OBSERVATION II
Amygdalite aiguë. — Double scarification et massage. — Guérison rapide < (Dr Maurel)
J... entre à l'hôpital le 2 mars 1884, atteint d'une amygdalite double.
La gène est extrême, aussi bien pour la déglutition que pour la respiration ; la voix est très affaiblie, et les ganglions sous-maxillaires engorgés. L’écartement des mâchoires est très limité; on ne peut apercevoir que difficilement les amygdales qui sont presque en contact. Elles ne laissent même pas entre elles l'épaisseur de la luetté, qui est refoulée en avant.
La fièvre est intense, la peau est couverte de sueur; la face est rouge et les yeux injectés. Le thermomètre marque 30°.
Deux jours avant son entrée à l'hôpital, le malade a pris un vomitif.
En présence de cet état général, le D' Maurel prescrit un purgatif, une tisane laxative et des bouillons seulement comme alimentation. Mais, en outre, pour remédier le plus rapidement possible aux accidents locaux qui, s'ils s’aggravaient, pourraient devenir inquiétants, il est procédé aux scarifications des deux côtés.
L'écoulement sanguin est assez abondant ; il est favorisé par des gargarismes tièdes. Comme l'écartement des mâchoires n’est pas assez considérable pour permettre l'introduction du doigt, on enlève lés caillots au fur et à mesure qu'ils se forment avec des pinceaux de charpie. Après cette première séance, le malade se trouve mieux.
Le soir, il existe un mieux sensible : cependant les mâchoires ne peuvent s'écarter assez pour permettre l’introduction du doigt. ;
Il ést de nouveau procédé aux scarifications en les accompagnant cette fois du massage, qui, sans pouvoir être fait d’une manière complète, permet cependant d’exercer quelques pressions sur les amygdales. Le résultat de cette séance est encore plus sensible que celui obtenu le matin.
Le 3 mars, la maladie a un peu diminué; le patient à pu avaler quelques cuillerées de bouillon. Enfin 1l y a une véritable détente du côté des accidents généraux ; le thermomètre est à 37°,6. L'écartement des mâchoires est de moins en moins limité.
I n’est fait, ce jour-là, que quelques massages légers.
Le malade a un peu mieux dormi, mais cependant la déglutiton est encore des plus pénibles et la respiration très gènée.
Le 4 mars, il est fait des scarifications suivies de massage, qui peut alors être opéré d'une manière plus complète. Le résultat se montre immédiatement ; la diminution de la douleur et du volume des amygdales est très sensible.
Le malade peut prendre un peu de potage ; le soir, la température est à 36%, mais elle tombe le lendemain matin.
Les trois jours suivants, il n’est pratiqué que des massages ; les douleurs de la déglutition ayant presque disparu, il est ordonné des gargarismes astringents.
La température est normale ; les amygdales restent encore
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un peu volumineuses, mais elles ne gênent plus ni la respiration ni la déglutition.
Les scarifications ne laissent aucune trace, quoique les dernières qui ont été faites aient une étendue de 2 centim. environ.
Le 12 mars, le malade quitte |’ hôpital.