet qui conduit sur les cin-

quième et sixième côtes fracturées jusqu'aux cartilages correspondants. Résection de ces côtes et des cartilages. Ablation d'esquilles, Evacuation d’un gros hémothorax. Asséchement de la plèvre, ablation des caillots qui remplissent le cul-de-sac costo-diaphragmatique.

Examen du péricarde. — On constate qu'il existe sur sa face antérieure deux plaies superposées, une supéro droite,

une inféro-gauche. Dans:la plaie/supérieure on aperçoit le

projectile qu'on extrait. Suture des deux plaies péricardiques.Fermeture de la paroi thoracique.

Suites opératoires. — Température élevée les premiers jours. |

Pouls régulier, bien frappé. Pas de dyspnée.: Examen de thorax gauche montre qu ’ilexiste un peu de'matité à la base. Ponction évacue 50 centimètres cubes de liquide séro-hémorragique le 11.

15 juillet. — Ponction évacuatrice, 50 centimètres cubes | liquide séro-hémorragique. Évacuation dublessé le 15 juillet à cause du bombardement. Des nouvelles reçues régulièrement jusqu’en ces derniers temps font savoir que la guérison

complète a été obtenue rapidement et s’est maintenue.

Onservarion XXX (personnelle). — V... Pierre, 92° régiment d'infanterie, 2° compagnie. Blessé le 12 juin 1918, plaie pénétrante thorax gauche. Entre le 13 juin à 22 heures.

Diagnostic d'entrée. — Vaste plaie de la région interscapulo vertébrale gauche, traumatopnée, par la plaie du sang gicle et de l'air s'échappe avec bruit.

Radioscopie. — Montre éclat (noix) dans le grand dorsal, près du bord inférieur et postérieur de l aisselle gauche teinte grise de l’hémithorax gauche, pas de fracture visible.

Intervention, le 13 juin à 23 heures. — Après administration de sérum, spartéine, huile camphrée, anesthésie très légère, qu'on interrompt fréquemment. Excision de l'orifice d'entrée et du trajet qui conduit sur une fracture de lomoplate et de la quatrième côte. Ablation de. nombreuses esquilles, régularisation à la pince gouge de la fracture de :

l’omoplaté, résection de la quatrième côte. Evacuation rapide

et asséchement d’un gros hémothorax. Fermeture de la paroi thoracique en un plan aux fils de bronze.

Extraction de l'éclat dans le grand dorsal. Suture.

Suites opératoires. — Le blessé respire mieux dès la fermeture du thorax, mais il ne se remonte pas, et meurt quel-

pues heures après l'intervention.

Ogservarion XXXI (personnelle). — D... Victor, 30° B. C. A., 1° compagnie. Blessé le 18 juillet 1918 à 8 heures. Plaie pénétrante par éclat d’obus. Entré le 18 juillet à 18 heures.

Diagnostic d'entrée. — Plaie transfixiante du thorax gauche par éclat d’obus. Orifice d'entrée au niveau de la huitième côte à quelques centimètres du bord sternal. Orifice de sortie au niveau de la quatrième côte sur la ligne axillaire

postérieure gauche. Blessé très dyspnéique.

Radioscopie. — Teinte foncée de tout l'hémithorax gauche, pas de fracture visible.

Intervention, le 18 juillet à 19 h. 30. — Excision de l'ori-

fice d’entrée et du trajet qui conduit sur la troisième côte fracturée près du cartilage. Résection de la troisième côte. Evacuation d’un gros hémothorax, asséchement de la plèvre, évacuation de gros caillots. Le poumon est attiré. On cons- : tate sous sa face antérieure une vaste plaie, large comme une pièce de 5 francs, très déchiquetée. Nettoyage et suture. Fer-

. meture de la paroi.

Excision de l'orifice de sortie, qui conduit sur une fracture de la quatrième côte qu on résèque. Examen de la face pos-. térieure du poumon qui montre une grosse plaie. Nettoyage

et suture. Fermeture de la paroi.

