‹ Traitement De L'Angine Diphtérique Par Le Perchlorure Et L'Oxychlorure De Fer MagnétiqueChapitre 3 sur 12 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'emploi du perchlorure de fer en thérapeutique remonte à 1725 époque à laquelle on connaissait ce produit sous le nom de Teinture de Bestuchef; plus tard il se vendait sous le nom de gouttes d’or du général Lamotte, elixir d’or, puis il tombait dans l'oubli. [l est resté dans la Pharmacopée allemande sous le nom d'Esprit sulfurique éthéré martial.

Les discussions sur sa valeur thérapeutique reprirent vers 1855 époque à laquelle Pravaz, Petrequin et Lallemand l’employèrent, pour le traitement des anévrysmes.

Jusque là on n’avait étudié l’action du perchlorure de fer qu'au point de vue hémostatique. La guerre de Crimée devait montrer ses qualités antiseptiques.

Déjà Pétrequin, Desgranges et Valette avaient constaté les bons résultats que donne le perchlorure de fer dans

Sy le traitement des suppurations fétides et des plaies de mauvaise nature.

Michel Levy autorisa son emploi dans les hôpitaux militaires pendant la campagne d'Orient. De prime abord la douleur qu’il occasionne au moment de son application sur les plaies effraya les médecins et les malades, à tel point que Scoutteten renonça à son emploi. Mais le plus grand nombre persistèrent et obtinrent de magnifiques résultats et le perchlorure de fer fut définitivement reconnu avec la cautérisation par le feu pour le plus puissant moyen que l’art de guérir puisse opposer à la pourriture d'hôpital. Telles furent les conclusions de Salleron et de Bourrat sur l’emploi comme antiseptique du médicament. Mais dans leur rapport,après avoir comparé les divers produits qu’il ont employés ils avouent honnément que l'application du perchlorure de fer produit toujours des douleurs extrêmement vives et souvent très-prolongées, qui inspirent aux malades beaucoup de répugnance pour les applications suivantes.

Depuis, la thérapeutique chirurgicale s’est enrichie de nombreux produits moins antiseptiques, peut-être, mais d’un emploi plus simple tels que: lacide phénique, l’acide borique, l’iodoforme, le bichlorure de mercure, ete. Cependant il est bon d'ajouter qu’on ne fait plus seulement de l’antisepsie locale mais de l’antisepsie générale qui évite bien des contagions.

Quoi qu'il en soit, le perchlorure de fer ayant fait ses preuves, on continua à l'appliquer : les uns en chirurgie

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comme M. Bourgade et Dubreuil, les autres, contre la syphilis et la rage comme Rodet chirurgien de Lyon. Pour la rage, Rodet faisait mordre un chien bien portant par un chien enragé et pansait les blessures aussitôt après avec le perchlorure de fer, aucun chien mordu ne devint enragé. Mais c’est là un moyen complètement insuffisant, car il faut que le pansement soit fait immédiatement ; or,c’est dans l’infime minorité des cas que cela peut arriver, le procédé de vaccination de M. Pasteur est donc bien plus commode, tout en étant aussi efficace, sinon plus, puisqu'il préserve de la terrible maladie près d'un mois après la morsure.

D'autres enfin l’essayaient contre une maladie terrible : la diphtérie. C'est Aubrun qui le premier l’employa en 1860. Il l’employait à l'intérieur à la dose de 4 à 5 gouttes par jour, et en badigeonnages sur les amygdales. Les résultats qu'il obtint furent très-brillants, il est même permis de croire qu'ils sont exagérés, car aucun de ceux qui l’employèrent dans les hôpitaux de Paris ne fut aussi heureux. MM. les docteurs Bergeron, Cadet de Gassicourt, Jules Simon, etc., l'essayèrent et durent y renoncer pour des raisons que nous verrons plus bäs. Quoiqu'il en soit, il est resté employé à l’intérieur à la fois comme sé-

datif et tonique. |

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