PONSARD
La canule s'est dérangée souvent et le liquide: iodé a été poussé dans les tuniques scrotales, d'où phlegmon, nécrose et parfois mort. Cet accident, encore imputable à une faute opératoire, n’est pas toujours facile à éviter. Cependant M. Guyon, en 1877, dans une proposition à la Société de chirurgie, a montré qu’on parait à cette complication en employant au lieu de seringue un petit entonnoir : leliquide pénètre sans force et par suite ne peut filerdans le tissu cellulaire si la canule s’est dérangée.
Les suites opératoires sont longues : au minumum 12 à 15 jours. Ceci est vrai, avec cette restric- tion que le malade se lève dès le 10° jour en portant” un suspensoir.
Les récidives sont fréquentes. Ici les chiffres données sont un peu contradictoires : à côté de Vendling (Thèse de Nancy, 86), qui sur 30 cas a vu 10 récidives, soit 33 °/,, d'Augagneur (Lyon Médical, 85), qui indique 25 °/., de Tédenat 12 °/.,de Gosselin 11°, puis 7 °/,, nous trouvons William T. Bull 8,5 4, Fafournoux 4 °/,. Stoltz 2 °/,, Martin de Calcutta 1,°/. Enfin M. Duplay, sur 400 cas, n’accuse, dit-il, absolument aucune reproduction de liquide ; il est vrai qu'il n'emploie que la teinture d'iode pure et récente. C'est à une condition du succès à peu près certain : beaucoup n'emploie, mais à tort, que la teinture avec.2/3, 1/2, 1/3 d'eau.
A ces inconvénients signalés par les auteurs et réduits à leur juste valeur, nous n'ajouterons que peu de chose.
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1° Pour que l'injection iodée ne soit pas doulou reuse, il faut faire l’anesthésie préalable à la cocaïne, ce qui fait un temps opératoire en plus. L'insensibilisation demande # à 5 minutes ; enfin la cocaïne demande à être maniée avec prudence et les cas d’accidents à elle imputables ne sont pas très rares, soit’ que la vaginale ait un pouvoir absorbant plus grand, soit par suite d’une idiosyncrasie spéciale. Il est vrai que le procédé Bazy-Thierry, qui consiste à injecter 4, 2, 3, 4 seringues de Pravaz de solution de cocaine à 1/50 dans le liquide même de l'hydrocèle, présente moins de dangers. (Thèse:de Paris 1895, par Touaille de Larabrie). :
A côté de cela, l’éther iodoformé est à l'abri de ces inconvénients, n'étant pas douloureux et, par conséquent ne nécessitant pas l’anesthésie.
20 Le phlegmon des bourses que peut donner l'injection iodée se répandant dans le tissu cellulaire ne peut-être absolument évité qu'avec l’entonnoir de ‘Guyon, complication instrumentale.
L’aiguille de la seringue de Pravaz, facile à maintenir en place, ne laisse pas fuser l’éther iodoformé dans les bourses, Le fit-elle, cet agent modificateur peu violent ne produirait aucune nécrose.
3° La réaction inflammatoire, à la suite de l’in- jection iodée, est intense ; à l’état local, scrotum, testicule, épididyme enflammés et douloureux, se joint un état général, inappétence, fièvre. Phénomènes surtout marqués quand, pour se mettre à l'abri des récidives, on injecte la teinture d’iode pure : Q alors
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Ja réaction est terrible, les bourses deviennent énormes », dit M. Duplay.
L'éther iodoformé donne la guérison sans réci-. dive, avec une réaction à peu près nulle.
4° Ce n'est qu’au bout d’un assez long espace de temps que le malade, injecté à l’iode, peut se lever et vaquer à son travail ; c'est plus tard encore que sa vaginale est revenue à l’état normal.
Traité par l’éther iodoformé, le patient peut, à son gré, se reposer ou marcher. Dès le lendemain, il peut s'occuper comme d'ordinaire : parfois une lé-gère tension des bourses lui font souvenir qu'il vient. d’être opéré. Mais là se bornent ses souffrances.