‹ Traitement de l'Amygdalite Aigué: Par les Scarifications et le MassageChapitre 2 sur 9 · SA · texte numérisé non relu

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‘chronique, ‘quoique les un être

contre elle avec succès. Nous nous bornerons à l'étude des sarifications e et du Na dans l us dat

nombre de traitements ont été nu. contre cette Het

En premier lieu, nous voyons tous les auteurs recommander

‘dans les formes simples, dans ces formes où Ja fièvre est nulle”

etla douleur peu accusée, des moyens peu énergiques. C'est

“ainsi que dans cette forme nous voyons recommander les gar-

garismes émollients, les tisanes chaudes. Comme moyen hygié-

nique, nous voyons préconiser le repos à la chambre, le port d’une cravate autour du cou. On peut dire que dans l’amygdalite légère, tous les moyens, même les plus simples, amènent rapidement une guérison, qui, la maladie étant laissée suivre

son libre cours, arriverait presque aussi vite.

Quand l’amygdalite est plus intense, ces moyens ne suffisent plus ; ils sont toujours utiles pour calmer la douleur, mais il faut en prendre de plus énergiques pour amener une guérison rapide. |

On se trouve ici en présence d’un grand nombre de médications employées. 5

On trouve d’abord le traitement par les astringents. On emploie de préférence l’alun et le chlorate de potasse. Nous donnons la préférence à ce dernier, quoique son action soit moins active que celle de l’alun. Ce dernier médicament, en effet, a l'inconvénient d’altérer l'émail des dents, et par suite, son emploi trop prolongé favoriserait la production d’une carie dentaire.

Mais l’alun peut être employé sous d’autres formes que celle de gargarisme. On peut l'appliquer directement en poudre sur les amygdales, soit comme le pratiquait Velpeau en le portant avec le doigt, soit en le projetant par insufflation.

Ce dernier procédé a le désagrément de répandre le médicament non seulement sur les organes enflammés, mais encore dans toute la bouche, et la saveur répugne aux malades. Quant au premier procédé, nous croyons que son efficacité. était due non seulement à l’action de l’alun, mais encore aux manœuvres employées pour le déposer sur les amygdales. Nous citerons d’ailleurs l'étude de Velpeau quand nous traiterons du massage et nous verrons que les manœuvres qu'il décrit sont sembla-

bles à celles que M. le docteur Maurel emploie pour pratiquer

le massage. Nous croyons donc que-é’est à ces attouchements qu'il pratiquait, qu’il devait en grande partie ses succès.

La cautérisation avec le nitrate d'argent a été aussi pratiquée. Mais ce moyen, on pourrait dire classique, de combattre l’amygdalite, consiste à provoquer des vomissements. C’est en examinant attentivement l’action produite par ce traitement, que M. Maurel, ainsi qu'il l’explique dans une note qu'il a eu l’obligeance de nous remettre, a eu l’idée de pratiquer le massage des amygdales. Nous ne nous étendrons pas ici sur cette action, devant le faire dans le cours de cette étude.

M. le professeur Bouchard a introduit dans la science l’idée de linfectiosité des amygdalites. Aussi, pour lui, le traitement doit-il être un traitement antiseptique, et conseille-t-il de pratiquer l’ignipuncture sur l’amygdale.

De ce traitement on peut en rapprocher celui usité par Frænkel, qui emploie le sulfate de quinine. D’après lui, tous les symptômes de la maladie sont atténués et la durée ne dépasse pas 48 heures.

Enfin nous trouvons les émissions sanguines, très usitées autrefois soit sous forme de saignée générale, soit plus souvent sous celle de saignée locale, soit plus rarement sous forme de scarifications : elles sont tombées en désuétude aujourd’hui. Nous croyons que les scarifications méritent de reprendre place dans la thérapeutique, car elles diminuent rapidement la violence des symptômes.

Un dernier moyen de traitement est le massage, dont on doit l'introduction dans la pratique à M. le docteur Maurel. C'est

sur ces deux traitements associés ou employés seuls que nous avons fait notre thèse. |

Nous avons été à même de juger des bons effets de ces traitements sur quelques malades que M. le ‘docteur Maurel a bien voulu nous montrer.

Nous diviserons cette étude en quatre chapitres :

1° Un exposé historique des émissions sanguines, locales et générales. & 2 La description et la manière d'effectuer les scarifications et la description de l'instrument employé par,M. Maurel. 3° La manière d'effectuer le massage, chapitre où nous avons inséré une note de M. le docteur Maurel, qui nous montre par suite de quelles idées il est arrivé à ce traitement. 4° Des observations montrant les effets de ce fraitement. \

Et enfin les conclusions.

