‹ Traitement de l'Érysipèle par le Chlorhydrate de Sulfamido ChrysoïdineChapitre 12 sur 33 · TRAITEMENT DE L’ÉRYSIPÈLE DE LA FACE CHEZ L’ADULTE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L’ÉRYSIPÈLE DE LA FACE CHEZ L’ADULTE

Classiquement, l’érysipèle de l'adulte débute après une incubation de 3 à 7 jours par un frisson intense ou de petits frissonnements s’accompagnant de malaise, de nausées ou de vomissements.

La fièvre est déjà élevée et 1l existe une sensation de tension douloureuse au niveau de la région qui va être atteinte. On pourrait mettre en évidence à ce moment une adénopathie sous-maxillaire ou prétragienne douloureuse prééruptive. Souvent, durant cette période prémonitoire, 1l existe une angine rouge ou un coryza.

La plaque érysipélateuse apparaît près d’un des orifices naturels de la face, sous forme d’une petite tuméfaction luisante et rouge. Elle s’étend rapidement de telle sorte qu’en 12 à 24 heures la plaque est en pleine efflorecence.

Cette plaque est douloureuse spontanément et à la pression. Sa couleur, plus marquée à la périphérie qu’au centre peut aller du rosé au rouge vineux en

ms

passant par le rouge vif. La peau est sèche, lisse, luisante, un peu grenue, chagrinée, quelquefois recouverte de phlyctènes. Elle est chaude au toucher. La plaque érysipélateuse, indurée, surélevée, limitée par un bourrelet, donne au visage un aspect hideux : les yeux sont cachés sous les paupières gonflées, luisantes, tendues, très œdématiées. Le nez et les joues sont tuméfiés. La lèvre supérieure proéminente et boursouflée, les oreilles rouges, luisantes, très douloureuses sont déjetées en dehors et en avant.

Les signes généraux sont constants et intenses. La fièvre qui, le premier jour, a atteint 39° dessine un plateau aux environs de 400 avec faible rémission matinale. Le pouls, parallèle à la température, est à 120. Le malade est anorexique, sa langue est saburrale ; ses urines sont rares, foncées, souvent albumineuses. +

Ces signes durent ainsi jusqu’au cinquième ou septième jour de la maladie. À ce moment, la température redevient normale, parfois brusquemnt, en une nuit. Rarement, la défervescence se fait en lysis : le plus souvent, la terminaison est caractérisée par une série d’oscillations très marquées. Le pouls se ralentit parallèlement et fréquemment survient une crise urinaire comparable à celle de la pneumonie.

Quelques heures après la chute de température, la plaque pâlit. La tuméfaction diminue, le bourrelet s’efface, puis l’épiderme se fendille, la desquamation apparaît au centre de la plaque, d’abord fine et furfuracée, puis par petites squames. La peau reste

souvent rouge pendant longtemps, mais il n’y a jamais de cicatrice, sauf complications.

En moyenne, la maladie a duré 7 à 10 jours chez l'adulte. Mais rien n’est plus variable que la durée d’un érysipèle. Rocer qui a observé 1.697 cas d’érysipèle donne la statistique suivante sur la durée de cette affection :

2 jours 20 cas SORT e 3 à 6 jours 618 cas 36 % 7 à 10 jours 663 cas SOUS 11 à 14 jours 274 cas TOUS 15-à 25 jours JAN TEE 6 % 26 et au delà 23 cas 10%

Cette affection bénigne dans la majorité des cas a pourtant une mortalité qui est loin d’être négligeable.

Si la statistique de TroussEaAu qui porte sur 57 cas d’érysipèle ne comporte qu’un mort, la mortalité d’après Rocer est plus élevée normalement : selon lui, entre 2 et 30 ans, la mortalité ne dépasse pas 1 %,; —de 30 à 50 ans, elle se maintient chez la . femme dans la même limite, tandis que chez l’homm : elle monte à 7 %. De 50 à 60 ans, la mortalité est à péu près la même dans les 2 sexes et reste aux environs de 7 %.

Les causes d’aggravation sont d’après Rocer, d’abord les cardiopathies, (Sur 53 observations, 4 morts) puis, les affections du foie (sur 2.296 adultes, 10 sont morts par suite d’une affection antérieure du foie alors que la mortalité globale a été de 109. La proportion est de 10 %.) et accessoirement : le rein.

A l'Hôpital Claude Bernard, dans le service de notre Maître, M. le Professeur LEMIERRE, sur 208 érysipélateux hospitalisés dans un pavillon durant l'année 1934, 1 y eut 26 morts — soit un pourcentage de 5 %.

Les causes de mort dans cette statistique sont différentes de celles de Roger : s'il est vrai que les lésions hépatiques ont une importance, ce sont surtout les tares rénales qui ont été, en l'espèce, un facteur eapital d'aggravation. — Enfin, comme troisième ordre de compheations mortelles de l'érysipèle chez les sujets jeunes non tarés : la septicémie streptocoecique. |

De toutes les infections, l'érysipèle est celle où l'on observe le plus souvent des rechutes. Celles-ei se produisent dans 7 % des cas environ (Ro&sa).

Enfin, même guéri, l'érysipèle est susceptible de récidives.

Une médication vraiment spécifique devra done viser 3 objectifs :

19 réduire l'évolution de l'affeetion :

20 rendre la maladie bénigne, d'une façon continue:

30 empècher les récidives.

L'exposé des cas cliniques rapportés par les auteurs allemands d'une part, et la eritique de l'expérimentation faite dans le service de Clinique des Maladies Infectieuses vont permettre de voir si le chlorhydrate de sulfamino-chrysoïdine répond à ces desiderata.

C'est au début de l’année 1935, à la suite des tra-

vaux expérimentaux de Dowsace, que Scnneus, Cuers, Kise Et Rossern entreprenaien1 Vétude dinique du chlorhydrate de sulfamino-chrysoïidine,

Nous laisserons de côté, pour le moment, les résul- : tats de Gwueris qui concernent Vérysipele de l’âge infantile.

Scareus ne donne, dans son article, qu’une idée très générale des résultats qu'il a obtenus dans Je traitement de Y'érysipéle de l'adulte avec le colorant a79ique.

« Depuis que nous avons appliqué le dérivé de la « chrysoïdine à cette maladie, écrit-il, nous avons « observé un revirement net. Grâce à ce traitement « inéthodiquement et rationnellement utilisé, aucun « cas d'érysipéle n’a résisté à notre thérapeutique... « Parmi nos observations, nous citerons la sui- « vante :

« Début brusque d’érysipéle : la face est rouge et œdématiée, envahissement du cuir chevelu, Pendant 10 jours, la fievre à oscillé entre 3% et 4P, elle revêt ensuite un caractère nettement septicémique provoquant torpeur et délire, On note de Vœdème des paupières supérieures, mais il n’y à pas de signes certains de méningite. Dès son entrée, le malade reçoit 1 gr. de colorant azoïque per 05, le lendemain, il en absorbe 3 gr, — 24 heures après le début du traitement, la température était redevenue normale et Vérysipéle a guéri trés rapidement. » z-

Kier «t Rozmer ont essayé le colorant azoïque

Huguenin 3

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