‹ Traitement de l'Érysipèle par le Chlorhydrate de Sulfamido ChrysoïdineChapitre 10 sur 33 · ÉTUDE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

ÉTUDE EXPÉRIMENTALE

L'étude expérimentale du chlorhydrate de 4-sulfamido-2-4-diamino-azobenzène a été faite tout d’abord par Domacx. Les conclusions de ses expériences sont les suivantes :

« Le produit n’est pas toxique. C’est ainsi que l’on peut en administrer per os par kilo d’animal, sans déterminer d'accidents :

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Des doses plus fortes provoquent des vomissements.

Par voie sous-cutanée, on peut injecter à la souris de 20 gr. 2 ce. de la solution à 0,25 %. A l’état de suspension, on peut aussi injecter le produit à 4 % dans 1 ou 2 cc. sous la peau de ce même animal sans observer de nécrose et sans que survienne une réaction générale.

Le lapin supporte par voie sous-cutanée et intraveineuse, par kg. au moins 10 cc. de la solution à

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0,25 %. On peut aussi lui administrer pendant au moins 45 jours : 0 gr. 1-0 gr. 2 pro die et per os sans. que se produise une modification de la formule sanguine ou une lésion rénale. Le colorant azoïque est éliminé en parte par l’urine à laquelle :1l donne une demi-heure après l’administration per os, une coloration rouge ou jaune rouge.

Son administration ne provoque pas l'apparition dans l’urine de cylindres, d’albumine ni de globules rouges ou blancs ; le poids des animaux ne change pas, l’état général reste satisfaisant.

Injecté par voie intraveineuse à la dose de 10 mg. par kg. chez le chat et le lapin, 1l n’agit n1 sur la pression sanguine, mi sur le fonctionnement du cœur.

În vitro ou isolés, les muscles lisses de l'utérus, du gros intestin et de l’intestin grêle ne réagissent pas au dérivé de la chrysoïdine qui n’influence pas la fonction physiologique des organes digestifs ou génitaux.

L’injection intraveineuse ne détermine ni thrombose, ni aucune altération des vaisseaux.

Chimiothérapeutiquement, le colorant azoïque a une action élective sur la septicémie streptococcique de la souris.

Le streptocoque utilisé par Domacx a été cultivé sur bouillon d'œuf. Il a employé des dilutions de 171.000, 1 /5.000, 1 /10.000 et 1 /100.000 d’une culture de 24 heures. Par administration intrapéritonéale, 0 ce. 3 de la dilution à 1 /10.000 suffisent généralement

qu

pour tuer les souris au cours des 24 heures suivant l’injection.

Dowacx a injecté aux animaux une dose 10 fois mortelle. Aussi tous les témoins infectés et non traités sont morts de septicémie dans un délai oscillant entre 24 heures et 48 heures. En autopsiant les animaux on trouve des colonies de streptocoques hémolytiques dans le sang reuceilli dans les ventricules cardiaques et également dans presque tous les organes.

Pour le traitement sous-cutané et buccal des souris infectées, Domacx a utilisé la matière colorante en solution à 0,5 % dans l’eau.

Administrant cette matière par voie buccale, il a employé une suspension qui comporte À à 4 % de substance active. En général, des doses s’échelonnant du 10€ au 50€ des doses de tolérance ont déterminé une action favorable.

Si l’on continue à traiter avec les mêmes quantités les animaux 3 à 5 Jours après que le streptocoque leur a été injecté, on obtient chez la plupart de ceux-ci une guérison définitive.

Parfois, ces mêmes résultats furent obtenus au 1 /100€ et même au 1 /500€ de la dose de tolérance, surtout lorsque l'infection n’affectait pas un caractère nettement aigu, c’est-à-dire dans les cas où les témoins moururent dans un délai excédant 24- 48 heures.

Le meilleur procédé permettant de préciser l’action du colorant azoïque, consiste à opérer des pré-

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lèvements sur le liquide contenu dans la cavité abdominale des animaux infectés. Sur les sujets non traités on constate une teneur énorme en cocci, 24 heures après l'infection. En outre, on trouve de nombreux leucocytes fortement détériorés et des monocytes. Chez les animaux traités, au contraire, on trouve 24 heures après l’imfection intrapéritonéale encore quelques leucocytes à côté des monocytes agrandis, mais pas de cocci, même intracellulaires ; 48 heures après l'infection, on trouve chez ces animaux surtout des lymphocytes et quelques grands monocytes dans les vacuoles correspondant aux processus phagocytaires dont ils ont été Le siège.

Si l’on étudie les organes des témoins non traités on trouve dans le foie, rate, reins, cœur et de nombreux autres organes les signes typiques de l’infection générale grave.

