IV. TRAITEMENT
Etudions avec plus de détail quelles furent les modalités employées.
Dans les deux cas envisagés, l'application du salicylate de soude avait été faite au début par voie buccale exclusivement.
Or, si les manifestations articulaires s’atténuaient rapidement, sous l’action du médicament, il n’en était pas de même des manifestations cardiaques qui se développaient peu à peu, malgré la prise quotidienne de salicylate per os donnant à la maladie son caractère de gravité. |
On utilisa, alors, la voie endoveineuse, en raison de
deux injections par jour de r gramme de salicylate chacune. La préparation employée était une solution de salicylate en milieu glycosé à 10% (préparation courante).
Au cours du traitement, on essaya de réduire la dose quotidienne par voie endoveineuse, à un gramme. On assista alors à une légère poussée thermique. Elle ne fut jugulée que par la reprise de deux injections par oUL::
Ii semble donc que la dose de deux grammes par jour représentait un optimum dans les deux cas présents.
Il est remarquable de noter qu’on ait pu pratiquer
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chez une fillette de huit ans 129 injections de salicy- 5
late de soude en 75 jours consécutifs, sans sclérose veineuse.
En aucun cas on eut à Haute une intolérance quel-
conque au médicament ou des accidents d’intoxica-
tion, bien que 1° application fut faite de façon continue, ‘accidents qui, au moins en ce qui concerne l” intolérance, se produisent avec une fréquence très grande lorsque la voie buccale est employée ; l'estomac ne pouvant
supporter des doses massives de médicament sans réa-
gir par des nausées, suivies bientôt de vomissements, qui bien que n'ayant pas la gravité d’une intoxication
véritable, n’en gênent pas moins la cure et Se en |
même à son abandon.
Point capital, sur lequel l’attention doit être attirée, c’est que pour arriver-à un bon résultat, la cure doit être prolongée. Il ne s’agit pas en effet de faire quelques injections et de s'arrêter en escomptant la guérison. Cela conduirait a un échec certain.
Le traitement doit être poursuivi si l’on veut aboutir à la disparition des troubles cardiaques.
Dans les deux cas qui nous intéressent les injections furent prolongées dans le premier pendant 43 jours, dans le deuxième pendant 75 jours.
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De l'examen des observations que nous avons présentées, en se basant sur des faits cliniques indiscutables, en se bornant comme nous nous l’étions pro-
A posé aux cardiopathies, il apparaît que la médication salicylée par voie endoveineuse en cure suffisam-
ment prolongée (plusieurs mois) doit être appliquée
à tous ces malades, tout au moins tant que la lésion
conserve un caractère d’évolutivité.
Point n’est besoin d'utiliser de hautes doses, puisque on l’a vu, deux grammes injectés journellement ont abouti à un résultat certain chez les deux sujets,
l'un âgé de vingt ans, l’autre de huit ans.
Trois règles inséparables doivent guider la conduite du traitement car ce sont elles qui constituent les conditions indispensables au succès de cette médication.
Ce sont :
— l'administration par voie endoveineuse, — la cure prolongée, — J’emploi de doses moyennement fortes.
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