‹ Traitement de l angine couenneuseChapitre 9 sur 18 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Si on avait voulu faire attention à ce que j'ai enseigné, il y a déjà quatorze ans, touchant la manière dont il faut donner le

quinquina plusieurs de ceux qui sont

dans le tombeau seraient peut-être encore vivants.

{Médecine pratiqtie de Sy denham, p. 393).

Rien de plus difficile néanmoins que d'écrire sur les maladies aigiies, parcequ'elles durent si peu que, si l'on manque Toccasion de donner les secours nécessaires, on ne la retrouve plus ensuite et le malade périt sans ressource ; au lieu que dans les maladies chroniques, on a le temps d'examiner, de se retourner et de prendre le* meilleur parti.

{Médecine pratique de Sydenham, p. 407.) (Lettre de Henri Paman.)

Le praticien qui a bien voulu se donner la peine de lire ce qui précède doit avoir reconnu, du moins je le pense, que c'e^t uniquement par le raisonnement, par déduction^ qu'on est porté à employer les balsamiques contre la diphthérie.

J'ai fait mon possible pour éclairer Thistoire de cette affection et pour en bannir T empirisme « qui fait de la médecine un royaume d*aveugles » , suivant Texpression de Baglivi. i

i La vraie science, au contraire, dit un éminent physiolo- ; « giste de nos jours, agit et explique son action ou sa « puissance; c'est là son caractère; c'est là son but. ■ (1)

Le traitement que je propose n'est point en contradiction avec les idées reçues, car l'indication pour tous les médecins ^est claire et précise, et peut se résumer dans ces mots : empêcher la reproduction des fausses membranes (2). Or, les balsamiques, et en particulier le copahu et le cubèbe, sont très-efficaces pour obtenir ce résultat. Les pièces justificatives le démontrent amplement.

i^utrefois, je donnais fréquemment le baume de copahu sous forme de sirop (3) ; mais le goût nauséabond de ce

(1) Claude Bernard. Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, page 252.

(2) « Nous n'avons donc pas le traitement de la diphthérie, et nous n'au- « rons ce traitement que le jour où nous posséderons un agent qui arrête « sûrement la production des fausses membranes. »

D"^ P. JoussET. (Lettre sur le traitement de la diphthérie. Tribtme médicale,

17 janvier 1869.)

(3) Formule du sirop de copahu :

Copahu 80 grammes.

Gomme en poudre 20 —

Eau 50 grammes.

Essence de menthe poivrée 16 gouttes.

Sirop de sucre 400 grammes.

On émulsionne le baume de copahu avec l'eau et la gomme ; on ajoute l'essence, puis le sirop.

Poivre cubhbe 19i grammes.

Sirop simple 100 —

Vin de Malaqa )

^ [ aa 20 — Eau )

Si Ton augmente la dose de cubèbe, il faut aussi augmenter la quantité du véhicule. S'il survient de la diarrhée, — ce qui est rare, — je fais donner quelques cuillerées à café de sirop diacode. Alimentation : beaucoup de lait.

Il faut continuer la médication, à doses décroissantes, plusieurs jours après qu'il n'existe plus de fausses membranes ; les petits malades peuvent ne pas garder le lit.

Pour les adultes, 25 à 30 grammes de poivre cubèbe dans les 24 heures, également dans un julep : — 15 grammes de cubèbe dans 180 grammes de julep, suivant la formule ci-dessus; — deux semblables dans les 24 heures.

Si la maladie offre beaucoup de gravité, je fais donner, en outre, dans les 24 heures, 20 à 30 pilules dont voici la formule :

C1J Copahu solidifié officinal 50 centig. ) Pour

Cubhbe 20 — ) une pilule.

(1) Copahu solidifie officinal (Mialhe) :

Baume de copahu 500 grammes.

Magnésie calcin^Mj 32 —

V De huit mois à un an, 8 grammes de cubèbe chaque jour. Je n'ai ppint eu occasion de traiter d'enfants de la diphthérie avant cet âge ;

2'' De deux à trois ans, 10 à 15 grammes dans les vingtquatre heures.

Du reste, le praticien qui n'a point encore utilisé les balsamiques contre la diphthérie, trouvera, en lisant les observations si intéressantes qui complètent ce mémoire, des indications précieuses sur les doses à employer dans la plupart des cas et sur le mode d'administration.

Je prie donc instamment tous les médecins d'expérimenter sérieusement et consciensieusement cette médication, et de vouloir bien m'adresser leurs observations, en ayant soin surtout d'indiquer leur formule exacte et la dose de cubèbe employée.

NOTA. — D'après mes conseils, plusieurs personnes dans cç pays emploient habituellement, et avec un plein succès, le cubèbe dans les angines des animaux domestiques.

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