PRONOSTIC
Je crois utile de donner le pronostic de Tangine couenneuse traitée par les médications autres que les balsamiques. Pour cela, j'emprunterai encore des citations aux auteurs classiques.
« L'Angine gangreneuse (couenneuse) est une des plus
• redoutables maladies ; deux cents personnes périrent en
• trois semaines à Alkmaërt en 1557. L*épidémie de 1564
• dépeupla le globe ; celle d'Espagne, en 1604, emporta tous
• les malades. En 1618, cinquante mille personnes en « moururent à Naples. Peu de malades échappèrent à celle « qui régna à Paris, de 1743 à 1746. Celles de Simenthal et « de Rampisen, en 1755, firent périr les sept huitièmes de»
• de la cautérisation du chlorate de potasse, etc., ont
• amené des médecins à dire que la diphthérie guérit quand ^ « il lui plaît. » (1)
Trois signes sont surtout à redouter dans l'angine couenneuse ; les voici par ordre de gravité :
1^ Le défaut d'appétit, le dégoût insurmontable pour tous les aliments ; (2)
2* Un engorgement ganglionnaire considérable et qui sent la peste, pour me servir des expressions de Mercatus ;
3^ Des fausses membranes occupant les fosses nasales avec écoulement séreux, ou seulement cet écoulement.
A mes yeux, ces trois signes, surtout les deux premiers, sont de la dernière gravité.
Les auteurs que je viens de citer considèrent l'angine couenneuse comme le plus souvent mortelle.
. Pour moi, cette maladie étant prise au début, et le cubèbe étant administré convenablement, j'affirme qu'elle esirarement mortelle. Du reste, on peut s'en convaincre, en lisant les pièces justificatives à la fin du volume, et l'opinion des médecins qui ont expérimenté cette méthode.
(1) D' Olivier. Journal des connaissances médico-chirurgicales, 15 mars 1862
(2) « Dans toute espèce de maladies, tant que l'appétit subsiste rien n'est « perdu... Les malades du 3"' livre des épidémies, d'iïippocrate, avaient « tous perdu Tappétit, et tous moururent. »
Baglivi. Médecine pratique, pago 141.