INTRODUCTION
Le terme d’ÉPIPHORA (ét gooé) — affluence, flux d’humeurs) exprime le fait du larmoiement par débordement, par hypoexcrélion que l’on peut opposer au larmoiement par hypersécrétion.
Ce trouble s’observe dans différentes affections, mais la cause directe en est l’éversement au dehors du bord libre de la paupière inférieure. Cet ectropion peut s’observer dans la sénilité, au cours des blépharoconjonctivites chroniques, d’une obstruction des voies lacrymales, à la suite de rétractions cicatricielles cutanées, mais également au cours de la paralysie faciale et c’est l’Epiphora consécutif à l’ectropion déterminé par la paralysie de l’orbiculaire et du muscle de Horner que nous aurons en vue et dont nous étudierons le traitement.
Cette paralysie de l’orbiculaire, rare, on le sait, dans la‘ paralysie de la 7° paire d’origine centrale non pas surtout en raison des centres et des voies spéciaux au facial supérieur et à l’inférieur, mais plutôt parce que dans toute hémiplégie les muscles qui sont doués de mouvements associés conservent quelque activité ; cette
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paralysie donc est surtout le fait de l’atteinte du facial dans sa portion périphérique.
Des causes multiples peuvent amener cette atteinte du nerf, et sont extrêmement importantes à considérer au point de vue du traitement. Il est de toute évidence qu’il devra être différent suivant que le nerf est complètement détruit en un point, soit par section opératoire, soit par contact prolongé avec le pus d’une olite chronique ou qu'il est susceptible de se régénérer dans des paralysies « a frigore » ou consécutives à des infections ou à des intoxications générales.
Jusqu'ici, on obtenait peu de résultats par lélectrisation simple. Actuellement la méthode proposée par le D' BourGuiaNoN consistant en Ionisation d'Iode par un procédé spécial permellant aux ions iode d’atieindre sûrement le nerf donne comme il l’a montré d'excellents résultats. En effet, d'après ses observations on voit rétrocéder des paralysies où la R. D. était totale avec atteinte profonde de tous les muscles du domaine facial eten particulier de l’orbiculaire des paupières et du muscle de Horner.
Dans les paralysies plus graves, irréductibles par ce premier procédé, nous en serons amené à intervenir chirurgicalement sur la paupière ou les voies lacrymales pour supprimer une infirmité non seulement gênante mais pouvant avoir de graves conséquences puisque ces larmes slagnantes s’infectent à la longue et F risquent de provoquer un ulcère de la cornée.
L'intervention indiquée ici sera le décalage externe de la paupière inférieure et c’est au D' CANTONNET que
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nous devons la méthode actuelle de ce traitement, méthode présentant des avantages extrêmement appréciables sur ceux existant jusqu'ici.
Enfin dans un vieil ectropion paralytique, chez un malade ayant trop attendu à se faire soigner, il pourra se produire une oblitération des voies lacrymales et même à la longue une dilatation du sac et son infection.
Donc chez un malade dont le larmoiement persiste après le décalage externe de la paupière inférieure on s’assurera tout d’abord qu'il ne s’agit pas d’un simple obstacle siégeant au niveau de l’orifice supérieur du canal lacrymal en injectant un peu d’eau bouillie par ce point.
Si l'injection ne passe pas nous serons autorisé à faire un sondage doux et lent et parfois nous pourrons vaincre certains rétrécissements peu marqués et rétablir la perméabilité des voies lacrymales.
Mais si lobstacle persiste et si le larmoiement se reproduit, devrons-nous continuer indéfiniment les sondages et obliger les patients à subir pendant des mois et des années ce cathétérisme.
La longue expérience du D'CANTONNET en cette matière lui fait repousser cette méthode à son avis mauvaise. Il la remplace par plusieurs procédés.
Tout d’abord il s’assure de l'état du sac, et le procédé de choix lorsque le sac est indemne est d’aller à la source des larmes et de s’attaquer à la glande lacrymale dans sa portion palpébrale ct de l'extirper. Si le sac est distendu ou infecté, il en fait l’ablation.
Enfin si le sac est malade et le larmoiement marqué
ou
on fera le « complet lacrymal », c’est-à-dire l’enlèvement des deux organes.
En résumé au cours des paralysies faciales périphériques plusieurs traitements peuvent être mis en œuvre suivant le degré de la légion :
lonisation d’iode par le procédé du D' BOURGUIGNON ;
Décalage externe de la paupière inférieure ;
Ablation de la glande lacrymale palpébrale ;
Complet lacrymal, suivant les procédés du D° Can- TONNET.
Nous étudierons donc ces diverses méthodes en nous efforçant de montrer les avantages incontestables qu’elles présentent pour le malade.
L'IONISATION D'IODE
Le D' BourGuIGNoN a bien voulu nous documenter sur la méthode qu’il applique avec succès dû aux modifications apportées par lui dans l’électrisation du nerf facial.
