NEUTRALISATION AU COURS DU STRABISME PARALYTIQUE
La diplopie qui était apparue en même temps que la paralysie aurait disparu au bout d’un temps plus ou moins long. L’œil dévié aurait alors neutralisé l’image fausse comme dans le strabisme concomitant. Mais il faut bien savoir que c’est là une évolution rare de la diplopie, évolution sur laquelle on n’a pas le droit de compter.
Quoi qu’ilen Soit, EN PRÉSENCE DE CES PARALYSIES SANS DIPLOPIE, QUELLE CONDUITE DEVONS-NOUS TENIR ?
La raison majeure de l’intervention chirurgicale, la suppression de la diplopie n’existant plus, la nécessité de l’intervention est ici moins urgente. Il ne s’agit plus que d’une question d’esthétique mais qui peut dans certains cas, présenter une importance considérable. Le redressement de l’œil pourra alors rendre à ces malades un réel service. :
En résumé, nous avons vu la nécessité de l’intervention au cours des paralysies avec diplopie, la possibilité de l’intervention dans le cas où la vision double n’existait pas, ou avait disparu, il nous faut envisager maintenant :
b) Les indications opératoires suivant l’âge
«) S'agit-il d’une paralysie avec diplopie.
Autant l'intervention s'impose chez l’adulte,;autantelle devient discutable chez les gens âgés dont l’activité physique et intellectuelle est considérablement diminuée,
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c’estalors que souvent on se contentera des moyens habituels : prisme si possible,ou verre dépoli pour supprimer la diplopie.
-8) S'agit-il d’une paralysie sans diplopie.
Plus encore que dans le cas précédent l'influence de l’âge prend ici une grande importance. Il s’agit en effet uniquement d’une question d'esthétique. Si celle-ci à partir d’un certain âge ne présente plus guère d'intérêt, il est bien évident que chez les gens jeunes et surtout chez la femme elle occupe une place prépondérante, aussi nous semble-t-il que Pon ne doive pas hésiter à intervenir à seule fin de redresser l’œil. 5
c} Indications opératoires suivant la localisation
des paralysies
æ) Paralysie unique
En présence d’une paralysie n’intéressant qu’un seul muscle :
S'il s’agit d'une paralysie d’un des 4; muscles droits, l’on n’hésitera pas à intervenir.Le redressement de l’œil sera chose facile mais si l’un des obliques est intéréssé, l'intervention sera bien plus délicate et lon comprend que nombre d’ophtalmologistes préféreront temporiser ou s'abstenir. Ces paralysies sont heureusement rares, nous verrons d’ailleurs qu’elles sont également susceptibles d’être améliorées par le traitement chirurgical.
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B) Paralysies multiples
A côté de ces parälysies uniques, il existe des cas, moins nombreux d’ailleurs, dans lesquels plusieurs muscles sont paralysés soit qu’il s’agisse de la paralysie, totale d’un tronc nerveux innervant plusieurs muscles, soit qu’il existe une atteinte simultanée de plusieurs nerfs moteurs. ê
En présence d’une paralysie complète du IT, le ptosis supprime la diplopie et l’on peut se demander s’il y a lieu d'intervenir. Se
Les uns préfèrent s’abstenir et avec eux Luther Peter et la majorité des ophtalmologistes américains, mais ajoutent-ils,si ces malades réclament une intervention destinée à relever leur paupière on peut, soit essayer les lunettes à ptosis, soit les opérer, mais dans ces cas, il faudrait ultérieurement recourir à l’énucléation.
. Nous ne nous arrêterons pas à discuter ces indications opératoires qui nous paraissent pour lemoins un peu curieuses et plutôt radicales ; nous reconnaissons pourtant que le traitement chirurgical d’une paralysie complète du III est chose longue et difficile comportant plusieurs interventions. Mais ce n’est pas là une contre indication à l’opération. Une telle paralysie en effet est susceptible de guérir chirurgicalement aussi bien et aussi complètement qu’une paralysie unique.
d) Gonclusions :
Au point de vue du diagnostic de lintervention, il n’est donc d'aucune importance, comme l’avaient voulu
certains auteurs que la contractilité du muscle soit partiellement conservée ou abolie.
Mais nous avons vu le rôle capital de la diplopie. De plus, celle-ci témoignant d’un désir de retour à la vision binoculaire, il a suffi d’avoir rendu la chose possible pour que la statique et la dynamique de l'œil s'adaptent au nouvel état de chose.
Et pourtant la vision binoculaire n’est pas le seul facteur qui intervienne dans le maintien du globe oculaire dans sa nouvelle position,puisque l’expérience a montré que le redressement de strabismes paralytiques sans diplopie préalable s’était maintenu pendant des années.
Telles sont les raisons qui nous semblent justifier l'intervention dans le strabisme paralytique, il nous faut étudier maintenant le moment de l'intervention.