‹ Traitement Chirurgical Immédiat des Plaies de Poitrine par projectiles d'artillerieChapitre 10 sur 12 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

4° Observation inédite, due à l’obligeance de M.le professeur Massabuau, recueillie à l’auto-chir. 13

O. W..., sous-officier allemand, blessé le 17 juillet 1918 à 5 heures du matin. Entré à l’auto-chirurgicale n° 13 le même jour à 21 heures. Plaie de poitrine par éclat d'obus. Thorax ouvert. Vaste plaie à la face postéro-latérale de l'hémothorax droit, par laquelle s'échappe à chaque inspiration une grande quantité de sang spumeux et d'air. Blessé très affaibli. Pouls à 120 et petit.

La radioscopie décèle un éclat volumineux, immobile, à 6 ou 7 centimètres de profondeur de la face antérieure du poumon droit.

Intervention le même jour à 22 heures (Massabuau). “ La plaie thoracique est débridée. La résection des cinquième et sixième côtes fracturées est complétée, de manière à débarrasser la plaie des esquilles libres. L'écarteur de Tuffier est mis en place. Le poumon est saisi avec des pinces à cadre et très aisément attiré à l'extérieur. On constate, au niveau de la face postérolatérale du lobe inférieur, une plaie qui saigne abondam-

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ment, de l'étendue d’une petite paume de main environ. - La plaie est explorée, le projectile facilement senti dans la profondeur est enlevé en même temps que des fragments de côtes projetés et inclus dans le parenchyme pulmonaire. Ensuite, le poumon étant solidement amené à l'extérieur, au ciseau courbe, le trajet est complètement excisé jusque dans la profondeur, tous les tissus pulmonaires contus sont ainsi enlevés ‘sans que cette excision détermine une hémorragie trop considérable. Suture au catgut des lèvres de la plaie par des points espacés prenant toute l’épaisseur du parenchyme pulmonaire. Assèchement de la cavité pleurale. Fermeture totale du thorax sans drainage.

Suites opératoires. — Le 18 juillet, température 3%. Pouls 120. Dyspnée peu prononcée. Le facies est bon et le blessé répond bien aux questions qu'on lui pose. Signes physiques de pneumothorax.

Dans les jours qui suivent, amélioration progressive. Le 20 juillet, température du soir 38°2, pouls 100. La dyspnée a complètement disparu. À l’auseultation, on. constate à la partie moyenne du poumon droit, en arrière, un foyer de congestion avec des râles, sans souffle. Ces symptômes s’amendent de jour en jour. Le 30 juillet, le malade est apyrétique ; les fils ont été enlevés et on a constaté une réunion per primam.

Le blessé est évacué en parfait état le 10 août 1918.

% Observations empruntées à M. Pierre Duval (1)

Ogs. IV. — Plaie du poumon par éclat. — Hémorragie formidable due

au transport du blessé. — Opération d'urgence (P. Duval). — Suture

du poumon. — Guérison.

Dr

L..... (Ferdinand), du... chasseurs à pied, blessé le 4 novembre et hospitalisé dans une ambulance divisionnaire. Par suite du bombardement intense, le 6, le blessé est évacué sur l’H. O. E. Parti en bon état, il arrive le 6, à 19 heures, dans un état très grave. Une hémorragie s’est déclarée pendant le trajet en automobile, le pansement est traversé, le blessé n’a plus de pouls. Le pansement enlevé, par la plaie thoracique antérieure, à chaque expiration un jet de sang jaillit.

Opération immédiate (Pierre Duval). Résection de la quatrième côte gauche. Large plaie du lobe supérieur à deux travers de doigt au-desssus du sommet. Aueun projectile n’est senti. Dans la plèvre on trouve une grosse esquille costale.

Suture de la plaie pulmonaire. Evacuation d’un hémothorax total. Assèchement de la plèvre à l’éther.

Suture totale. La plaie du poumon a dû être produite par la fracture de côte.

Amélioration progressive, Le blessé est évacué au bout d’un mois en très bon état.

(1) Pierre Duval. — Les plaies de’ guerre du poumon, 1917.

Ogs. VI. — Plaie du poumon par éclat d’obus inclus. — Syndrome d’hémorragie grave. — Opération d’urgence (Delmas). — Extraction du projectile. — Suture du poumon. — Guérison. — Elimination spontanée tardive de débris vestimentaires intra-pulmonaires.

