DIAGNOSTIC
L'angine maligne est aux angines simples ou catarrhales ce que la fièvre intermittente est aux fièvres d'accès ; même caractère insidieux dans les deux maladies. C'est un chien qui mord sans a6ot/ar. Pour Tune et l'autre maladie, il faut se hâter de recourir au traitement. Le moindre délai peut entraîner la mort. Le quinquina, médicament héroïque dans le premier accès de la fièvre pernicieuse, devient impuissant après plusieurs accès : il en est de même du cubèbe dans la dernière période de la diphthérie. Pour faire connaître toutes les dif-^ ficultés du diagnostic, je ne crois pouvoir mieux faire que de citer quelques auteurs qui s'en sont spécialement occupés.
« Il n'est, dit Ozanam (1), pas de maladies qui présente « plus que celle-ci, des anomalies de symptômes et qui soit a plus insidieuse.
(1) Histoire des maladies épidémiques, tome 3, page 73.
« Le 13 et le 14, il coDtinua à se livrer à ses travaux « habituels.
« Le 15, on remarque chez lui un enrouement assez « prononcé.
« Le 16, le malade garde le lit. On vient me chercher.
« Le 17 seulement, je puis me rendre auprès du malade. « Le pouls est fréquent et petit. Aphonie et dyspnée con- « sidérables. Sueur abondante sur le visage. Rejet continuel € d'un liquide filant comme du blanc d'œuf et mêlé de € fausses membranes ; le pharynx en est tapissé.
« Son état est des plus graves ; il offre beaucoup de « ressemblance avec celui d'un malade à la dernière période « d'une phthisie laryngée. Sans espoir de réussir, je lui fais ■ prendre cependant du sirop de copahu et du sirop de « cubèbe. Il succomba le lendemain.
€ M. B , en apprenant la mort de son fermier,
« manifesta un grand chagrin et se reprocha d'en être a l'auteur involontaire.
a J'ai l'intime conviction que cette fois il ne se trom- « pait pas. • (1)
Il faut donc, je ne saurais trop le répéter, que le médecin apprenne aux parents que les enfants atteints d'angine couenneuse boivent et mangent sans difficulté; qu'ils se plaignent rarement du mal de gorge, et qu'ils ne s'alitent guère qu'au début de la maladie^ pendant 12 ou 24 heures.
(1) H. Trideau. Nouveau traitement de V Angine couermeuse, chez J. B. Baillère et fils, 1866, pages 20 et 21.