SAT À: VERS
tusionnentlenerf (Wolkmann). Nous ne rangeons pas parmi, les accidents, le décollement des épiphyses qui, trente-deux fois sur cent dix-neuf cas, a été obtenu par Nusbaum, de Munich, grand partisan du redressement forcé. C’est là, en effet, sans partager à son endroit l’optimisme de l’auteur allemand, une lésion sans grande importance et qui, dans les opérations les plus heureuses, a pu passer inaperçue.
L’autopsie que Demarquaÿ eut, en 4859, l’occasion de pratiquer en est une preuve convaincante. Un malade, dont le genou venait d’être redressé, mourut d’une affection intercurrente. Demarquay croyait avoir rompu la soudure articulaire, c’est le fémur qui avait été fracturé. Bien que cette autopsie soit unique, de pareils faits ne doivent pas être très rares ; d’ailleurs, le cas suivant, que Guyon a observé dans le service de Velpeau, montre non seulement l’innocuité, mais la grande ntilité, dans certains cas, d’une pareille fracture. Un jeune homme, atteint d’une ankylose vicieuse du genou glisse, tombe et se fracture le fémur. Le membre est redressé, la guérison de la fracture obtenue dans l'extension, et le malade à la fois guéri de son traumatisme et de son ankylose vicieuse.
Ces accidents sont considérés d’abord comme des curiesités sans importance. On ne tarde pas cependant à les rapprocher de l’ostéoclasie, nous voulons dire des fractures artificielles faites en vue de redresser les membres déformés. Bruns, Rizzoli, qui ont les premiers pratiqué ces opérations, appliquent leurs procédés à l’ankylose vicieuse du genou. Mais ils ne cherchent pas à casser le fémur, ils cherchent à disjoindre la soudure osseuse. Ils font l’arthroclasie, non l'ostéoclasie. Des réserves pourraient être faites à ce sujet, car, quoi qu'en dise Rizzoli, rien ne prouve qu'il ait fracturé
rl
dans linterligne plutôt que dans les extrémités osseuses. 1! convient cependant de retenir que, jusque-là, l’ostéoclasie n'est pas, de propos délibéré, appliquée au traitement de l’ankylose du genou.
Pendant que les procédés de redressement sous-cutané se perfectionnent et se vulgarisent, la méthode sanglante prend aussi racine dans l'esprit des chirurgiens. Les succès isolés de Rhéa-Barlon, de: Plat-Burr, etc., etc., se multiplient. Le nombre en devient rapidement considérable.
Ces faits sont réunis et judicieusement commentés dans l'excellent ouvrage de Swain!, publié à Londres en 1869. Presque toutes les opérations que cet auteur rapporte ont été pratiquées sans les précautions Listériennes, et la proportion des. guérisons y est déjà fort remarquable. La chirurgie antiseptique a donné depuis lés succès les plus nombreux et les plus éclatants.
Pénières, Morton, Picard ont publié, sur ce sujet, d’intéressants travaux que nous retrouverons. En 41879, le docteur Poinsot, professeur agrégé à la Faculté de médecine ae Bordeaux, a consigné, dans les Bulletins de la Société de chirurgie, un chaud plaidoyer en faveur de la méthode sanglante appliquée à certains cas qu'il a judicieusement déterminés. Cet auteur insiste sur la mortalité extrêmement faible que donne la résection du genou appliquée à l’anky-
lose angulaire.
Le redressement du genou par la méthode sanglante a été, jusqu'ici, bien peu pratiquée en France. Seuls, Richet, Bæœkel, ‘Poinsot, Ollier, Péan n'ont pas craint d’y avoir recours. La raison dece petit nombre d'opérations françaises
1 Swain. Zajuries and diseases of the knee-1oint.
et
peut être cherchée dans ce faitque les ankyloses angulaires se rencontrentrarement dans la pratique des chirurgiens qui savent, de bonne heure, redresser et guérir les arthrites en bonne position,
Quoi qu’il en soit de l'explication, les chirurgiens anglais et allemands ont, beaucoup plus souvent que nos compatriotes, pratiqué la résection ou l’ostéotomie. Ils ont
- apporté au manuelopératoire des modifications sur lesquelles
nous ne manquerons pas d’appeler l’attention.
Dans un récent fascicule de la Revue de chirurgie (1883), le professeur Oilier a publié un très intéressant travail sur le traitement de l’ankylose osseuse du genou. Il y précise la valeur des procédés d’ostéoclasie et de résection et insiste sur leurs avantages respectifs. R
Dernièrement aussi, le docteur V. Robin, de Lyon, son maître, M. Mollière, et son collègue, le docteur Edouard !, ont bien mis en lumière la valeur de l’ostéoclasie mécanique. Le docteur Robin a imaginé un appareil extrêmement ingénieux qui devra nous arrêter longuement.
Nous aurions pu compliquer indéfiniment cet historique, nous ne l’avons pas voulu; les faits intéressants qui s’y rapportent ont trouvé leur place naturelle dans les pages qui suivent.
En le terminant ici, nous sommes heureux de constater que la chirurgie lyonnaise, comme à l’époque de Bonnet, mérite le premier rang dans la question qui nous occupe.
1 Édouard. Thèse de Lyon, 1882.
2 Les chirurgiens lyonnais ont bien voulu nous aider de leurs conseils et
nous fournir de très intéressants documents, Nous adressons tout particulière ment nos plus vifs remerciements à MM. Ollier, Delore, Mollière, V. Robin
et Édouard.
Cest île qui, encore nn a Re l'appareil | ‘instrumental et bien montré les indications et les contreindications des procédés applicables au traitement de l'ane kylose du genou. 1e
— Vie