Qu'il nous soit permis, en terminant, de remercier M. le docteur Maurel de la bienveillance qu’il nous à montrée en nous donnant avec la plus grande libéralité non seulement des conseils, mais encore le résultat de ses observations. Nous le prions de croire à notre vive reconnaissance. |

Je remercie en outre M. le doyen Castan de l'honneur qu'il

nous a fait en acceptant la présidence de cette thèse.

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sé d’ affections lens mieux les émissions sanguines et justifient mieux leur emploi que celle don nt: nous nous occupons. La fièvre le plus < souvent intense, l’âge « du sujet, le caractère franchement inflammatoire > de la maladie, constituent autant d’ indications. Ainsi S explique que cette médication, appli- | quée à l'amygdalite aiguë, ait résisté au grand courant d’opinion qui l’a écartée du traitement local d’autres affec-

tions.

Il est fréquent, en effet, de trouver encore des médecins “qui, ayant renoncé aux émissions sanguines d’une manière presque complète, les mettent en usage quand :il s’agit d’une amygdalite aiguë. C’est que l’expérience leur a prouvé qu'il n’y a pas d’autres moyens qui agissent plus sûrement et plus rapidement.

Ces modes d'emploi, qui autrefois étaient très-variés, ont été peu à peu restreints. Les émissions sanguines générales sont, on peut le dire, complètement abandonnées. Les résultats qu'elles ont donnés à Louis ne sont guère probants (1).

Sur vingt-quatre malades traités par ce médecin, treize ont été saignés. La durée moyenne de l'affection fut chez eux de neuf jours, et de onze jours un quart chez ceux qui ne furent pas saignés. Le reste du traitement (pédiluves sinapisés, gargarismes astringents) à été le même dans.les deux séries de malades. Du peu de différence dans la durée de l'affection, on peut conclure que l'influence de la saignée générale sur l’angine est extrêmement bornée.

Louis remarque encore que l’abondance de la saignée et sa répétition plus ou moins fréquente, n’ont pas d'influence sur la durée de la maladie. Enfin, une dernière conclusion qu’il tire de ses observations, c’est que, dans les cas où ila pu comparer l'effet produit par la saignée et celui produit par les sangsues, la supériorité du premier procédé lui a paru démontrée.

De la saignée générale faite loin du siège de la maladie, nous passons à la saignée faite dans le voisinage du siège de l'affection. La saignée des veines ranines, après avoir été très vantée pendant longtemps, est aujourd’hui tombée dans l'oubli, malgré les tentatives faites pour la réhabiliter.

Les anciens, en effet, étaient persuadés qu'il y avait de l'avantage à ouvrir le vaisseau dans lequel se jettent les veinules venant de l'organe malade. Aussi voyons-nous la

(1) Recherches sur les effets de la saignée dans plusieurs maladies inflammatoires, (Arch. génér. de médecine, p. 321.)

— 13 — | saignée des veines sublinguales recommandée dans l'angine inflammatoire. Souvent, à cette opération, ils associaient la saignée générale. | À

C’est le conseil que donne Hippocrate. Pour lui, on doit pratiquer la saignée des veines sublinguales, et, si les forces Sont bonnes, on peut faire en outre une saignée au bras (1}.

Celse était partisan des saignées locales, comme l'indique le passage suivant : « Mitti vero is (sanguis) debet, si totius » causa sit, ex brachio, si partis alicujus, ex ipsa parte, » aut certe quam proxima, quia non ubique mitti potest,sed in » temporibus, in brachio, juxta talos. » Aussi conseille-t-il la saignée des veines ranines dans l’angine, après avoir toutefois essayé les gargarismes émollients, la saignée générale ; et si cela ne réussit pas, 1l ajoute : « Si hoc parum pro- » ficitur, utilissimum est incidere satis altis plagis sub ipsis » maxillis, infra collum et in palato circa uvam, vel eas venas » quæ sub lingua sunt, ut per ea vulnera morbus erumpat: » {2}

Arétée en est partisan, tout en employant aussi la saignée générale. « Quand une diète légère aura précédé, on fera une saignée à la veine située au ph du coude... Sile gonflement et l’inflammation rendent la déglutition impossible, après avoir repoussé la langue vers le palais, on en ouvre les veines principales : quand cette saignée est prompte et abondante, le malade reçoit plus de soulagement que de toute autre chose {3).

Cœlius Aurelianus, outre la saignée des veines ranines, fait des scarifications sur les parties enflammées. « Si major

(1) Hippocrate, Des maladies, liv. IT, ch. X, Trad. Littré, t. VI,

(2) Celse, Liv. If, ch. X. Liv. IV, ch. IV.

