TRAITEMENT DE L’ANGINE DIPHTÉRIQUE
La diphtérie est une affection essentiellement contagieuse et comme telle de nature microbienne. Or toutes les affections microbiennes relèvent de la thérapeutique de deux façons :
1° Soit qu'on les prévienne ; ou, qu'une fois contractée on en arrète le développement par l’inoculation d’un virus atténué, ainsi que l’a démontré avec succès M. Pasteur pour le rouget, le choléra des poules et tout dernièrment, ainsi que l’a prouvé chiffres en main M. le professeur Grancher, à l'exposition d'Hygiène publique, pour la rage.
2 Soit que l’on trouve un spécifique qui, la maladie déclarée, ait une action directe sur elle et la neutralise comme le mercure sur la syphilis.
Malheureusement à l’heure actuelle, malgré les travaux faits en France et en Allemagne, on n'a pas encore trouvé soit dans le sang, soit dans système cérébral, soit dans la fausse membrane elle-même le microccus vrai de la diphtérie. Par conséquent, on ne peut encore affirmer que tel ou tel médicament est le spécifique
cherché.
Mais est-ce à dire qu'il faille rester inactif devant une
STE diphtérie? Il est certain qu’il n’y aurait qu’à se croiser les bras s’il fallait en croire un médecin allemand Aufrecht de Magdebourg qui, à l'assemblée des médecins et des naturalistes allemands tenue à Magdebourg en octobre 1884, est venu déclarer avec aplomb que sur 225 diphtériques il en avait guéri 225 avec de l’eau glacée en compresses et du chlorate de potasse. Mais nous savons depuis longtemps à quoi nous en tenir sur les statistiques fabuleuses de nos voisins d’Outre-Rhin.
L'intervention du médecin dans l’angine diphtérique rend heureusement de grands services dans bien des cas.
Tous les procédés de traitement local de la diphtérie ont toujours visé à un double dut : détruire la fausse membrane existante et empêcher son extension. C'est dans ce but que l'on a employé pour la faire disparaître l'acide chlorhydrique, le nitrate d'argent, l’alun, le tannin, le cubèbe, l’acide lactique, le lactate de chaux, le salicylate de soude, les inhalations de vapeurs de goudron et d’essence de térébenthine (procéde Delthil de Nogent), l’eau de chaux, le perchlorure de fer, etc.
Parmi ces différents procédés, celui de M. Delthil qui semblait donner dans le croup de bons résultats vient . d’être jugé en sens inverse dans le rapport net et précis de M. Cadet de Gassicourt à la Société de médecine. L'eau de chaux dissout les fausses membranes avec une grande rapidité. Ainsi si l’on laisse tremper une fausse membrane dans l’eau de chaux au bout de trois heures