Traitement chirurgical des sarcomes de l'utérus
L’histoire des sarcomes de l’utérus est encore assez obscure; la marche et les caractères de cette lésion sont encore assez mal connus, pour qu’un chirurgien expérimenté soit exposé à de fréquentes erreurs. G’est ainsi que, surtout au début, cette maladie sera souvent confondue avec une affection banale de la muqueuse utérine, telle que la métrite hémorragique; d’autres fois, et à une période avancée, on pourra se croire en présence d’une tumeur, telle qu’un fibrome ou un kyste.
J’ai moi-même éprouvé ces difficultés. Cependant, éclairé par d’assez nombreuses observations, je puis dire qu’il m’est possible maintenant, dans la majorité des cas, d’établir un diagnostic plus précis, et par conséquent d’intervenir avec plus de discernement et avec plus de chances de succès.
J’ai pensé qu’il serait peut-être intéressant de donner le détail des faits, grâce auxquels j’ai ainsi acquis quelque expérience, de les analyser avec soin et de chercher les conclusions qu’ils comportent.
Les quatorze observations que j’ai réunies (la première date de 1886 et fut insérée dans le Bulletin de la Société de chirurgie) sont toutes intéressantes à différents points de vue. Deux d’entre elles ont été publiées dans les Bulletins de la Société de gynécologie (1889, p. 203, Communication à propos de deux observations d’hystérectomie pour tumeurs malignes intrautérines).
Ces observations peuvent être ainsi classées :
1° Quatre cas de sarcomes intra-utérins ou portant surtout sur la muqueuse ;
2° Quatre cas de sarcomes gigantesques du fond de l’utérus ;
3° Trois cas de sarcomes pédiculés, nés du fond de l’utérus et libres dans la cavité du bassin ou de l’abdomen ;
4° Trois cas de sarcomes volumineux contenant de vastes cavités remplies de sang ou de liquide sanguinolent, en d'autres termes de sarcomes kystiques.
Enfin, à l’aide de ces faits personnels, mais en tenant compte aussi de travaux parus à l’étranger, et surtout d’une thèse fort intéressante soutenue à Zurich, en 1876, par le docteur A. Ragivue, et du Traité de gynécologie de M. Pozzi, j’espère contribuer à élucider quelques points encore obscurs concernant cette forme grave de tumeurs utérines; en un mot faire un travail dont les conclusions puissent être utiles au diagnostic et au traitement chirurgical.