LUXATION APRÈS LIBÉRATION D'UN CARTILAGE ARYTÉNOÏDE. DILATATION
Frida Z..., 21 ans, a été opérée deux ans auparavant d’un goître. Trois mois après cette intervention apparaît une dyspnée d’effort qui depuis lors va croissante Elle ronfle tellement fort la nuit que ses voisins s’en plaignent.
Le 20 mars 1924, le cou présente des cicatrices opératoires.
Laryngoscopie: Les cordes vocales sont en position médiane pendant la respiration, l’ouverture de la fente glottique ne dépasse pas un millimètre. On conseille une intervention à la malade qui hésite et finalement ne revient qu’en juillet 1925, parce que sa dyspnée a encore augmenté et qu’elle a maigri de 15 kilogs.
Le 23 juillet 1925, on pratiaue l’opération de RÉTHI. Anesthésie locale. Trachéotomie. Mise en place d’une canule, tampon de Trendelenburg.
Section du cartilage thyroïde d’abord, puis du cricoïde, pour se donner un jour suffisant. Incision arciforme du cartilage aryténoïde. Libération de l’articulation crico-aryténoïdienne.
Section des muscles crico-aryténoïdien latéral et transverse. Excision d’une bande muqueuse d’environ cinq millimètres de large. Suture et mise en place d’un tampon de Mickulicz.
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Le 30 juillet, on enlève le tampon.
La corde vocale du côté opéré est en abduction. Le cartilage aryténoïde est légèrement basculé en avant. La giotte est large.
Le 3 août, on enlève la canule.
Le 12 août, la patiente quitte la clinique. Elle respire librement.
Le 26 octobre: Présence d’une granulation sur la commissure antérieure qui est aussitôt enlevée par voie endolaryngée. Le larynx est large. Afin de prévenir tout rétrécissement on commence une dilatation prudente par bougies (bougies de Schrotter), on augmente progressivement le calibre en utilisant les bougies du n° 2 au n° 8.
Ces manœuvres de dilatation sont réalisées à la cadence d’une fois par semaine pendant un an. La malade n’accusant plus alors aucune dyspnée, on cesse la dilatation. La voix est rauque, grave, mais très compréhensible.
Le 11 août 1931, la corde gauche reste fixée en abduction. Sa partie postérieure est abaissée. La glotte a une largeur de 5 millimètres environ. I] n’y a pas de dyspnée et le ronflement a disparu.
OBSERVATION VIII Kahler
LUXATION APRÈS LIBÉRATION D'UN CARTILAGE ARYTÉNOÏDE. CAUTÉRISATION DU VENTRICULE
Anna Z., 38 ans, opérée d’un goître deux ans auparavant, depuis lors la dyspnée est apparue et n’a cessé d'augmenter. Cette dyspnée est surtout nocturne et s’accompagne également d’un ronflement qui gêne l’entourage.
Le 31 décembre 1928. Examen: Présence d’une cicatrice cervicale.
Laryngoscopie: La corde vocale droite n’est capable que de très légers mouvements d’abduction. La corde vocale gauche est complètement fixée en position médiane. L'ouverture maxima de la glotte ne dépasse pas deux millimètres.
Le 21 janvier 1929: Opération de RÉTHI.
Même technique que dans le cas précédent, cependant afin d’obtenir un plus grand changement de la glotte (élargissement) on a fait une longue galvano-cautérisation dans le ventricule gauche. Tamponnement.
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Le 28 janvier, enlèvement du tampon.
Le 31 janvier, enlèvement de la canule. La corde vocale gauche apparaît en abduction, légèrement oédématiée.
Le 18 février, la malade quitte la clinique.
La voix est encore rauque. La corde gauche est nettement excavée, sans doute par suite de la rétraction cicatricielle consécutive à la cautérisation. Aussi la glotte est-elle plus large encore que dans le cas précédent. On recommande à la malade de se soumettre à un nouvel examen si la dyspnée réapparaissait, mais le cas ne se produit pas et la malade ne revient que deux ans après sur convocation.
Le 6 août 1931, on constate que la malade n’éprouve aucune gêne respiratoire. La voix est beaucoup moins rauque qu'après l'opération. La corde gauche est fixée en abduction. La glotte présente une largeur d'environ six millimètres à sa partie postérieure.
OBSERVATION IX Kañhler
LUXATION APRÈS LIBÉRATION DES DEUX CARTILAGES ARYTÉNOÏDES CAUTÉRISATION DU VENTRICULE D'UN CÔTÉ
Friedrich V., 19 ans, n’a jamais été malade jusqu’en août 1928. Apparition à cette époque d’une dyspnée progressive avec bruits respiratoires intenses. Le malade accuse en outre une sensation de parésie des membres inférieurs.
Le 25 juillet 1929, il entre à la clinique à la suite d’une crise de suffocation intense avec le diagnostic de la clinique de neurologie « Scléroses multiples ».
