‹ Traitement de l'Érysipèle par le Chlorhydrate de Sulfamido ChrysoïdineChapitre 13 sur 33 · RS KM K À · texte numérisé non relu

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dans toutes les maladies streptococciques. Dans leur article, ils écrivent seulement : « Le chlorhydrate de chrysoïdine détermine aussi dans l’érysipèle une rapide apyrexie. »

Au début du mois de mai 1935, notre Maître, M. le Professeur LemiERRE a entrepris à l'Hôpital Claude Bernard l’étude du chlorhydrate de sulfamino-chrysoïdine. Depuis cette date, soit donc en 4 mois et demi, 142 érysipélateux ont été traités par ce produit per os.

Nous étudierons d’abord les résultats obtenus dans le traitement de l’érysipèle de la face chez l’adulte.

Parmi les 142 malades atteints d’érysipèles de la face et ayant reçu du colorant azoïque, certains avaient déjà présenté antérieurement un érysipèle. D’autres, atteints pour la première fois de cette affection avaient une température avoisinant la normale, ou n’atteignant pas 380.

De parti pris, pour que cette étude d’une nouvelle médication ait vraiment une valeur, nous éliminons 30 observations d’érysipélateux non fébriles, et 25 observations de malades ayant auparavant présenté un érysipèle.

Ces 25 dernières observations de malades ayant reçu du chlorhydrate de sulfamino-chrysoïdine ont pu être confrontées avec 8 observations de malades présentant une récidive d’érysipèle à la même époque. Alors que la chute de la température chez les malades traités survenait-en moyenne vers le cinquième jour de l'affection, chez les malades non traités, la tempé-

rature ne devenait normale que vers le septième jour, dans la majorité des cas.

De cette statistique, nous éliminons également 12 cas d’érysipélateux traités tardivement, c’està-dire n'ayant reçu du colorant azoïque que vers le cinquième ou sixième jour de leur maladie:

Ïl reste donc à exposer et à critiquer les quarantesix cas d’érvsipèle de la face chez l'adulte, traités par le chlorhydrate de chrysoïdine.

Axbitrairement, nous avons séparé en deux groupes ces quarante six cas. Dans un premier groupe, nous classens les érysipélateux entrés à l'hôpital le 3€ jour de leur maladie, ordinairement, et dont la température redevient normale au 5€ jour. Le second groupe comprend les malades admis le 22 jour de leur affection et dont la défervescence se produit le 4€ jour.

Voici la première série d’observations.

OBSERVATION I. — T. Lucienne, 26 ans, sans profession, est admise à l’hôpital Claude Bernard, le 2 septembre 1935 pour un érysipèle de la face au 3° jour, envoyée de l’Hôpital Lariboisière.

Elle était, en eflet, hospitalisée depuis le 16 août à la suite de brûlures par essence enflammée. L'évolution des brûlures s’est très rapidement faite vers la guérison. Mais depuis 5 jours, au dire de la malade, soit depuis le 28 août, il s’est produit une ascension thermique à 409 en même temps qu’elle était prise de douleurs dans l’oreille droite et de céphalalgie.

Le 3! août, la malade constate une petite plaque rouge sur l’oreille droite. Cette plaque s’étend bientôt à toute la face, si bien que le jour de son entrée à l’hôpital, la plaque

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érysipélateuse occupe les deux joues symétriquement, le front, les paupières qui sont œdématiées et qui empêchent l'ouverture de l’œil, le nez qui est rouge et tuméfé. Le cuir chevelu et le menton sont épargnés. Par contre, la plaque s'étend en arrière, jusqu’au bord postérieur de la branche montante du maxillaire inférieur. Le lobule des deux oreilles est œdématié, empâté. La plaque est d’un rouge vineux, elle est tendue, provoquant une sensation de cuisson très caractéristique.

La palpation est douloureuse, elle montre que la plaque est limitée à la périphérie par un bourrelet qui la sépare des tissus voisins.

Sur la joue gauche, on constate une vésicule contenant un liquide citrin.

La température vespérale, à son entrée, est à 4002. Le pouls à 130. La tension artérielle à 10,8 au Vaquez. Le foie n’est pas hypertrophié, la rate non palpable. Les bruits du cœur sont réguliers. L'examen du système nerveux et des yeux est négatif.

Il n'existe dans l’urine que de l’urobiline. Rien à noter dans les antécédents.

La malade reçoit 8 comprimés de 0 gr. 25 de chlorhydrate de sulfamido-chrysoïdine.

Le 3 septembre. Température : matin, 3808, soir 3703.

Volume des urines : 500 ce. — Urines de coloration rouge acajou.

Localement, la plaque est aussi nette que la veille, mais elle n’est plus douloureuse spontanément. Elle est encore rouge et se différencie nettement des tissus voisins non envahis. Elle est toujours chaude, mais moins tendue.

Les paupières droites sont encore un peu envahies, fermant l'œil à demi, mais beaucoup moins que la veille.

our les lèvres, et principalement à droite, se voient des

croûtelles noirâtres, survenues à la suite de rupture de petites vésicules.

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La malade reçoit encore 8 comprimés de 0,25 de chlorhydrate de sulfamido-chrysoïdine, soit : 2 gr. du produit.

— Le 4 septembre. — Température : Matin : 370. Soir :

Pouls : 76.

Volume des urines : 750 ce. — urines acajou.

La malade se sent beaucoup mieux. Elle a pu reposer cette nuit. L’état de la plaque s’améliore. La couleur à changé : elle est rose. Le bourrelet a disparu. L’infiltration qu'on sentait si nettement les jours précédents disparaît en partie. Les yeux ne sont plus tuméfiés et peuvent s’ouvrir largement.

La malade absorbe 2 grammes de chlorhydrate de chrysoïdine.

Le 5 septembre. — Température : matin : 3606, soir : 3608.

Pouls : 72.

Volume des urines : 500 ec.

L'amélioration s’accentue. La plaque, toujours rose présente sur la joue gauche une croûtelle noirâtre témoin de la vésicule qui y siégeait le premier jour. La peau est à peine chaude, peu douloureuse, sauf à l’oreille.

La malade reçoit 8 comprimés de 0,25 de chlorhydrate de chrysoïdine.

Le 6 septembre. — Température : matin : 3606, soir : 3608.

Pouls : 72.

Volume des urines (rouge acajou) : 750 ce.

La malade va tout à fait bien. La desquamation de la plaque est presque totalement terminée. Seule, l'oreille est encore un peu rouge.

Six comprimés de chlorhydrate de sulfamido-chrysoïdine.

Le ? septembre. — Température : matin : 3606, soir : 3609.

Volume des urines : 1100 ce.

Les croûtelles ont totalement disparu. La peau de la face est maintenant d’un rose uni.

Six comprimés de chlorhydrate de chrysoïdine.

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