L... Rose est amenée au Dispensaire en 1894, à l’âge de deux
ans 1/2. Grands parents vivants, Père bien portant. Mère robuste ayant eu frère mort épileptique à 22 ans. Quatre enfants : le premier c’est la malade ; les autres sont bien portants et venus à terme. Pas de fausses couches.
La jeune malade est née à 7 mois 1/2, après un accouchement précéde d'une hémorrhagie qui a duré six jours. Nourrie au sein. À un an, quand on voulut l’asseoir, on remarqua la raideur des jambes. Pas de convulsions ni d’incontinence d'urine. “ | Etat actuel. — Les membres supérieurs sont intacts; mais les membres inférieurs sont très contracturés. Abandonnée à
elle-même, l'enfant se met à genoux et se déplace en rampant ;
maintenue debout par deux mains, elle ne s'appuie que sur la pointe des pieds et met le pied droit en valgus. Quand on essaye de la faire marcher la face dorsale des orteils frotte sur le sol. Les genoux sont demi-fléchis par la contracture musculaire ; les adducteurs des cuisses fortement contracturés.
Exagération des réflexes rotuliens des deux côtés,
Les jambes sont froides jusqu'aux cuisses ; cette hypothermie (10° au-dessous de la température des mains) n’est pas sentie par l'enfant et détermine une analgésie complète. L'intelligence est normale.
Octobre 1894. — Le docteur Redard fait section du tendon d'Achille du côté droit; puis met des bottes plâtrées jusqu’à micuisses. Quelque temps après, ces appareils plâtrés sont rempla-
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| : Henriette C..., 9 ans. Maladie de Little. j PLANCHE 11, à
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cés par des tuteurs métalliques avec des plaques au genou pour éviter leur flexion. On conseille le massage, les mouvements actifs et passifs, la marche. A la suite de ce traitement, la jeune malade peut faire quelques pas, traverser une pièce en heurtant encore la pointe des pieds l'une contre l’autre.
Décembre 1896.— Sa mère très soigneuse lui fait régulièrement du massage. L'enfant quitte ses appareils, mais les genoux ont tendance à la flexion. La marche est facile (elle à pu faire, cet été, dix kilomètres à pied). Cependant elle ne peut mouvoir ses orteils ; et il persiste un lèger degré d’équinisme. La contracture des adducteurs a diminué. À
Mars 1898. — La petite malade a 5 ans 1/2. Elle marche assez bien et traine moins ses pieds. Elle va à l’école, où elle apprend comme les enfants de son âge. M. le professeur Déjerine
voit l’enfantet lui conseille l'électricité ; les mouvements des or-
teils reviennent peu à peu.
Septembre 1898. — L'enfant va beaucoup mieux : la marche est bonne, mais le talon gauche ne pose pas très bien à terre et le genou du même côté est en légère flexion. Il persiste encore de la contracture des adducteurs.
Septembre 1899. — L'état général estexcellent. L'enfant marche bien ; le talon gauche pose à terre, le genou est toujours en légère flexion. La contracture des adducteurs à disparu, la malade peut écarter les cuisses à angle droit, L'intelligence est, normale,