(3) Arétée, Traitement des maladies aiguës. Trad. Renaud, 1834,

Hiv. I, ch. VI.

LUE NV) MUR » fuerit tumor, ipsam quoque linguam scarificabat, atque » fauces et palatum tenui et longiore phlebotome. » (1)

Oribase, qui résume les idées de plusieurs médecins et surtout celles de Galien, emploie d’abord la saignée générale et aussi la saignée locale. « On pratique une émission sanguine révulsive au début d’une inflammation ; mais si l’inflammation dure déjà depuis longtemps, on saigne, s’il est possible, les organes affectés eux-mêmes ou, du moins, les parties qui en sont le plus rapprochées..….. Les inflammations de la gorge et de la trachée-artère sont, au début, notablement améliorées par la saignée du pli du bras ; mais, après cette opération, la saignée de la langue est un remède très efficace si on ouvre à la fois les deux veines qui se trouvent sous cet organe (2). »

Tel est aussi l’avis d'Alexandre de Tralles : « La saïgnée est plus nécessaire qu'autre chose dans l’esquinancie. Si la saignée ne détend pas les parties et que la respiration et la déglutition ne deviennent pas plus libres, on ouvre les veines de dessous la langue, ce qu'il ne faut pas renvoyer au lendemain, mais faire le jour même. » (3)

Nous passerons à des auteurs plus rapprochés de nous, et laissant de côté les auteurs antérieurs à ce siècle, nous ne citerons que deux noms : Sydenham et Lieutaud.

Sydenham emploie d’abord les émissions sanguines générales, puis la saignée des veines ranines. « Opem laturus » sanguinem Cum primis curatio e brachio copiose detrahi, » mox e ranula utraque. » (4)

MONET AS ATIELEUR (2) Trad. Bussemacker et Daremberg, t. IT, p. 32, 1854. ORALE

(4) Sydenham. Praxis medicinæ experimenfalis sive opuscula universa. Cap. VII, Angina.

Lieutaud conseille des moyens plus noñbreux : saignées, ventouses scarifiées, sangsues. « Anginæ inflammatoriæ » curatio venæ sectionibus, celebrata et auspicanda. Mittitur » nempe Sanguis e brachiis,pedibus, cervice et lingua. Admo- » ventur hirudines partibus vicinibus, affligantur cucurbitulæ » Scarificatæ cervice, occipiti scapulis. » (1)

Après avoir été en honneur pendant longtemps, comme nous venons de le voir, les émissions sanguines locales tom-

bent en désuétude, et au commencement de ce siècle, elles:

n'étaient plus employées.

Arajo les reprit en 1853. Dans sept cas, il s’est trouvé en présence d’une angine inflammatoire très vive. La luette, le voile du palais, la base de la langue, les piliers, les amygdales étaient le siège d’une congestion intense. En même temps, il y avait des symptômes généraux graves : pouls petit, chaleur vive, face rouge, peau couverte de sueur. L'application de sangsues autour du cou et des saignées copieuses n’amenèrent aucune amélioration. La saignée des veines ranines est alors proposée et acceptée par les malades. Après cette opération, les malades sont immédiatement soulagés, et, quelques jours après, entrent en convalescence (2).

Mestivier emploie les émissions sanguines locales dans les angines inflammatoires. Il s’est bien trouvé de l’ouverture des veines ranines, quand les malades présentent un état fébrile accentué. Après une saignée peu copieuse, la diminution des symptômes généraux ne s’est pas fait attendre. Mestivier donne, en outre, son procédé pour pratiquer cette petite opération. Pour lui, le meilleur moyen d'obtenir un écoulement sanguin abondant consiste à ouvrir les veines dans

(1) Synopsis universæ praxeos medicinæ, 1770, p. 414. (2) Arajo, Saignée des veines ranines. (Bull. de thérap., 1836.)

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le sens transversal plutôt que dans le sens longitudinal. L'écoulement sanguin est ainsi plus facile et l'hémorragie est facile à arrêter (1). À Pour Aran, au contraire, il vaut mieux inciser les veines \ dans le sens longitudinal. Dans l’incision transversale, en effet, le sang peut s’arrêter de couler, soit par la formation d’un caillot, soit par la rétraction des deux bouts du vaisseau coupé. En outre, par ce procédé, on ne risque pas d'ouvrir les artères ranines. Pour faciliter l’écoulement sanguin, Aran conseille de faire pratiquer des mouvements de suècion et de déglutition au malade. L'hémorragie, qui menacerait d’être trop abondante, est arrêtée soit par la compression de la langue entre deux morceaux d’amadou, soit en portant sur la plaie un stylet rougi au feu, un crayon de nitrate d’argent ou du perchlorure de fer (2).