Suites opératoires. — Les jours qui suivent l'intervention

la température reste élevée oscillant entre 38°5-39 degrése Blessé très pâle. Des ponctions exploratrices répétées don nent issue à quelques centimètres cubes de liquide séro-hématique. Dans le liquide des premières ponctions il n'existe qu'une polynucléose assez abondante, dans le liquide des dernières on trouve un diplocoque à Gram négatif.

28 juillet. — Ablation des fils des deux plaies opératoires réunies per primam.

2 août. — Blessé très dyspnéique, sueurs et frissons.

Ponction exploratrice donne issue à du pus. L'examen du laboratoire montre la présence de streptocoques et de staphylocoques. 2

Résection neuvième côte et pleurotomie, évacuation d'un demi-litre de pus environ contenant des débris sphacélés (provenarit probablement du poumon). Drainage.

Malgré cette pleurotomie, le blessé ne se remonte pas, il reste très infecté, la suppuration pleurale est abondante, le

blessé meurt dans un état d'adynamie extrême le 15 août.

OBservaTION XXXII (Personnelle). — B... Paul, 320° régiment d'infanterie, 15° compagnie. Blessé le 2 juillet 1918 au thorax gauche par balle. Entré le 33 juillet.

Diagnostic d'entrée. — Plaie pénétrante du thorax gauche par balle, orifice d'entrée au niveau de la cinquième côte sur la ligne axillaire postérieure. |

Radioscopie, — Balle située au contact de la face postérieure du cœur juste au-dessus du diaphragme. Teinte grise de l’hémithorax gauche.

Intervention, le 23 juillet à 16 heures. — Blessé très dys-

pnéique. Anesthésie possible,

« Excision de l’orifice d'entrée qui conduit sur une fracture

esquilleuse de la cinquième côte qu'on résèque sur 10 centimètres environ. Ouverture de la plèvre. Evacuation d’un hémothorax d’abondance moyenne; asséchement de la -plèvre. Fermeture de la paroi.

Incision le long de la portion ‘antérieure de la quatrième côte gauche. Section du quatrième cartilage costal qui permet de relever la côte.Pleurotomie. La main introduite dans le thorax extrait la balle qui est implantée dans la face postérieure du péricarde juste au-dessus du diaphragme.

Réunion de la côte et du cartilage costal au catgut.

Fermeture de‘la paroi.

Suites opératoires. — La température se maintient élevée à la suite de l’intervention. Blessé très indiscipliné, défait son pansement et touche à la plaie opératoire antérieure. Plusieurs ponctions exploratrices ne retirent que du liquide séro-hématique clair. Examen bactériologique ne révèle rien d’anormal.

2 août. — La plaie opératoire antérieure se désunit et donne issue à du liquide séro-purulent. Ponction exploratrice face postérieure thorax donne du pus. Examen laboratoire indique la présence de nombreux diplocoques. Résection neuvième côte, pleurotomie, drainage.

La température s’abaïisse, la suppuration diminue rapide-

ment. Blessé évacué en bon état le 20 août. di

OBsErvarTion XXXIII (personnelle). — N... Etienne, 5° régiment infanterie américaine. Blessé le » octobre 1918, plaie du thorax gauche par éclat d'obus. Entré le 6 octobre 1918 à 5 beures,

Te

Le re

Diagnostic d'entrée. — Plaie pénétrante thorax gauche par éclat d'obus, Orifice d'entrée, face sus-épineuse gauche, grand comme une pièce de 5 francs, très déchiqueté, déjà infecté. |

Radioscopie. — Montre gros éclat (noix) contre le flanc gauche de la troisième vertèbre dorsale, teinte foncée de l'hémithorax gauche. Pas de fracture visible.

Intervention, le 6 octobre à 7 heures. — Excision de l’orifice et du trajet infecté, conduisant sur une grosse fracture de l’omoplate. Esquillectomie, régularisation à la pincegouge de la perte de substance qui intéresse la face susépineuse, l’épine et la fosse sous-épineuse de l’omoplate. Résection de la quatrième côte fracturée depuis son articulation vertébrale jusqu’au bord spinal de lomoplate.

