TECHNIQUE DES SCARIFICATIONS LINÉAIRES
Nous commençons par décaper soigneusement les surfaces malades par l'application permanente et plus ou moins prolongée de cataplasmes de fécule de pomme de terre mœælleux, refroidis, souvent renouvelés, non : recouverts de taffectas gommé et préparés sans addition = d’antiseptique quel qu’il soit ! le malade doit se présenter sous ses cataplasmes, enlevés seulement pour la + séance opératoire. Le
Nous scarifions alors, avec un instrument bien aiguisé, selon des lignes parallèles, atteignant la couche superlicielle du derme espacées de un à un demi-millimètre, sans aucun quadrillage ou entrecroisement.
Nous laissons saigner ad. libitum et entretenons le saignement par des lotions à l’eau bouillie tiède, puis on recouvre la surface cruentée de quelques doubles de tarlatane trempée dans l’eau bouillie. A domicile le patient reprend les cataplasmes de fécule qui doivent être conti nués dans l'intervalle jusqu'à la Séance suivante, c’est-
à-dire dans la majorité des cas, trois ou quatre jours
AO
plus tard, délai suffisant pour que tôut vestige del'opération ait disparu.
OBsERvATION [. — (Inédite)
… Eczéma lichenoïde quéri par scarifications
. W.., 37 ans, vient nous consulter. Il nous apprend que son D. père était très nerveux, très irritable. Depuis six mois il manne geait alors beaucoup de poissons, il avait des démangeaisons bientôt suivies d'irritation de la peau avec rougeur, suintemnent ete. En même temps, il remarquait que les démangeaisons augmentaient souvent vers le soiret surtout quand les affaires mar- __ Chaiïent mal. ee | Actuellement, il existe quatre du cinq placards d’eczéma cli- chénoïde, épaissi, induré, sur chacun de ses pieds à la face dorériernet :
__ On commence par le traitement le plus ordinaire, c'est-à-dire par les cataplasmes, on prescrit le régime d'usage qui con- . siste dans la suppression du vin, du café, de la bièreet on institutue le régime végétarien, mais il faut recourir un peu plus tard aux scarifications ; les démangeaisons ont très rapidement - disparu à mesure que la lésion s’améliorait dans des proportions très notables. Nous évaluons à cinq ou six les séances de scarification que nous avons faites au niveau de chaque plaque eli- chénifiée, jusqu'à guérison complète.
Le malade n’a pas été revu.
OgsEervarION IT. — (Personnelle)
Eczéma facial infantile scarifié. — Erythrose paternelle
L'enfant X..., 8 mois, isréalite se présente à la polyclinique. : Il est atteint d’eczéma facial du front et des joues depuis l’âge x 3M
sale et postérieure principalement à la région malléolaire
ne ur
de deux mois; le début s ’est fait par le front, puis l'extension à |
été progressive et actuellement on lui trouve un peu d eczéma également à la face antérieure de la jambe. D
L'enfant est bien portant d’ailleurs, mais trés nerveux, très irritable. On lui fit une circoncision huit jours après la naissance, très mal, du reste ét les parents racontent qu’il faillit mourir ; on fit des pansements antiseptiques pendant plus de trois semaines. C’est done peu après que l'eczéma a débuté.
La mère est bien portante ; le père aussi est en bonne santé, il a 32 ans, il est chauve et séborrhéique au cuir chevelu: il est sobre, très vif, sans maladie nerveuse proprement dite. Mais il
présente de l’érythrose auriculo-faciale très notable, plus mar-
quée encore après les repas etayant diminué ces derniers temps.
Elle est encore très marquée le 16 décémbre 1898.
L'enfant est traité par les cataplasmes ‘et les scarifications. Début le 1er décembre 1898. Trois scarifications furent faites le 16 décembre ; amélioration alors notable, Le 19, l'enfant porte à la joue gauche deux ou trois éléments d’ecthyma exulcèré, on
‘ ne fait pas de scarification, l'enfant ne revient que le 23 ; nous constatons alors de l'ecthyma beaucoup plus abondant, en deux groupes principaux, l’un à la joue, autour des éléments initie, © aux, le deuxième à la région auriculo-zygomatique. Le front et le cuir chevelu sont, en outre, le siège de quelques éléments aberrants. R
: L'enfant est vorace, il vomit et l’on doit régler les tétées:
Mais l’eczéma va beaucoup mieux. :
Le 26, l'ecthyma, sous l'influence des cataplasmes et de “la: liqueur d’Alibour va très bien et ne présente plus de nouveaux éléments. L’eczéma est totalement disparu. L'enfant n’a pas encore une seule dent ; ilestnerveux et maigrit. On qi ordonne un bain froid très court, journalier.
Le 3 janvier, l’ecthyma est guéri.
