‹ Traitement Chirurgical Des Ulcérations Rebelles De La MainChapitre 16 sur 30 · RÉSUMÉ DES RÉSULTATS OBTENUS · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DES RÉSULTATS OBTENUS

OBSERVATION TI (Personnelle).

Recueillie dans le service de M. le professeur Daxor, à l'Hôtel-

Dieu de Rennes,

Épithélioma de la main. Traitement. Résultat.

Fratel Jean, 62 ans.

Profession : cultivateur.

Entré le 5 novembre 1901, salle Saint-Yves, n° 24.

Sorti le 12 décembre 1go1.

Les antécédents, tant héréditaires que personnels du malade présentent peu d'intérêt.

Signalons cependant sa mère morte de la poitrine à 56 ans : une sœur morte aussi de la poitrine à 57 ans.

Quant au sujet lui-même, il s'est toujours bien porté et actuellement son Ctat général semble excellent.

Histoire de la maladie. — Le malade nous raconte que l'hi-

ver dernier en travaillant à une barge de paille, il s’est piqué le

ce dos de la main gauche avec une paille dont il ne put arracher qu'une partie seulement, À ce moment le blessé ne s'aperçut de rien : au mois de juin suivant, il vit apparaître au niveau de l'endroit piqué un petit champignon atteignant rapidement la grosseur d'un petit pois; il l’enleva, mais la tumeur revint et augmenta de volume; elle fut de nouveau enlevée et comme

pansement on appliqua sur la blessure de la poix de cordonnier.

À ce moment la peau environnante s’épaissit et une petite croûte se forma, d'un aspect noirâtre.

Le patient enleva encore cette croûte et alors apparut au milieu de la plaie une excavation assez superficielle, Puis la tuméfaction ne faisant qu'augmenter et l’excavation gagnant continuellement en profondeur, le malade se décida à entrer à

l'Hôtel-Dieu de Rennes.

Examen du malade. — Au moment de son arrivée, le 5 novembre 1901, le malade présente à la face dorsale de la main gauche, au niveau du deuxième et du troisième métacarpien une ulcération ayant ‘comme surface les dimensions d'une pièce de 5 francs, et comme profondeur 5 millimètres environ, le fond de l’excavation n'étant séparé des os que par

une mince couche de tissu.

Les bords de l’ulcération sont donc surélevés au-dessus du fond de l’excavation d'environ un demi-centimètre ; il sont déchiquetés, noirâtres, très peu obliques sur le plan de Ja main, presque perpendiculaires. A partir de ce bord, la peau s'étend obliquement en dehors et prend une teinte violacée sur une largeur d'un centimètre environ. Elle desquame sur tout

le pourtour de lexcavation.

Le fond de l’excavation est gris blanchâtre, et l'on ÿ voit

quelques papilles proéminentes : son aspect rappelle celui du tissu cicatriciel,

A la palpation, l'on constate que les bords de l’ulcération sont indurés et ne sont pas douloureux à la pression : on reconnaît de même que le tissu du fond de l’excavation est adhérent au plan sous-jacent,

Quant aux mouvements de flexion et d'extension des doigts et de la main, ils ne sont en rien gènés par cette ulcération.

Les ganglions sus-épitrochléens et de l’aisselle sont indurés et un peu augmentés de volume.

Par ailleurs le malade ne présente aucune lésion dans les divers appareils : respiratoire, circulatoire, nerveux, locomoteur ou génito-urinaice.

Du côté de l'appareil digestif seulement, le malade accuse une constipation habituelle,

Le diagnostic porté est celui d'épithélioma cutané. Il est confirmé par l'examen histologique du docteur Hardouin, chef de clinique du service.

Traitement. — Pendant plusieurs jours, on fait prendre au malade des bains de sublimé dans l'intervalle desquels on applique sur la tumeur ulcérée des pansements humides et cela dans le but de la bien nettoyer. Au bout de huit jours, les croûtes qui se trouvaient sur les bords de l’ulcération sont tombées ; la plaie s'est détergée complétement et l’on a pu opérer le malade le 14 novembre. Chloroformisation. Bande d'Esmarch à la racine du membre.

L'on à commencé par extirper le ganglion épitrochléen et les ganglions de l’aisselle qui semblaient atteints, puis l’on s’est attaqué à l’ulcération elle-même. L'on a fait autour de la tumeur

une incision circulaire à 15 millimètres environ de ses bords :

ses on s'est alors trouvé en présence d'une perte de substance con sidérable.

Pour la réparer, l'on taille au milieu de la poitrine un lambeau cutané de la facon suivante, À droite et à gauche, et éloignés de 8 à ro centimètres, on pratique 2 incisions verticales de 18 centimètres environ, à partir du niveau de la troisième côte ; on sépare complétement ce lambeau des plaies sous-jacentes, de sorte qu'il ne reste adhérent à la peau du voisinage que par ses extrémités supérieure et inférieure. On engage la main sous ce lambeau, la face dorsale appliquée à la face profonde du lambeau et l’on suture haut et bas à la peau les bords de la main.

Le malade est maintenu dans cette position par un appareil plâtré embrassant le thorax, l'épaule et le bras gauche en entier,

A aucun moment le malade n'a eu de fièvre, mais il a souffert assez vivement pendant quelques jours de la situation où il se trouvait.

Le 5 décembre c’est-à-dire 21 jours après avoir été opéré, on libère le malade ; le lambeau est sectionné haut et bas.