Extraction de l’éclat d’obus contre le flanc gauche de la troisième vertèbre dorsale,incrusté dans l'os, curettage de la cavité osseuse. Evacuation d’un gros hémothorax. Asséchement de la plèvre.Le poumon présenteune large bande ecchymotique sur sa face postérieure. Fermeture de la paroi.

Suites opératoires, 7 octobre. — Température 37,. bon état général, pas de dyspnée.

8 octobre, — Au matin, blessé très dyspnéique, cyanosé, pouls rapide et petit.

Expectoration mousseuse, rosée très abondante. A l'auscultation, on trouve dans le poumon droit de nombreux râles fins.

On pratique une saignée, mais le blessé succombe en

quelques instants d'œdème suraigu du poumon.

OgsEervariON XXXIV (Personnelle). — R... Yorck, 9° régi-

ment d'infanterie américaine. Blessé le 2 octobre 1918; plaie

du thorax gauche par éclat d’obus. Entré le 6 octobre 1918.

Diagnostic d'entrée. — Large plaie pénétrante sous-claviculaire face antérieure, thorax gauche, l’hémothorax se vide pas cette plaie. Blessé très pâle, dyspnéique.

Radioscopie. — Pas de projectile visible, teinte foncée de l’hémothorax gauche.

Interocntion, 26 octobre à 8 heures presque sans anesthésie. — Excision de l’orifice. Résection des quatrième et troisième côtes fracturées sur une grande étendue. Evacuation d’un énorne hémothorax, asséchement rapide de la plèvre. On trouve une grosse plaie pulmonaire très déchiquetée, qui saigne. Suture de cette plaie. Fermeture de la paroi.

Excision d'une plaie parasternale, extraction d’un éclat. ©

Suiies opératoires.— Le blessé ne se remonte pas et meurt

quelques heures après,

OBsErvATION XXXV (Personnelle), — M... Michaële, 6° régiment d'infanterie américaine. Blessé le 3 octobre 1918, plaie du thorax droit par éclat d'obus. Entré le 6 octobre.

Diagnostié d'entrée. EN Vaste plaie de la région pectorale droite par éclat d’obus, issue de sang noirâtre par la plaie. Blessé très pâle, dyspnéique.

Radioscopie. — Pas d'éclat, pas de fracture visible, teinte foncée de tout l’hémothorax droit.

Intervention, le 6 octobre à 6 heures. — Excision d’une vaste plaie tengentielle face antérieure thorax droit. On arrivesur une fracture du sternum, du troisième cartilage costal de la troisième côte. Ablation de nombreuses esquilles,de débris vestimentaires, régularisation de la fracture sternale,

résection de l’extrémité de la troisième côte. Les deux bouts

de la mammaire interne ne sont pas retrouvés, ligatures en masse à son niveau. |

Evacuation d’un gros hémothorax, asséchement rapide de la plèvre, fermeture de la paroi.

Suites opératoires. — Bon état général dans les quatre jours qui suivent l'intervention, l’hémothorax ne se reproduit pas. Pas de dyspnée, température 38 degrés.

11 octobre. — Apparition d'un ictère, mauvais état général, pas de symptômes d'infection thoracique, le soir du 11 octobre, ictère très foncé, blessé très asthénique. Mort

le 12 au matin.

OBsERvATION XXX VI (Personnelle). — L..., blessé le 16 mai 1918 à 21 heures, plaie pénétrante du thorax gauche. Entré le 17 mai à 4 heures du matin. -

Diagnostic d'entrée. — Orifice face postérieure thorax gauche, un peu en arrière de la ligne axillaire postérieure, à la hauteur de la neuvième côte. Contracture des muscles abdominaux. Plaie thoraco-abdominale.

Radioscopie. — Projectile grosseur d’une fève, sous-diaphragmatique à 8 centimètres du point de repère antérieur, teinte grise de l'hémothorax gauche.

Interpention, le 17 mai à 6 heures du matin. — I. — Excision de l'orifice d'entrée et du trajet qui conduit sur une fracture de, la neuvième côte. Résection. Evacuation d'un hémothorax de moyenne abondance. Asséchement du culde-sac costo-diaphragmatique. Fermeture de la plaie du diaphragme. Suture de la paroi.

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