Le 5, un certain nombre de vésicules eczémateuses se sont
D nee er — 39 — x T : :
développées au front et sur les joues, il existe peu dé rougeur. Les vésicules sont parfaitement isolées, à peine visibles et paraissent situées dans la couche profonde de la zône de Mal- * pighi. Les tétées ayant été réglées, il ne vomit plus, on lui fait couper les cheveux ras, il parait moins nerveux et plus vivace. ‘Traitement: cataplasmes. R Rep at “fénton nouvelle, puis cataplasmes.
Le 9 plus rien. :
L enfant a êté revu un mois après, complè èétement guéri,
OBSERVATION NL. | — (Personnelle).
Ecséma ifantite — ScCar ifié.
A mois nous est apporté! à la cousultation. Le père a une . auriculo faciale nette et cependant qui a diminué. Il yaune tendance À à l obésité. Dans son enfance il a eu l’eczéma “facial jusqu'à l'âge de 3 ans. Sa mère est tout à fait obèse ; un de sesfréresen estexzémateux. Lui-même a eu des Pons faciales d'œdème ortié et il est atteint de prurigo depuis 4ans, :
pénibles et entr ‘autres des crises nerveuses. La dernière gros-
ments incoërcibles durant lesquels ont dût nourrir cette femme - par des lavements alimentaires dans le rectum. Nous avions omis de dire qu’un autre enfant de 23 mois a eu trés longtemps disent des boutons sur tout le corps.
L'eczéma qui nous occupa, a débuté, il v à 6 mois, au moment
*: de l’éruption des deux premières dents qui sont restées solitai-
disent qu'il était jaune au moment de sa naissance. » Le ?8 avril, première scarification et cataplasmes. Le 31, il revient, la première scarification avait produit un
Le?) janvier, Ja poussée eczématique semble se calmer, seari-
La mère de l'enfant est très nerveuse. Elle à eu. des grossesses
=, TES présquejusqu'aujourd'hui. Il est très gros. Les parents nous.
sesse fut particulièrement pénible et compliquée de vomisse-
pe
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effet extraordinaire: ( la figure était revenue toute blanche » on ne lui fait pas de nouvelles scarifications. ë
Le 3 mai, l’ecyématisation s’est reproduite en partie ; elle est moindre qu'auparavant mais elle est encore cependant, très appréciable. Deuxième scarification.
Le 5, amélioratiou notable, troisième scarification. On fait couper les cheveux à l'enfant et on ordonne de savonner la tête au savon blanc et à l’eau chaude, on lui attache les bras. L’en fanta maigri un peu, mais pas suffisamment.
Le 10, le malade est pour ainsi dire guéri, car on ne voit plus autre chose qu’une rougeur très limitée et peu vive; on ne fait plus de scarifications. Le malade n’est plus revu.
OBsERvATION IV, — (Personnelle).
Ecséma de la‘ Face. — RCE
D... E.. 6 mois nous esl présentée à la. volyr clinique le 29 2
décembre 1898.
Le père tousse, il est nerveux et paraît être sobre, mère se porte bien ; a eu une grossesse heureuse, n’a pas eu d'autre enfant. Cette petite fille est née à terme, elle se porte bien, mais
elle ne va pas à la selle sans l’aide de cataplasmes ou de lave-
ments, ses matières sont dures, et de couleur jaune verdâtre, Le début de l’eczéma remonte à l’âge de 2 mois et demi. Actuellement, nous avons affaire à un eczéma de la tête et
des joues avec quelques placards isolés sur les bras. Des cata- plasmes sont appliqués depuis 15 jours, on fait une scarifica.
tion tout de suite, le 29 décembre. 12 j janvier, la scarification a
produit un médiocre résultat et va être renouvelée. Le 17, amé-
lioration notable, on recommence les scarifications. OBSERVATION (Publiée).
Il nous a paru intéressant de rapprocher de nos observations
ce M
nard et dont voici la reproduction in-extenso.
Elle est intéressante au point de vue de la dermite qui a sug-
géré à M. Jacquet, des réflexions qu’il a rédigées à la fin de ; l'observation et que nous répétons intégralement ; elle est intéressante au point de vue particulier du siège des séarifications > que l'on avait jamaistentées en cette région. Ceci, nous démontre qu’elles réussissent aussi bien qu'ailleurs et qu'on pourrait,
qu'on devrait, suivant M. Jacquet, les employer contre certains: ædèmes du gland et du prépuce ainsi que dans les affections
inflammatoires, FHaUes: rebelles de ces parties. e
OBSERVATION V. — Névrodermite de la verge guérie par les É je scarifications.
Ici, c’est le malade qui parle. |
Hérédité. Mon père est mort à 65 Por et autant qué je m' ets
souviens, de la phtisie.
Ma mère est morte d’épuisement au même âge.
