‹ Traitement chirurgical des troubles dyspnéiques et dysphoniques consécutifs aux laryngoplégiesChapitre 13 sur 40 · II. — PARALYSIE DES DILATATEURS · texte numérisé non relu

II. — PARALYSIE DES DILATATEURS

Dans la paralysie des dilatateurs, on observe :

1° Des troubles respiratoires; 2° La persistance de la voix.

LES TROUBLES RESPIRATOIRES sont continus, ils présentent les caractères de toute dyspnée d’origine laryngée : prédominance à l'inspiration, abaissement du larynx et tirage sus-sternal. Ils s’accompagnent, en outre, d’un certain degré de cornage, particulièrement accusé pendant la nuit et engendré par le passage de l'air dans l’étroite fente glottique.

De plus, le malade est sujet à de fréquentes crises de suffocation, plus ou moins angoissantes, dûes à un état spasmodique surajouté et pouvant nécessiter une trachéotomie d'urgence (1).

(x) Ces spasmes du larynx peuvent être provoqués soit : par une irritation- directe siègeant au niveau des centres nerveux (dans les affections cérébrales ou bulbaires), par une irritation directe siègeant au niveau des voies nerveuses périphériques (compression du récur-

rent), par une irritation réflexe partie du larynx (inflammation surajoutée, chute d’un corps étranger) ou de tout autre organe.

La voix est conservée et sensiblement normale, elle est forte mais brève, entrecoupée fréquemment par des inspirations. En outre, les modulations vocales sont difficiles à réaliser, ce qui donne à la parole une certaine monotonie. Mais c’est essentiellement sur un examen laryngoscopique minutieux que doit reposer le diagnostic.

Pendant l'inspiration les cordes sont en position paramédiane et la largeur de la fente glottique n’excède pas deux à trois millimètres. Dans l'inspiration forcée, il arrive parfois que la corde se laissant aspirer se porte en bas et en dedans (inspiration paradoxale).

Pendant la phonation, on constate que la glotte se ferme complètement par un bon affrontement des cordes. Enfin, RAMADIER a fait remarquer que contrairement à ce qui se passe dans les paralysies en ouverture, la corde garde toujours son épaisseur, sa largeur et son éclat normaux.

A côté de ces différentes formes cliniques, complètes et typiques, il existe, en ce que concerne notamment les diplégies récurrentielles, des formes incomplètes, « bâtardes », dont le diagnostic ne sera fait bien souvent que par l’examen minutieux d’un œil exercé.

En premier lieu, il faut se souvenir que les diplégies par atteinte du récurrent ne s’installent pas d'emblée. « La paralysie s'effectue en deux temps » (DEYGAs). Une seule corde est tout d’abord immobilisée, la voix est bitonale, puis l’atteinte du deuxième récurrent se manifeste ultérieurement, entraînant l’immobilité de l’autre corde et l’aphonie apparaît. En outre, il arrive dans certains cas que l’une ou les deux cordes conservent une mobilité relative.

Quant aux descriptions qui ont été données de formes

Rat SA

incomplètes de paralysies de dilatateurs, il convient, comme

nous l'avons dit plus haut, de ne les accueillir que sous réserves.

Nous terminerons ce chapitre en signalant deux méthodes d’investigation encore peu couramment employées, susceptibles de rendre de grands Services dans le diagnostic des paralysies laryngées :

1° La stroboscopie, mode d'observation basé sur la persistance des impressions visuelles, est utilisée depuis quelques années seulement en laryngoscopie.

L'appareil employé généralement (stroborama) est essentellement constitué par un projecteur, par un disque à dix fentes équidistantes, tournant à une fréquence donnée, par un miroir transmettant le faisceau stroboscopique sur le larynx, par une sirène constituée par une palette fixe à fentes, placée devant le disque; enfin, par un tachymètre gradué en notes musicales. Lorsque l'unisson est réalisé entre la note donnée par la sirène et la note donnée par le malade, les mouvements des cordes apparaissent au ralenti et l’on peut ainsi étudier :

a) Les vibrations des cordes dans le plan horizontal;

b) L’amplitude de ces vibrations;

c) Leur régularité et leur simultanéité;

d) La durée et le degré d’affrontement des cordes. (TAR- NEAUD).

Page 1