‹ Traitement chirurgical des troubles dyspnéiques et dysphoniques consécutifs aux laryngoplégiesChapitre 18 sur 40 · ARE · texte numérisé non relu

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La difficulté technique de cette intervention réside essentiellement dans la recherche des deux segments du nerf, entourés de tissu cicatriciel dans les cas anciens et dont les rapports anatomiques sont souvent modifiés. En outre lorsque la présence d’un névrome ou toute autre cause auront nécessité une résection même légère du nerf, l'intervention n'aura de chances de succès que si la suture ne nécessite aucune tension, ceci en raison des mouvements d’élévation du larynx lors de la déglutition.

Néanmoins certains auteurs, notamment LAHEY (Observation I) ont réussi cette intervention et obtenu de bons résultats.

Anastomose du récurrent à un nerf de voisinage

C'est CHEVALIER JACKSON qui, en 1923, suggéra l’idée de traiter les paralysies récurrentielles par anastomoses nerveuses. Des expériences, puis des interventions. ont été réalisées depuis lors dans ce sens, notamment en Angleterre et en Amérique.

L’expérimentation: BALLANCE et COLLEDGE ont pratiqué chez l’animal des anastomoses du récurrent avec le vague, la branche descendante de l’hypoglosse, le phrénique.

a) ANASTOMOSE AVEC LE VAGUE. — Cette expérience fut réalisée sur un babouin, qui mourut trois semaines plus tard; sur deux chèvres et un singe rhésus. Chez ce dernier on a obtenu, après sept mois, une abduction légère de la corde paralysée, successivement par excitation du vague de l’anastomose et du récurrent, mais dans aucun cas il n’a été observé le retour d’un mouvement spontané de la corde vocale.

b) ANASTOMOSE AVEC LA BRANCHE DESCENDANTE DE L’HY- POGLOSSE. — Cette anastomose a été pratiquée à plusieurs reprises sur des singes. L’excitation en un point quelconque de la voie nerveuse ainsi réalisée a provoqué, comme dans le groupe d’expériences précédent, des mouvements d’abduction de la corde. Une asphyxie partielle, en produisant une inspiration forcée, a eu un effet analogue, mais aucun mouvement spontané ne fut noté lors de la respiration calme. d

« Les résultats de ces expériences d’anastomoses du récurrent avec la branche descendante, ainsi qu’avec le nerf vague, montrent que les muscles qui commandent les mouvements de la corde vocale sont bien innervés, mais que les mouvements n’ont pas lieu parce que l'influence nécessaire ne suit pas cette route ».

c) ANASTOMOSE AVEC LE NERF PHRÉNIQUE. — L’expérience suivante fut réalisée sur un babouïin : anastomose bout à bout du récurrent et phrénique, suture de l’extrémité distale du phrénique à l’extrémité centrale de l’hypoglosse.

« Afin de rendre au diaphragme son mouvement, on joint extrémité distale du nerf phrénique à l’extrémité centrale de lhypoglosse et ensuite on implante l'extrémité de la branche de l’hypoglosse. >» (COLLEDGE).

On a observé pendant l'intervention des mouvements d’abduction de la corde par excitation du récurrent et des contractions du diaphragme par excitations du phrénique. Six mois plus tard, les cordes fonctionnaient de façon synchrone, maïs les mouvements de la corde droite (côté opéré) étaient plus amples que ceux du côté gauche. L'anastomose

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Anastomose du phrénique et du récurrent — d’après FRAZIER —

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du récurrent et du phrénique gauches, réalisée dans le but de paralyser la corde gauche, tandis que la droite continuerait d'agir, provoqua une abduction légère de la corde gauche.

Cette expérience montrerait que l’anastomose phrénicorécurrentielle permet de rendre à une corde vocale paralysée, sa motilité spontanée.

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