‹ Traitement chirurgical des troubles dyspnéiques et dysphoniques consécutifs aux laryngoplégiesChapitre 8 sur 40 · B. — NERFS · texte numérisé non relu

B. — NERFS

L’innervation du larynx est assurée par :

a) Le nerf laryngé supérieur ; b) Le nerf laryngé inférieur ou récurrent.

Hart

Le nerf laryngé supérieur naît du ganglion plexiforme qui se trouve situé à la partie supérieure de la portion cervicale du pneumogastrique, il traverse l’espace sousparotidien postérieur; la région parotidienne et, un peu en arrière de la grande corne de l'os hyoïde, se divise en deux branches terminaies, l’une supérieure ou interne, l’autre inférieure où externe.

Le nerf laryngé interne, ie plus volumineux des deux, situé d’abord sur le constricteur inférieur du pharynx, gagne la membrane thyro-hyoïdienne qu’il perfore et fournit des filets terminaux aux replis aryténo-épiglottiques à la muqueuse laryngée sus-glottique et à la muqueuse pharyngienne.

Le nerf laryngé externe descend en avant entre le constricteur du pharynx et le corps thyroïde fournit des filets moteurs au muscle crico-thyroïdien, traverse la membrane crico-thyroïdienne et se divise en nombreuses ramifications destinées à la muqueuse sous-glottique.

Il convient de signaler que le laryngé supérieur,

1° Présente des anastomoses: avec le sympathique (plexus de HALLER), avec son congénère du côté opposé;

.2° Qu'il fournit des filets moteurs aux muscles hyoïdiens et styliens (RAMADIER et VIGNES), au crico-aryténoïdien latéral (VALENTIN), à l’ary-aryténoïdien (DILWORTH).

Le nerf laryngé inférieur ou récurrent, se détache du pneumo-gastrique, du côté droit, au niveau de la sous-clavière; du côté gauche, au niveau de la crosse aortique, puis « c’est la remontée périlleuse vers le larynx, au voisinage d'organes fréquemment touchés par la maladie : le dôme pleural, un iong chapelet d'éléments lymphatiques (BARÉTY, GOUGENHEIM, LAVAL-PIQUECHEF ), les lobes de la

glande thyroïde, l’œsophage, la trachée, etc. » (TERRACOL).

Les récurrents droit et gauche longent la partie postérointerne des lobes tyroïdiens, sont croisés par l'artère thyroïdienne inférieure (ils sont à ce niveau particulièrement exposés lors des opérations sur les goîtres), et atteignent enfin le constricteur inférieur du pharynx qu’ils perforent pour venir se loger dans la gouttière verticale cricothyroïdienne.

Is fournissent alors cinq branches terminales: quatre de ces rameaux sont destinés à la musculature intrinsèque du larynx, le premier innerve le crico-aryténoïdien postérieur, le second le muscle ary-aryténoïdien, le troisième le cricoaryténoïdien latéral, le quatrième le thyro-aryténoïdien.

La cinquième branche constitue l’anse anastomotique de GALLIEN, qui se porte vers le haut pour venir se fusionner à un filet du rameau interne du nerf laryngé supérieur.

En résume :

À) Tous les muscles intrinsèques du larynx (sauf le cricoaryténoïdien postérieur qui est dilatateur) sont des muscles constricteurs. Le thyro-aryténoïdien est en outre tenseur des cordes vocales ;

B) Schématiquement (schéma de LonNGET-Luscka), le nerf laryngé supérieur est essentiellement sensitif et ne donne qu’une branche motrice destinée au muscle cricothyroïdien. Le nerf récurrent assurera la motricité de tous les autres muscles.

2) Anatomie et physiologie des muscles et nerfs utilisables dans le traitement chirurgical des paralysies laryngées

Certains auteurs ont tenté de guérir, ou d’améliorer les

Lt —

troubles consécutifs aux paralysies laryngées en réalisant des anastomoses musculaires ou nerveuses :

a) Les muscles cervicaux utilisables sont :

Le digastrique, dont le ventre postérieur part de la rainure mastoïdienne, se dirige vers la partie supérieure de l'os hyoïde où il se transforme en tendon intermédiaire répondant en dehors au splénius, petit complexus et sternocleidomastoïdien; en dedans, au bouquet de RIOLAN, et dont le ventre antérieur repose sur le stylo-hyoïdien. jusqu’à son insertion à la fossette digastrique du maxillaire inférieur.

Ce muscle innervé à la fois par le facial et le glossopharyngien (ventre postérieur) et le nerf mylohyoïdien, branche du V (ventre antérieur), s’il prend son point fixe sur la mandibule, abaisse le maxillaire (ventre antérieur); s’il le prend au contraire sur le crâne ou l’os hyoïde, il élève ce dernier où participe à l'extension du cou.

Le stylo-hyoïdien a un trajet identique au précédent. (Il se divise du reste au voisinage de l’os hyoïde en deux faisceaux pour le laisser passer) et comme lui élève l’os hyoïde Il est innervé par un rameau du facial.

L’omohyoïdien, comme le digastrique, est constitué de ventres. Le ventre postérieur s’insère sur le scapulum au voisinage de l’échancrure coracoïdienne, puis se porte jusqu’à la face antérieure du paquet vasculonerveux du cou. Le ventre antérieur qui lui fait suite, par l'intermédiaire d’un portion tendineuse, se redresse alors pour se porter vers la corne de l’os hyoïde où il se fixe. Dans la région cervicale qui, seule, nous intéresse, le muscle est d’abord situé sous le sténocleïdomastoïdien, puis plus haut n’est

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