C... (James), soldat anglais, ...° régiment d'artillerie, blessé le 23 décembre à 15 heures. Evacué sur l’autochirurgicale 21, le 24 à 14 heures. Plaie de poitrine par éclat d’obus. Syndrome d’hémorragie grave. /

Radiographie. — Eclat à 7 centim. 5 de profondeur de la paroi antérieure; éclat immobile séparé de l'arche médiastinale par une bande claire très mince. Opération le 24 décembre à 16 heures (médecin-major Delmas, Méline). Résection de la troisième côte gauche en dehors du sternum, hémothorax abondant. Le projectile, gros comme une noisette, est senti à la face postérieure du lobe supérieur. Le sommet du poumon est basculé en avant et extériorisé, la face postérieure du lobe supérieur est incisée, le projectile extrait à 1 centimètre de profondeur. Suture des deux orifices pulmonaires. Assèchement de la cavité pleurale à l’éther. Suture totale.

26 décembre. — Suites opératoires. À gauche, silence respiratoire absolu ; à droite, foyer de congestion pulmonaire au sommet. Jours suivants mêmes symptômes. Amélioration progressive. Chute de la température, 4 janvier, 13"° jour. On constate qu'il sort du pus au niveau de la suture (temp. 40°2). On désunit, et il s'écoule du pus en âssez grande quantité avec des débris vestimentaires.

On constate qu'il existe au-dessus du sommet du poumon abaissé un petit foyer de pleurésie purulente

De NET enkystée ne communiquant pas avec la grande cavité pleurale. Il sortait encore des débris vestimentaires pendant une dizaine de jours.

Chute de la température. Le malade est évacué en très bon état le 18 janvier (25° jour). Auscultation : poumons normaux sauf au sommet gauche. ©

3° Observation empruntée à MM. Soubeyran et Trillat (1)

Thoracotomie pour plaie pénétrante de poitrine, par un petit éclat d’obus.— Etat hémorragique très grave. — Lésion d’une veine ascendante du ligament triangulaire sous-hilaire gauche. — Ligature. — Guérison.

G. F.., blessé le 31 juillet 1917, à 21 heures, par obus ; arrivé à l’ambulance le 1° août, à 8 heures. Opéré à 9 heures, 12 heures après la blessure.

Examen clinique : Thorax. — Orifice d'entrée tout petit, au-dessous de la pointe de l’omoplate gauche (8° espace). Pas de traumatopnée, pas d'hémorragie par l'orifice. Le facies est pâle, le pouls à peine perceptible, les lèvres décolorées. Signes nets d'hémothorax. Dyspnée vive.

Membres. — Plaie pénétrante à l'extrémité inférieure de la jambe gauche.

Examen radioscopique (D' Porte). — 1° Petit éclat d'obus du volume d’un grain de maïs paramédian gauche, subissant l'impulsion cardiaque et se projetant au-dessus

(1) Bulletin de la Société de Chirurgie de Paris, n° du 19 mars 1918.

__— 49 — de la voûte diaphragmatique : existence d'un épanchement pleural abondant ; 2° éclat du volume d’une noïsétte dans l'extrémité inférieure du tibia gauche (qui fut enlevé ultérieurement).

Intervention (2 heures après la blessure). — Anesthésie chloroformique. Incision de 15 centimètres au-dessous de la pointe de l’omoplate sur la 8 côte que l'on trouve perforée. Ablation de cette côte sur une longueur de 10 centimètres. Ouverture de la plèvre. Gros hémothorax, sang noir très abondant. Le poumon est attiré au dehors, il présente une perforation à 4 centimètres de son bord inférieur, mais cette perforation pulmonaire ne ‘saigne pas, l’hémorragie vient donc d’ailleurs.

On décide de se donner du jour par la taille d’un large volet thoracique réalisé par la section des 7°, 6° et 5° côtes, rabattues en avant. Le diaphragme apparaît alors ainsi qu'une vaste nappe sanguine que l’on ne peut assécher. Le poumon est examiné à nouveau dans toute sa hauteur, il ne présente aucun point suspect. L'éclairage de la région médiastinale au moyen d’un réflecteur électrique montre un cordon veineux assez gros qui est ouvert et saigne abondamment. Une grande pince courbe placée sur l’orifice arrête lhémorragie : l'assèchement de la cage thoracique est alors possible. La pince est relâchée, l’hémorragie se reproduit. Le vaisseau pincé est du volume d’une plume d'oie ; il se dirige de bas en hautet aboutit au hile du poumon.

Grâce à la large brèche thoracique, on peut placer un catgut sur le vaisseau ; ablation de la pince et nettoyage de la cavité pleurale. Le lambeau thoracique est rabattu et suturé. Deux drains assurent le drainage de la plèvre.

Suites opératoires. — L'intervention a été bien tolérée

LPO 2 malgré la grande perte de sang et l'importance de la brèche thoracique.

2 août. — L'état général est bien meilleur, le facies coloré, le pouls bat à 108, la température est de 38%.

15 août. — Bon état, écoulement pleural assez abondant. Température normale.

1? septembre. — Evacuation (le 4% jour). Guérison.

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