Les bactéries se sont installées dans les endothélums agrandis du foie et de la rate, dans les glomérules du rein, dans le muscle du cœur ainsi que dans la pulpe de la rate, on trouve des infiltrations leucocytaires.

Chez les animaux traités avec succès par le dérivé de la chrysoïdine on ne décèle aucune de ces modifications d'ordre pathologique si le traitement a été établi à doses suffisantes et dans le délai voulu.

En intervenant tardivement on empêche la progression de la dégradation tissulaire de progresser, Si les expériences sont reproduites avec du streptocoque provenant d’érysipélateux, on obtient des

eines

résultats identiques à ceux qu’on a constatés avec les cultures pures dont il a été, d’autre part, fait emploi. De la même manière réagissent les souris qui ont été infectées avec d’autres cultures de streptocoques isolés, par exemple, à partir de l’érysipèle.

On a également obtenu une réaction remarquable contre l’infection streptococcique chronique du lapin, infection caractérisée par du gonflement des articulations et même de l’endocardite. Mais l’on a dû pour : cela avoir recours à des doses élevées. On a ainsi administré par voie buccale 10 à 50 cg. par kg. d'animal. Des sujets fortement amaigris dont les articulations étaient gonflées et même suppurantes retrouvent leur vivacité, tandis que l’enflure régresse ; l’on assiste en même temps à une reprise considérable du poids. »

C. Levapiri et A. Varsman ont repris les travaux de Domacx pour en vérifier le bien-fondé.

Ils administrent à la souris, per os, le chlorhydrate de sulfamido-chrysoïdine, à la dose unique de 0 gr. 005 (pour une souris de 20 gr). Tandis que les témoins, infectés par voie intrapéritonéale avec 0 em° 3 d’une culture en bouillon de la souche de streptocoque hémolytique M (collection de M. Lecroux) succombaient en 24 à 30 heures, la souris a une survie de six jours. Si on injecte une seule fois, la même dose du médicament par voie sous-cutanée, on réalise une survie variant de 10 à 17 jours. Si on a soin de répéter les injections, les animaux vivent de 8 à 20 jours ou indéfiniment.

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« Enfin, disent Levapirr et Vaisman, l’activité curative se maniieste si l'injection médicamenteuse est effectuée 8 heures après l’inoculation infectante intrapéritonéalé. »

Le chlorhydrate de sulfamino-chrysoïdine administré préventivement par ces mêmes auteurs se montre actif si les animaux sont contaminés aux maximum 48 heures après le traitement préventif.

On s’est efforcé de mettre en évidence le mécanisme d'action d’un tel médicament. On en est réduit, comme pour la plupart des corps employés en ehimiothérapie, à des hypothèses. « On ignore encore, écrit Domacx, si le dérivé de la chrysoïdine agit dans les tissus directement ou indirectement sur le germe. Fait remarquable, il ne montre pas d’action spéciale in viro ni sur le streptocoque, ni sur le staphylocoque. Comme tout agent chimiothérapique, 1l agit seulement dans l’organisme vivant ».

C'est aussi Pavis de Scaranz qui fit l'expérience suivante : |

Il fut injecté à des adultes sains 20 ce. de colorant azoïque et 15, 30, 45 minutes après, on fit une prise de sang. Après avoir vérifié que ces prélèvements étaient stériles, on les ensemença avec du streptocoque, En même temps le chlorhydrate de sulfaminochrysoïdine fut dilué avee du bouillon ; on ensemengça avec le même coccus une solution au 1 /1.000€ de colorant azoïque.

Dans un cas comme dans l’autre la croissance des bactéries ne fut empêchée. « Il faut déduire de ces

Eve

expériences, conclut ScHrAnz, que l’action du médicament sur les agents de la maladie n’a pas lieu directement, mais à coup sûr par lintermédiaire du système réticulo-endothélial. »

LEvaprri arrive aux mêmes conclusions d'autant qu’il a constaté que chez des souris traitées, guéries en apparence et sacrifiées au bout de quelques jours, certains organes (foie, rate) et le sang fournissaient encore des cultures de streptocoques — et que dans les cellules de Kupffer on pouvait déceler facilement des coccus en chaînettes. Pour Levaprri, le chlorhydrate de sulfamido-chrysoïdine agit par l’intermédiaire de l’organisme, en exagérant les moyens défenssifs, en particulier la phagocytose. Et il émet l’hypothèse suivante : « On sait, dit-il, Le rôle important de l’encapsultation dans la virulence des bactéries en général et des streptocoques, en particulier, la capsule rendant le germe inapte à être phagocyté. Il se peut donc que le dérivé azoïque agisse thérapeutiquement en empêchant la capsulation, en facilitant la phagocytose et en aidant l’organisme à se dé-

fendre. »

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