SCARIFICATIONS DANS L'ECZÉMA AIGU ET CHRONIQUE UN
L’eczéma est une affection essentiellement polymorphe et variable dans ses symptômes. Une définition d'ensemble lui convient fort peu et, comme l’a dit Locke, il faudrait décrire d’abord, définir ensuite.
Mais il n'entre pas dans le plan de notre sujet d'en faire une étude complète ; cela nous entrainerait trop
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Néanmoins, nous essayerons de poser une définition qui sera incomplète, 1l est vrai, mais qui nous donnera tout de même un aperçu, si vague soit-il, de l’histoire de cette affection. | L'eczéma (effervescere, bouillonner) encore appelé dartre humide à cause du suintement qui se fait parfois à sa surface, est une maladie à marche souvent aigüe, mais le plus fréquemment chronique, qui s'accompagne
de prurit et se présente tantôt sous forme de papules, de
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vésicules, de pustules, irrégulières dans leur dissémination; tantôt enfin, sous forme de rougeur diffuse et d’une tuméfaction de la peau qui devient squameuse ou humide,
On considère des variétés érythémateuse, papuleuse, vésiculeuse et squameuse, etc.
On donne nom d’impetigo où d’'eczéma impétigineux à l’eczéma pustuleux lequel se recouvre de croûtes jaunes semblables à de la gomme. o
L'eczéma est dit de cause interne dans beaucoup de Cas. | Mais il est le plus souvent artificiel et reconnaît des causes externes ou irritantes. On peut même se rendre compte du degré de l'irritation produite par l'étendue et l'intensité des lésions eczémateuses. C’est ainsi qu’une irritation légère détermine une rougeur papuleuse; plus intense, elle donne lieu à des papules, puis à des vésicules qui s'ouvrent et produisent des squames par dessi-
cation de leur contenu liquide ;
Quand l'irritation est très intense, le suintement est :
très abondant et dure plus longtemps, mais les vésicules se transforment en pustules et donnent un écoulement séro-purulent, on a alors affaire à de l'impétigo.
L'eczéma est aigu ou chronique, nous décrirons des lésions anatomo-pathologiques propres à chacune deces formes et nous terminerons en montrant la traction des scarifications sur ces différentes dermites, microbiennes ou non.
Anatomie-pathologique. — Æc:éma aigu. —
On remarque de la congestion et une distension des
vaisseaux capillaires au niveau des papilles. Dans les cas plus prononcés, le derme est atteint, il
est æœdématié et, à sa superficie il y a diapédèse de cel-
lules migratrices. Les papilles sont, de ce fait, épaissies
et donnent lieu à une diapédèse de cellules dans le corps
muqueux. Les cellules épithéliales deviennent vésicu-
leuses et se détachent sous forme de squames et d’é-
— cailles, car elles ne sont plus adhérentes parce que l’ékéi-
dine n’est plus formée et partant la Kératinisation, a cessé de suivre son cours.
Si l'eczéma estalors suintant, les cellules cornées sont entrainées et, nese formant plus, elles mettent à nu le
corps muqueux, lui-même altéré. Mais quand l’eczéma
donne lieu à un écoulement abondant de liquide qui em-
pèse le linge, on peut voir les papilles avec leurs parois
vasculaires altérées, ramollies et dilatées, laissant passer
des globules sanguins, blancs et rouges ; le corps mu-
queux n'est plus constitué que par une rangée ou deux de cellules irrégulières, Par places, l'épiderme est complétement absent. Le derme est parfois le siège d’infilration œdémateuse et inflammatoire Jusque dans ses parties les plus profondes, qui confinent au tissu cellu-
laire.