L'examen laryngoscopique révèle l’existence d’une paralysie des dilatateurs. On fait une trachéotomie d'urgence, dont les suites sont normales. On pouvait se demander d’abord s’il n’y aurait pas un retour spontané de Ja motricité normale du larynx, mais cette amélioration ne s'étant pas produite, on décide:
Le 10 octobre 1929, de pratiquer l’opération de RÉTHI, du côté gauche. On emploie encore la même technique que dans les cas précédents, mais sans cautérisation de la muqueuse ventriculaire. A noter que lors de l'intervention la désinsertion des muscles a été rendue très difficile par l'abondance de l’hémorragie,
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Le 5 novembre 1929, on observe seulement un léger élargissement de la fente glottique du côté gauche, mais cela n’est pas suffisant pour permettre de décanuler.
Le 14 novembre, on fait une seconde opération de RÉTHY, à droite avec, cette fois, cautérisation du ventricule de MORGAGNI.
Le 30 janvier 1930, on enlève la canule.
La corde droite est en abduction et excavée. La respiration est libre.
Le 3 août 1931, on revoit le malade. La glotte est large. La corde droite fait maintenant de légers mouvements d’abduction. Le patient peut effectuer de légers travaux sans éprouver de gêne respiratoire.
OBSERVATION X Kakhler
LUXATION APRÈS LIBÉRATION D’UN CARTILAGE ARYTÉNOÏDE. CAUTÉRISATION DU VENTRICULE
Joséphine S..., 35 ans. Strumectomie 11 ans auparavant. Aussitôt après l’opération, on a constaté l'existence de troubles respiratoires dûs à une paralysie bilatérale des cordes vocales. Cette dyspnée a augmenté sans cesse depuis lors et la malade réclame un traitement qui la soulage. Le 20 avril 1931, elle entre à la clinique.
La laryngoscopie montre une corde vocale gauche immobile en position médiane. La corde droit fait de légers mouvements d’abduction. À l'inspiration la glotte est si étroite qu’il se produit un bruit stridoreux marqué, bruit qui s’accentue encore dans la respiration forcée.
5 mai 1931, opération de RÉTHI. Anesthésie locale. Désinsertion nette des adducteurs, cautérisation de la muqueuse ventriculaire et tamponnement.
10 mai 1931, on enlève le tamponnement.
20 mai 1931, la canule est enlevée à son tour. La plaie du larynx est fermée. La laryngoscopie montre la corde gauche immobile en abduction et abaissée. Le cartilage aryténoïde est légèrement basculé en avant, la respiration est facile. La voix reste encore
rauque.
10 septembre 1931, aucune modification n’est à noter.
OBSERVATION XI Kahler
LUXATION APRÈS LIBÉRATION D'UN CARTILAGE ARYTÉNOÏDE. CAUTÉRISATION DU VENTRICULE
Sopiie Sch.…., 55 ans, a subi une première strumectomie 38 ans auparavant. Depuis cette époque, la voix a toujours été rauque. Puis son goître a récidivé et deux nouvelles interventions ont dû être pratiquées, l’une en 1911, l’autre en 1921. Depuis la dernière opération, la malade a présenté une gêne respiratoire progressive.
Le 25 janvier 1931, la malade entre à la clinique. La région cervicale porte plusieurs cicatrices et la palpation du larynx est rendue difficile par l’état cicatriciel. À la laryngoscopie, les cordes vocales apparaissent rouges, en position médiane et la fente glottique ne dépasse pas deux millimètres dans l'inspiration profonde.
Le 31 janvier 1931: Trachéotomie difficile en raison de la présence de nodules thyroïdiens sclérosés et d’adhérences nombreuses. Cette intervention a été suivie de bronchite, de sorte que la patiente n’accepte de se soumettre au deuxième temps de l’opération que le /Z6 mai 1931. La surface externe du larynx est entièrement couverte d’épaisses adhérences qui empêchent d’en bien voir la partie médiane. La laryngo-fissure est réalisée un peu à gauche de cette ligne médiane, de telle sorte que la corde vocale gauche et le repli ventriculaire sont sectionnés près de leur insertion. Les aryténoides se laissent difficilement écarter.
L'intervention de RÉTHI est réalisée sur le côté droit; on la fait suivre d’une cautérisation de la muqueuse ventriculaire, puis on suture la corde gauche et le pli ventriculaire à la commissure antérieure.
Mise en place d’un tampon de MICKULICZ.
28 mai 1931, on enlève le tampon, mais on ne peut encore décanuler parce qu’il y a un œdème assez considérable de l’hémilarynx opéré, de plus la malade redoute le décanulement. La corde droite est bien en abduction et excavée. La fente glottique présente une largeur de six millimètres environ.
15 septembre 1931, la corde droite est en abduction, la gauche est recouverte par la bande ventriculaire tuméfiée. La fente glottique ne s’est pas modifiée depuis le précédent examen.
NOTA. — L’auteur en commentant cette intervention, affirme qu’il était alors possible d'enlever la canule.
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OBSERVATION XII (Résumée) Réthi