Le Dr CaANTONNET, à la suite de recherches faites en commun avec le D' BourGUIGNON et sur son conseil, a également appliqué de nombreuses fois l'ionisation d’iode et Mlle Jocrrois en a fait une étude approfondie dans sa thèse.
Jusqu'ici dans le traitement classique de la paralysie faciale par le courant continu, on appliquait deux électrodes imbibées d’eau pure, l’une sur la nuque, Pautre sur la face, en respectant grâce à des échancrures l'œil et l'oreille.
Dans ces conditions la plus grande part du courant passe par les muscles et les tissus sous-cutanés sans traverser les os qui sont infiniment plus résistants que les muscles et les vaisseaux, de sorte que les origines du nerf dans le crâne et son trajet intra-osseux échappent à peu près complètement à l’action du courant.
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M. Bourguignon se basant, d’une part, sur la constatation des heureux résultats obtenus dans le traitement des paralysies oculaires d’origine centrale et d’autre part sur les propriétés résolutives de l’iode introduit. par ionisation, a eu l’idée d'apporter les modifications suivantes à la galvanisation simple :
Action du courant sur tout le nerf, aussi bien extra que intra-cranien et intra-pétreux.
Apport par ce même courant d’iode.
Il réalise ainsi l’IONISATION D’IODE.
Historique
L'origine de ce procédé est relativement ancienne, peu de temps après la découverte de lélectricité les cher- cheurs avaient déjà le souci d'utiliser le courant électrique pour faire pénétrer les médicaments dans l’organisme. ;
C’est tout d’abord au début du xrxe siècle, Rossi, puis Faraday qui font les premiers essais avec le mercure. Nous voyons ensuite FABRE-PALAPRAT, introduire de l’iode dans l’organisme.
La série des recherches continue avec Kleinke, Hassenstein, Richardson, Remak et bon nombre d’autres auteurs,
En 1900, Stéphane Leduc reprend la question aidé par les nouvelles théories sur la constitution des solutions (Théories des Ions) et démontre par une série d’expérience sur les animaux que les substances médicamenteuses sont réellement introduites par le courant.
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Il donne à cette thérapeutique le nom d°’ « 10NISA- TION >».
Depuis, les tentatives se multiplient.
La méthode est employée à la destruction des tissus fibreux, des cicatrices cutanées ou des tissus profonds.
En mars 1913, Georges Ronneaux fait à la Société d’Electrothérapie une communication sur le traitement des cicatrices cutanées et sous-cutanées par la galvanisation négative ».
A la même séance, G. BoURGUIGNON apporte une observation de libération d'une cicatrice adhérenté consécutive à l’incision d’un panari profond par l’électrode négative imbibée d’une solution d’iodure de potassium à 1 0/0.
Pendant la guerre au centre Neurologique de la X° région, après quelques essais favorables de MM. G. Bourguignon et A. Lévis, MM. Maurire Cmiray et G. BourGur- GNoN ont appliqué sur une vaste échelle, l’ionisation au traitement des cicatrices des blessures. Le D' Lucas étudie tous ces faits dans sa thèse.
M. BourGUIGNON, continuant l'étude de ce procédé, a songé à l’utiliser pour le traitement de certaines paralysies et particulièrement de la paralysie faciale.
Dans la paralysie «Ca frigore » se basant sur le fait que le nerf est emprisonné et comprimé dans son canal osseux par une muqueuse hypertrophiée et sclérosée, il pense à juste titre que l’action résolutive des ions iode peut être utilisée et l'essai de la méthode confirme parfaitement les données théoriques. Les observations qu’il a bien voulu nous communiquer sont démonstratives.
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Action physiologique de l’iode introduit par ionisation
Avant d'étudier la technique de lionisation d’iode, il est utile de savoir comment il se comporte dans l’organisme lorsqu'il y est introduit par ce procédé. Nous envisagerons rapidement les expériences qui ont été faites à ce sujet, elles nous permettront d'employer la meilleure technique.
La question a été fort peu étudiée jusqu'ici et seules les expériences de MM. BourGUIGNON et CONDUCHE y apportent une lumière nouvelle.
Antérieurement à ces auteurs on retrouve seulement les recherches de Stéphane Lepuc et de ses élèves « sur l'élimination de l’iode et sur le dosage de la quantité introduite par électrolyse ».
Ces travaux sont condensés dans la thèse de Brillouet.
De ces expériences on peut conclure :
1° L’iode est bien introduit dans l'organisme par l’ionisation puisqu'on peut le retrouver dans les urines.
2° L’élimination de cet iode se fait par alternatives au niveau des urines et de la salive, disparaît des urines au bout de 68 heures environ tandis qu’elle ne disparaît de la salive qu'après 95 heures.
Expériences de G. Bourguignon et Conduché
Ces auteurs reprenant les expériences ont cherché à déterminer le mode d'élimination de l’iode pendant une série de séances.