Ecséma chronique. — Le tissu conjonctif des
papilles et du derme subit ordinairement des altéra-
tions durables qui consistent toujours dans l'hypertro-
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phie papillaire, la distension et l’épaississement des parois capillaires. À lœil nu, la peau paraît augmentée d'épaisseur et sa surface est verruqueuse, granuleuse. Les couches épidermiques se détachent en squames épaisses et grisàtres. L’eczéma des variqueux en est le type le plus accentué ; les lésions sont alors plus avancées en âge et la sclérose est réelle ; les tuniques vasculaires épaissies sont adhérentes au derme, au périoste dans les points qui ont été uleèrés. | Nous-connaissons maintenant les lésions essentielles de l’eczéma : nous pouvons, d’après ce qui précéde, déduire ce que feront les scarifications appliquées à cette affection. La première phase de l’eczéma aigu ou chronique est caractérisée par de la congestion et de la distension des capillaires, les parois vasculaires s’altèrent et s'épaississent, alors se déroulent successivement tous les symptômes que nous voyons si tenaces dans l'eczéma chronique, manifestations de lésions toujours plus prononcées et qui ne sont elles-mêmes que la résultante des premières altérations vasculaires des papilles. Combattre etannihiler tous ces phénomènes capillaires dans les papilles, telest le but que nous poursuivons et nous pourrons ainsi voir peu à peu rétrocéder et disparëître enfin l'épaississement cutané, les altérations du derme et de l’épiderme. En d’autres termes, nous chercherons à supprimer la cause, les lésions qui ont pour siège les vaisseaux papillaires et nous verrons disparaitre les effets, c’est-à-dire, l'eczéma sub-aigu et
chronique. Mais toutes choses égales d’ailleurs, la gué-
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rison complète définitive, Sera d'autant plus longue à survenir que les lésions seront elles-mêmes plus profondes et plus anciennes ; l'eczéma lichénoïde, puis leczéma chronique seront ceux dont la restitution ad integrum se fera le plus attendre. Il nous suffit donc de connaître les propriétés décongestives des scarifications linéaires, ee pour expliquer leur action bienfaisante dans l’eczéma ; | sans doute, le problème est beaucoup plus complexe, et les éléments microbiens et parasitairés sont troublés, par D
ce moyen dans leur habitat habituel quiest la cellule ex-
travasée constituante de l'exsudation inflammatoire, in- 5 tersticielle, mais le résultat est toujours le même et les : 3 Scarifications guérissent inévitablement l’eczéma. Toutes È variétés d’eczéma cèdent rapidement aux Scarifications E: bien conduites. Il est une question de pratique assez ù délicate, en tous cas, impossible à définir en théorie, c’est | celle qui à trait au renouvellement des scarifications. Etant donné l'indication de ces scarifications dans un cas donné d’eczéma, quand déciderons-nous de faire une 2°. une 3° séance et ainsidesuite et quelles seront les
raisons qui nous y détermineront ? C'est à la perspica-
cité du chirurgien qu'il appartient de répondre. D'une façon générale, l'effet produit par les scarifications se 2 prolonge pendant trois ou quatre jours et ce n'est qu’au bout de ce temps qu'on devra songer à de nouvelles scarifications quand il s'agira de cas rebelles où l’amélioration est peu sensible, et alors que le gouflement, la chaleur, ta cuisson, le prurit ne seront pas amenés à un
taux sensibiement moindre qu'avant l'intervention. :
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Mais tout d’abord, l’eczéma est une affection qui résiste peu et qui reconnait beaucoup de médications efficaces d’une application plus facile que les scarifications. Cette considération doit restreindre, a fortiori, les les indications de ces dernières. En effet, les cataplas-
mes, les pommades à l’oxyde de zinc ou autres,' et surtout les enveloppements caoutchoutés ne tardent pas. généralement à nous amener la guérison des eczèmas, sans égard pour leur variété. Pourtant, il est des eczémas rebelles, qui ont évolué vers la chronicité malgré l'application elle-même du masque de caoutchouc.
C'est dans ces conditions, que les scarifications se trouvent indiquées, mais il est avant tout une autre condition nécessaire sans laquelle. il faut renoncer à scarifier, c’est la limitation parfaitement restreinte de cet eczéma. Dans le cas contraire, l'enveloppe de caoutchouc réussirait davantage etaménerait la guérison plus rapidement tout en faisant moins souffrir le patient. Eczéma rebelle et bien limité, voilà qui doit présider à l'emploi de la méthode que nous préconisons ici.
Monsieur L. Jacquet a, le premier, employé les scaririfications d’une façon systématique dans l'eczéma. M. Brocq y a eu recours également dans bon nombre de cas, de sorte qu'il nous est impossible de dire lequel de ces deux maitres a inauguré le premier la méthode. Nous allons exposer brièvement les résultats obtenus par les scaritications et nous terminerons par l'exposé
de notre technique opératoire et de nos observations.