L'ouverture des veines sublinguales a donné de bons résultats à Charrier. Pour lui, le meilleur moyen de pratiquer cette opération est celui proposé par Aran, l’incision dans le sens longitudinal (3).

Cruveilhier essaya de réhabiliter les saignées locales et parmi elles la saignée des veines ranines. « L'étude des anastomoses veineuses, dit-il, devait conduire à réhabiliter l'usage des saignées locales tombées en désuétude depuis la découverte de la circulation, et permettrait de régler d'après des données anatomiques le point où ces saignées devraient être pratiquées. Ainsi la saignée de la veine angulaire pour les maladies de l'œil, celle de la région qui répond à la jonction de la suture bi-pariétale avec la suture lambdoïde

(1) Mestivier, Sur la saignée des veines ranines.( Bull, de thérap., 1857.) (2) Aran, Sur la saignée des veines ranines. (Bull. de thérap., 1857.) (3) Charrier, Bull. de thérap., 1857.

É ; e° ! L x pour les affections cérébrales ; la saignée de la veine ranine dans les maladies du pharynx me paraissent devoir être introduités de nouveau avec avantage dans la pratique médicale: » {1}

Malgré tous les efforts pour attirer l'attention sur la saignée des veines ranines, ce moyen n’est plus usité dans le traitement des angines. Un autre mode de saignée locale consiste dans l'application de sangsues. Nous avons vu que Louis trouvait que leur emploi ne produisait pas autant d’effet que la saignée générale. Arajo les a aussi employées concuremment avec la Saignée générale, mais il a obtenu un plus grand bénéfice de l'ouverture des veines sublinguales. Monneret, cependant, les conseille dans la forme aiguë de l’amygdalite ; il engage de les placer sur la partie latérale du cou dans la région sous-maxillaire {2).

Mais l'application des sangsues sur les parties latérales du cou a, comme la saignée des veines ranines, l'inconvénient d’être faite loin du siège du mal. En outre, elles laissent des traces disgracieuses. C’est aussi le même reproche que l’on peut faire aux ventouses scarifiées, les seules émissions sanguines qui paraissent avoir trouvé grâce devant le public médical.

Aussi quand on veut appliquer les émissions sanguines au traitement de l’amygdalite, l’idée vient-elle de les faire directement sur l'organe enflammé. Ce sont donc de véritables scarifications que l’on opère sur l’amygdale.

Nous avons vu déjà que Cœlius Aurélianus pratiquait des searifications sur la langue, mais les scarifications des amygdales ne sont guère mentionnées par les auteurs.

(1) Cruveilhier, Anatomie descriptive, t. III, 4° édit., p. 223, note. (2) Monneret, Traité élémentaire de pathologie interne, art. amygdalite, 1863.

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Conformément aux idées de son époque, Roche préconise l'emploi des émissions sanguines, surtout de la saignée générale. Mais il fait remarquer cependant que les scarifications donnent de bons résultats dans l’inflammation aiguë des amygdales (1).

Monge, dans sa thèse inaugurale, rapporte un fait où les scarifications ont amené une prompte guérison. Il s'agissait d’une femme de 24 ans atteinte d’une angine tonsillaire très intense. La saignée générale est d’abord employée, Dans l’espace de 24 heures il est pratiqué trois saignées du bras; la dernière est même suivie d'une syncope prolongée. Malgré ces évacuations sanguines abondantes, l’inflammation persiste. Les amygdales et la luette sont tuméfiées au point que la malade ne peut plus avaler, la respiration est gènée. Des Scarifications sont faites alors sur les amygdales. Le soulagement est immédiat. La malade peut prendre des boissons. Les amygdales sont encore gonflées,. le lendemain il est fait quelques mouchetures. Quelques jours après la malade était guérie (2).

Dans l’amygdalite aiguë, Gérardin préconise les scarifications. Dans une note lue à l'Académie de Médecine, il dit qu’il n’a eu qu’à se louer de ce moyen de traitement. L'écoulement sanguin qui en résulte, dégage les amygdales avec une grande promptitude. Il dit même que par ce moyen on peut faire avorter les angines qui S'annoncent avec des symptômes alarmants (3).

E. Barthez a mis en usage le procédé de Gérardin, con-

(1) Roche, Dictionnaire de médecine et dechirurgie pratiques, art. amygdalite, 1829, t. II.

(2) Thèse de Montpellier, 1830, n°

(3) Gérardin, Traitement de l’ AU par les scarifications (Arch. séner-ue med 3"série. tUIDE"p237;)

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