CHAPITRE PREMIER Historique
Andry (2), le père de l’orthopédie (1741) connaissait très bien les rigidités spasmodiques des membres inférieurs et s'était déjà efforcé de calmer « l’action détentive » die schuellende action de la musculature ; il conseillait de modérer le spasme museulaire en attachant aux pieds de lourdes semelles de plomb. C’est une idée que Gibney reprit dans les temps plus modernes: il essaya de calmer les mouvements. choréiques des mains, qu’on rencontre quelquefois dans la maladie de Little, par le poids d’une plaque d’acier de forme spéciale.
Les écrits de Little (33) forment le point de départ dréoque de la méthode de traitement des affections musculaires spasmodiques : il faisait pratiquer aux jeunes malades, par la mère ou la nourrice, des mouvements passifs.
. À l’exemple de son ami Little, Stromeyer s’occupa aussi du traitement chirurgical de la maladie, mais sans persévérance.
Les contractures sans paralysie ont de tout temps constitué un champ très alléchant pour le traitement orthopédique :
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Adams et William Busch essayèrent de s’y distinguer avec des | succès divers. ,
Malgré Volkman et Hüter qui mirent en avant la théorie que les contractures avaient une origine purement mécanique, celles-ci disparurent du programme des chirurgiens et des orthopédistes pour faire partie du domaine des seuls neurologistes et tout ce qu’on avait fait jusque-là tomba dans l'oubli,
Ce ne fut que plus tard, en 1881, quand les remèdes offerts par la neurologie se montrèrent inefficaces pour résoudre le problème thérapeutique, que la chirurgie rouvrit ses portes aux contractures spasmodiques sous l'initiative de Rupprecht, Magdle, ete. Le travail que Rupprecht publia en 1881, dans le
Volkman’s Wort, marque une étape des plus importantes dans l’évolution du traitement chirurgical de la maladie de Little. : | |
Simard, ancien interne à l'hôpital des Enfants-Malades, résume dans sa thèse de 1884 la pratique des chirurgiens en général. [1 rapporte que St-Germain fit en juillet 1882 plusieurs sections tendineuses au moyen adducteur et au triceps des deux cuisses, puis il appliqua un appareil à extension: il obtint ainsi un certain redressement permanent des membres inférieurs.
En 1890, Bradfort (4) rapporte 14 cas de maladies de Little, où l’intervention chirurgicale fut appliquée. Sur ces 14 cas, il fit 6 fois la simple ténotomie des tendons d'Achille, 4 fois la ténotomie et Ja section de ligaments, 4 fois la myotomie des adducteurs. Les résultats furent excellents. Il a essayé, dans son mémoire, de démontrer l'utilité de couper tout ce qui résiste aux mouvements fonctionnels de l'articulation et d’immo- biliser par fixation soit au moyen d’attelles, soit par des appareils plâtrés.
Parut ensuite, en 1885, la thèse de Garabet-Nazaret de Lyon (20). Cet auteur décrit dans son travail le mode de traitement chirurgico-orthopédique, employé par les D'S Robin et Mollière et l’appareil orthopédique de Robin.
En 1888, deux mémoires de Terrillon et de Blocq (3) parus
og dans la Nouvelle Iconographie de la Salpètrière de 1888 prescrivent quelques indications au traitement chirurgical des contractures, mais ces auteurs s’en tiennent à des généralités et ne nomment même pas la maladie de Little.
De Forest-Willard (15 bis) précisa mieux la question dans un article publié en 1891 dans les Trans. of. the Amer. Orth. p. 395 ; il posa les conclusions du traitement chirurgical et orthopédique de l'affection et décrivitson appareil orthopédique dont nous parlerons plus loin.
Quelques temps après, en 1893, le Dr Redard, dans un mémoire paru dans la Revue Int. de Therap. et Pharmacologie, fit un travail complet sur le traitement orthopédique de la maladie de Little.
. Il adopte le principe qu'il fallait dans le traitement des difformités sectionner toutes les parties qui s'opposent au redressement, même lorsqu'elles sont en état de spasme ; puis après redressement manuel, instrumental ou chirurgical, maintenir en bonne position, mobiliser lesmembres etapprendre aux sujets à marcher.
Les auteurs qui le suivirent dans cette voie n’apportèrent que peu de modifications à son traitement. Ce mémoire nous a servi de guide pour développer en détail la thérapeutique chirurgicale et orthopédique que nous allons exposer.
Marchant sur les traces de notre maître, La Bonnardière de Lyon (26) publie dans la Revue d'Orthopédie de 1896 un travail dans lequel il passe en revue les diverses méthodes connues jusqu'à lui : les huit observations prises dans le service de son maitre le Dr Vincent, dont il fait suivre son travail montrent les avantages remarquables obtenus dans l'affection de Little par le traitement chirurgical et orthopédique.
Lebrun (28) au Congrès Français de chirurgie de 1897 montre l’opportunitéet la nécessité même des sections des rétractions tendineuses quisuccèdent aux contractures spasmodiques de la maladie de Little; il fit suivre sa communication de trois observations qui constataient autant de succès.