‹ Traitement de l'insuffisance et du rétrécissement mitralChapitre 13 sur 26 · OU · texte numérisé non relu

OU

Digitale.

La digitale est une plante herbacée bisannuelle ou vivace, haute de cinq à quinze décimêtres, généralement simple, de la famille des scrofularinées. Ilen existe plusieurs variétés, la seule usitée en médecine, est la digitale pourprée (d'gitalis purpurea).

On a employé toutes les parties de la plante: racines, feuilles, fleurs, semences. Actuellement les feuilles sont seules usitées. En Allemagne les semences sont employées pour la préparation de la digitaline. Par son importance, ce médicament devrait toujours être semblable à lui-méme, il n’en est malheureusement rien.

Nous croyons devoir rappeler quelques observations pour la cueillette et la conservation de cette plante. Les feuilles de Digitale doivent être récoltées pendant Ia.deuxième année, quelque temps avant la floraison, ou dès l'apparition des premières fleurs. Elles doivent être triées avec soin pour rejeter surtout les feuilles de la Conyze sqarreuse, (Conyza squarroza), plante qui croit au voisinage de la digitale et avec laquelle l'erreur est fréquente. On sépare le pétiole et la nervure médiane, qui sont presque sans action. On fait sécher ces feuilles ainsi choisies et préparées, à lombre sur des châssis qarnis de canevas, on termine la dessiccation à l'étuve. Réduites en poudre grossière, ces feuilles sont ensuite mises à l'abri de la lumière, dans des boîtes en fer blanc qui ferment exactement.

On doit employer exclusivement les feuilles des plantes

LR. des

qui poussent spontanément dans les terrains élevés, secs et rocailleux, et rejeter les plantes qui poussent dans les jardins. Le parenchyme seul de la feuille, cueillie et préparée comme nous venons de l'indiquer, offre un type défini, d’une action certaine par suite de la richesse en principes actifs.

On attribue ces principes actifs de la digitale à trois glycosides ; la digitaline, la digitonine, et la digitoxine. La digitaline en est le principe actif par excellence, c’est elle qui produit les effets que l’on obtient avec les préparations de plantes fraîches. Son action est incomparablement plus énergique et plus constante, que celle de la plante. On a cependant hésité longtemps à employer parce que plusieurs corps différents ont reçu le nom commun de digitaline. Il en existe un très grand nombre d’une inégale importance. La digitaline amorphe de Homolle et Quevenne ; la digitaline amorphe chloroformique ; la digitaline cristallisée de Nativelle ; la digitaline du codex français ; la digitaline allemande ; nous ne citons que les principales.

La digitale s’absorbe facilement par les voies digestives, et s’élimine lentement. De là accumulation. Elle exerce une action locale irritante. Appliquée sur une muqueuse, elle y provoque de l’irritation, puis une inflammation plus ou moins vive et douloureuse. |

Nous laissons de côté la discussion du mécanisme, en vertu duquel la digitale agit sur la circulation.

- Pour Withering, Cullen, Macdonald etc. la digitale est un régulateur et ralentisseur de la circulation.

Pour Sanders, Hutchinson, elle est un régulateur et

un accélérateur. Actuellement, d’après les recherches les

bg es plus récentes, on admet que, à dose thérapeutique, la digitale produit : le ralentissement du cœur, le renforcement de ses contractions, l'élévation de tension artérielle ; et éventuellement sa régularisation ou l’arythmie digitalique. Le pouls augmente de force, de plénitude, de régularité,

La digitale est un poison pour le cœur ; en effet, une dose de digitaline tétanise le cœur et l’arrête. Elle a ègalement une action sur le système nerveux, elle excite le grand sympathique. Le cerveau n’est impressionné que si l'emploi de la digitale a été de longue durée ou si la dose a été élevée. On a même noté un véritable délire digitalique (Duroziez et Cloeta).

La digitale chez les sujets sains n’exerce aucune action sur l’excrétion de l’urine ; mais il n’en est pas de même chez les cardiaques, et surtout chez les hydropiques. Chez eux elle agit comme un diurétique puissant. Cet effet paraît dû d’une part, à l’augmentation de pression dans les artères, d'autre part à la résorption des exsudats séreux par suite de la régularisation de la distribution du sang. Notons en passant le rôle puissant que joue cette action diurétique dans la thérapeuthique des affections mitrales non compensées.

Nous allons étudier maintenant la question importante

des préparations.

Poudre de feuilles. — La poudre de feuilles de digitale

s’administre sous trois formes: 1° en infusion :

Poudre de feuilles de digitale. 0 gr. 50

RATE Faire infuser pendant 30 minutes dans:

HR OS Em 150 gr.

Jaccoud a modifié cette formule en ajoutant du sirop de digitale pour édulcorer (30 grammes).

20 En macération :

Poudre de feuilles de digitale. 0 gr. 50.

Eau bouillie froide . . . . 150 gr.

Faire macérer pendant 12 heures, filtrer.

Nous nous rangeons à l’avis de Dujardin-Beaumetz (1) de C. Paul (2), d'Hérard, etc., et nous considérons la macération comme une des meilleures préparations. Surtout pour obtenir des effets diurétiques, parce que Peau dissout la digitonine qui est le plus diurétique des glycosides digitaliques.

3° En pilules:

C’est la plus mauvaise de toutes les préparations.

Chez les adultes, la poudre de feuilles de digitale se prescrit à la dose de 30 à 80 centigrammes. Chez les enfants, à la dose de un centigramme environ par année d’àge, sans dépasser 5 à 25 centigrammes. Il faut fraction-

ner les doses.

Sirop de digitale. — On le donne à la dose de 30 à

100 grammes.

1 Dujardin-Beaumetz. Leçons cliniques de thérapeutique, 1885, page 52.

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