‹ Traitement chirurgical du cancer de l'estomacChapitre 8 sur 19 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

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Je me suis adressé h tous les chirurgiens des hôpitaux de Paris et à un grand nombre de chirurgiens de province. J'ai cherché dans toutes les thèses et dans toutes les publications, dans les journaux, dans les mémoires et c'est le résultat de cette enquête que je vais consigner dans ce chapitre. En d'autres termes, on pourra juger ainsi de l'état d'esprit des chirurgiens français au point de vue qui nous occupe.

Dans son édition de 1877, M. Le Fort s'exprimait ainsi {Manuel de 7nédecine opératoire de Malgoigne, p. 420, vol. II) :

« Lorsqu'on voulait, il y a une vingtaine d'années, se jouerde la crédulité et de la naïveté d'un jeune camarade d'études, on lui racontait que tel chirurgien connu pour ses excentricités opératoires avait extirpé un pylore cancéreux. Dans un recueil des plus sérieux, les Archives de Langenbech, un chirurgien allemand, Gussenbauer, étudie sérieusement lesprocédésapplicables à la résection partielle de l'estomac cancéreux. Jusqu'à présent il n'a pratiqué la résection que sur des chiens. Mais la marche que suit depuis quelque temps la chirurgie d'outre-Rhin autorise à prévoir que l'expérience ne tardera pas à être faite sur des Allemands. »

On voit qu'à cette époque, on était loin de se douter de l'avenir réservé à la chirurgie de l'estomac. C'était pourtant, il faut bien le dire, l'expression des, idées, généralement admises, et on peut considérer cette page de M. Le Fort

comme le rcllet de l'opinion à peu près unanime de ce temps-là!

C'est en 1879 que, pour la première l'ois sur l'homme, on tenta d'extirper une tumeur cancéreuse de l'estomac. L'observation de M. Péan est la première en date aussi bien à l'étranger qu'en France. Mais tandis que le chirurgien de Saint-Louis devait trouver chez nos voisins un nombre considérable d'imitateurs (cela ressort assez de la lecture des trois chapitres précédents) nous allons voir qu'il n'en a pas été de même en France.

Cependant l'attention était éveillée sur ce point. Dès 1881, on trouve dans les journaux de médecine, des revues générales où sont relatées les observations publiées à l'étranger. M. Maunoury [Progr. mêd., 1881, p. 943) commente sept observations allemandes dues à Rydygier, Biliroth, Wôlfler, Bardenheuer et Czerny. M. Troquard [Journal de méd. de Bordeaux) analyse de même les faits connus.

Enfin en 1883, paraissent à quelques mois de distance les thèses de Kahn (8 février 1883) et de Mûrie (décembre 1883). (Comme je le fais remarquer en relevant les observations publiées à l'étranger, Mui*ie semble, dans sa thèse, n'avoir pas eu connaissance de celle de Kahn soutenue la même année.) A dater de cette époque, les observations étrangères se multiplient sous l'influence dos études de Hacker, de Wôlfler, de Biliroth, etc.. On parle de la gastro-entérostomie ou opération de Wôlfler, et lorsque M. Monod lit à la Société de chirurgie son remarquable rapport sur deux cas de gastro-entérostomies opérés pas le D"' Roux (de Lausanne), M. Pozzi vient donner la relation d'une opération de ce genre qu'il a pratiquée dans son service. C'est la première l'ois que la conduite de Wôlfler est suivie en France. La date de l'opération faite par M. Pozzi est le 23 octobre 1887. Il semblait qu'après la discussion de la Société de chirurgie et les indications judicieuses données par M. Monod on allait voir l'intervention chirurgicale, dans le cancer de l'estomac, entrer pour ainsi dire, dans la pratique. Il n'en a rien été. La gaslroentôrostomie n'a été faite qn'une fois depuis l'observation de M. Pozzi et nous en devons la relation inédite à l'obligeance de M. Péan. Elle a été pratiquée le 8 juin 1889.

OPÉRATIONS DIVERSES

Quant à la pylorectomio, ou la résection de la région stomacale dégénérée, nous avons pu en réunir six observations en tout. L'une, qui est la première en date, est de 1879 et appartient à M. Péan, comme nous l'avons déjà vu. Trois autres observations inédites, tirées do la pratique de M. Péan, nous ont été communiquées par ce chirurgien. Elles datent de 1888 et de 1889. Enfin la cinquième a été publiée par M. Wassilieff, dans la Gazette des hôpitaux du 4 novembre 1890. Elle est due à M. Reynier.

Je joins à ces cinq observations la relation d'une pylorectomie faite à Rio de Janeiro. Cette opération doit être placée parmi les pylorectomies françaises, car elle est due à M. Fort, et a été publiée dans la Gazette des hôpitaux, à Paris.

Est-ce à dire que le cancer de l'estomac restait chez nous entièrement aux mains des médecins? Il n'en est rien. Et, comme nous allons le voir, bien des tentatives ont été faites par nombre de chirurgiens de Paris pour tenter la cure opératoire, j'allais dire, radicale, du cancer de l'estomac. Mais, avant de relater les essais pour ainsi dire avortés dont je parle, il convient de citer les observations mentionnées plus haut.

J'adopterai ici la même division que dans la première partie de ce travail. Et cette seconde partie comprendra trois chapitres :

1° Les pylorectomies;

2° Les gastro-entérostomies ;

3" Les opérations diverses.

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