On ne rapproche pas les bords de la plaie de poitrine, qui après quelques. pansements iodoformés est en bonne voie de guérison.

Quant à la grefle applique à la face dorsale de la main, elle y est bien adhéreite ; on enlève les crins de Florence qui contribuaient à la maintenir et l’on entoure la main d'un chaud pansement ouaté.

À ce moment, le bras présente quelques raideurs articulaires dues au séjour prolongé dans la position à angle droit.

Au bout de quelques Jours, on enlève le pansement qui

recouvre Ja main : des plaques de sphacèle ‘se sont produites aux angles du lambeau ; elles prennent une couleur de plus en plus foncée et se limitent bien aux quatre coins de ce lambeau, de sorte qu'elles finissent par s'éliminer d’elles-mêmes, ce qui contribue à donner au reste un aspect moins disgracieux.

Le malade sortle 12 décembre 1901 avant sa parfaite guéri-

son, mais 1l est en très bonne voie et n'a plus besoin que de

quelques pansements,

OBSERVATION IT (Personnelle).

Recueillie dans le service du D' Daxor,

Lupus verruqueux de la main. Ablation et autoplastie consécutive.

Heulot, Azeline, 67 ans, laveuse. Entrée le 8 février 1902 au n° 3 de la salle Sainte-Philomène.

Cette personne s’est présentée à la consultation de M. le D: Bodin le 8 février 1902. Elle venait faire voir une tumeur de la face dorsale de la main, tumeur existant depuis longtemps déjà, augmentant progressivement et ne présentant aucune tendance à regrossir.

Interrogée sur l’origine et le développement de cette affection, elle donne les renseignements suivants: elle exerce la profession de laveuse et la face dorsale des mains présente de nombreux durillons résultant de sa profession.

Or, il y a six mois environ, elle remarqua sur le dos de la main gauche, un petit point rouge, non douloureux mais persistant à la pression.

Ce point minime ne gênait pas les mouvements de la main ;

cependant la malade se grattait le dos de la main, si bien qu’au

NE

it

lieu d'un bouton de petites dimensions, elle eut une plaie vive et

rouge, mais ne donnant aucun suintement,

Pendant les deux premiers mois, la surface de la plaie est

restée la même,

À partir du troisième mois, on a l'aspect d’une petite tumeur qui progresse d'une façon sensible pour en arriver à l’état actuel,

Pendant tout ce laps de temps, c'est-à-dire quatre mois environ, la plaie était tantôt laissée sans soins, tantôt recouverte d’un linge l'abritant quelque peu de l'infection possible et la préser-

vant des chocs et des frottements.

La malade continue à ne pas souffrir ; le soir seulement, après une Journée fatigante, elle perçoit une sensation de picotements

assagère et peu prononcée.

Cependant ne voyant aucune amélioration dans son état, la malade entre à l'Hôtel-Dieu le 8 février dans le service de der-

matologie de M, le professeur Bodin.

Là, on porte le diagnostic de lupus de la face dorsale de la main gauche et tous les matins pendant quelques jours, on fait

des cautérisations avec la pointe fine du thermo-cautère.

Le 13 février on la fait passer dans le service de chirurgie de M. le professeur Dayot et voici à ce moment la description de la tumeur : cette tumeur présente la largeur d’une pièce de cinq francs, dont les bords sont légèrement surelevés et dont le fond est sillonné de lignes intriquées diversement, traces de pointes de feu. Ce fond a une coloration grisâtre et laisse exsu— der en assez petite quantité une sérosilé louche, plus ou moins blanchâtre ; il est entouré d’un bourrelet saillant de quelques

millimètres sur les parties environnantes.

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Autour l'on constate une zone rouge, enflammée, œdématiée, présentant un rayon de 1 centimètre 5 environ,

Si l’on fait exécuter des mouvements de flexion et d’extension des doigts, la tumeur reste immobile et ne se déplace pas avec les tendons ; cependant, en la prenant entre deux doigts, on peut la mobiliser dans tous les sens. Cette tumeur ne contracte donc aucune adhérence avec les plans profonds et reste localisée à la peau.

Par une pression un peu vive sur la tumeur, on provoque une douleur réelle, mais peu violente.

L'examen histologique fait, après l'opération, par M. le Docteur Hardouin, vient confirmer le diagnostic de tuberculose verruqueuse du dos de la main.

Traitement. — Pendant plusieurs jours, on fait prendre matin et sokr à la main malade un bain prolongé de sublimé afin de nettoyer et de déterger convenablement sa plaie ; après chaque bain, la main est recouverte d'un pansement humide à l’eau bouillie.

Le 20 février la malade est opérée sous le chloroforme, Bande d'Esmarch à la racine du bras; on commence parcirconscrire la tumeur par une incision comprenant toute la peau située dans un rayon de r centimètre 5 autour de la tumeur : on enlève le bloc ainsi délimité : on voit alors les tendons dénudés et sains qui sont placés immédiatement sous la tumeur et qui forment le fond d'une vaste perte de substance.

Pour la combler, on taille au niveau de la partie inférieure du thorax etsur la ligne médiane un lambeau de peau qui reste adhérent par ses extrémités supérieure et inférieure. On dégraisse ce lambeau sauf au voisinage des extrémités. On y glisse la

main malade en portefeuille de façon que la face dorsale de la

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