“Un frère, plus jeune qué moi de trois ans est mort phtisique \
à 27 ans. * à PER
Un frère de père, plus ägé que moi de ireize ans, a eu, il y a one ans, une maladie nerveuse qui dura deux ans, sa tête était agitée et ne restait au repos qu autant qu'il la prenait à deux mains où qu ‘il se couchait. Après deux ans de piqures de morphine, il fut guéri, ne garda qu'une certaine faideur du 4 cou. ’ < \ -
Antécédents personnels. Je suis moi-même àgé de 46 ans. À onze ans, j'e ai fait une chute sur la tête qui entraina un évanouis- sement. Peu de temps après, j'ai été atteint d'une crise d'asthme et depuis lors, j'en ai eu chaque année deux ou trois sembla-
bles. À 17 ans elles disparaissent'et ne se sont pas reproduites.
En revanche, j'eus plus tard, mais sans que ie puisse fixer FE date, une véritable crise nerveuse.
ve
personnelles ; celle qui à été publiée par MM. Jacquet et Mes- /
PRE TRRRE SEAT JR ET VO
Vers l’âge de 26 ans, j'ai traversé des périodes de constipation
excessive.
Ma vie d’ailleurs était pénible et dure. Jetravaïllai beaucoup, d’abord comme répétiteur de lycée, puis comme maitre dans . diverses institutions de Paris. D'autre part, je m ’adonnai à
l’absinthe, deux à trois verres par jour pendant cinq à Six ans. En 1877, j'eus une nouvelle crise de nerf dans un café. À Ia suite, . plusieurs jours, je dus marcher tard dans la nuit et ne me coucher qu'épuisé pour me procurer un peu de sommeil. ;
Le souvenir de cette crise me hanta longtemps, Je cessai de
boire de l’absinthe et depuis 10 ans au moins, je n'en ai pas bu.
Je me mariai à 28 ans, j'étais alors anémique,
Un an après mon mariage, j'eus une crise terrible et généra-
lisée de rhumatismes qui me cloua au lit deux mois durant, depuis, ma santé alla constamment en s'améliorant. J'ai eu
trois enfants, une fille morte à 18 mois; un garçon assez mala-
dif et un derrier enfant comptant 7 ans, aujourd'hui et très
vigoureux. NE PA Je suis d'un tempérament sole Je ressens vivement une
offense ou un échec. J'ai ‘toujours travaillé sous l'empire d’irri-
tation successive. J'ai parfois, aux périodes énervement, des
accés de bile qui font: souvent. jusqu'aux vomissements.
: De 1882 à 1889, j'ai souffert d'une obésité que j'ai fait is
raître par eles exercices violents.
Ma maladie actuelle. — C’ést de 1893, au mifet de septém-
bre, que datent les premières manifestations. J'avais fait le sacrifice de mes vacances, et j'étais occupé à donner des leçons, environ 6 heures par jour. dans une famille, Je vivais alors depuis un mois et demi environ, d'une .vie à
laquelle je n'étais point fait. J'entends par là que j'étais forcé à
de longues vacances , à des tables copieusement servies, et que je me laissai aller à des abus de vues fines, de ligneurs, ete.
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Je remarquai alors (milieu de septembre) une tache rouge au méat. Je l'attribuai à un frottement de Ja chemise et me lavai à Peau boriquée. Le mal ne disparaissait pas, je vis des médecins. Tous opinérent pour une maladie herpétique et me soignèrent par des.pommades à l'oxyde de zing et au tanin.
L'un deux m ‘ordonna l’ichtyol, ajoutant que si l’ichty était
re inefficace, il faudrait en venir aux searifications. Un autre mé- -
decin, me conseilla avant les cautérisations, la poudre de id mel, qui eut raison du mal pour un temps.
Mais aux vacances de 1894, le mal enrayé quelque temps reparut et, depuis lors, persiste avec des phases diverses.
Dans les premiers mois de 1895. il augmenta et sembla pren dre à ce moment une nouvelle apparence qu’il conserva jusqu’à l’année dernière. Au lieu de se confiner aux bords du méat, une tache rouge apparait sur la bordure du gland, quelquefois, à sa surface même. La tâche s'étend un peu, puis elle se met comme en marche, se dirigeant sur le méat où elle vient se fondre. aq cinq tâches ont ainsi évolué.
y a un an, le fourreau a commencé à se prendre, s'irritant et s'avivant. Alors la poudre de calomel me parut augmenter le mal au lieu de le calmer comme autrefois. Je la mélange à l’amidon. Puis je remplace le mélange par la poudre d’alun.
La maladie ne fit que grogresser. Pendant les quatre premiè res années, le mal étant localisé au gland et au meat, n ’occa- … sionna jamais de véritables démangeaisons. Je n'éprouvai guère que de désagréables sensations de chaleur.
C’est seulement il y a dix mois quand le mal se fut étendu au fourreau que je ressentis les premières crises.
. À Ja suite d’un rapprochement sexuel où d'une pincée exercée pour calmer une cuisson légère, le prépuce se gonflait, une boursouflure se produisait comme après une brûlure. La peau éclatait souvent et devenait humide. Alors j'éprouvai une crise
de démangeaison, légère dans le jour, atroce la nuit, je l'apai-