LANGE
sont apathiques, abattus, de caractère triste; leur activité cérébrale est ralentie.
Loin d'être de gros mangeurs, ils ont parfois de. l’anorexie, et ils savent fort bien que leur obésité ne résulte pas d’une alimentation exagérée.
L'examen de leurs organes permet de confirmer l’impression qu'ils ont produite à première vue.
La digestion est souvent ralentie; la constipation assez fréquente; le foie, petit et rétracté chez quelques obèses très petits mangeurs, est, le plus souvent, augmenté de volume; la glycosurie alimentaire est fréquente.
L'urée éliminée est toujours diminuée et de façon parfois considérable, toujours éloignée de la normale; le ralentissement de la nutrition est complet et porte même sur les albumines qui, elles, étaient peu touchées chez le pléthorique. Robin a montré la diminution des coefficients de déminéralisation et d’oxydation azotée, la baisse des rapports de l'acide phosphorique et du chlore à l’azote total. Le coefficient d’oxydation mesuré par analyse des gaz respiratoires est très faible, la capacité respiratoire très diminuée, la dyspnée assez fréquente; le cœur est souvent touché, et très fréquemment atteint d’allération dégénérative. Le malade a des palpitations, de l’arythmie.
C'est à cette catégorie d’obèses que semblent s’appliquer les recherches de Labbé concernant l'élimination des chlorures.
I y a le plus souvent rétention chlorurée véritable. On comprend alors pourquoi ces malades sont des obèses :
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« Pas assez cachectiques pour faire de l’œdème, grâce à la vitalité de leurs éléments cellulaires, ils fabriquent de la graisse par un mécanisme que fait entrevoir le passage connu de l’œdème local ou lipome en passant par le pseudo-lipome » (Mathieu).
Ces obèses sont donc plus touchés que les précédents; d'ailleurs, chez eux, les fonctions génitales sont diminuées; il y a parfois dysménorrhée, frigidité, stérilité. Les forces musculaires sont très diminuées.
En somme, le ralentissement de la nutrition est complet et la combustion des albuminoïdes aussi atteinte que celle des autres matériaux alimentaires.
ARTICLE I Le régime.
Quoiqu'il n’y ait aucune ressemblance véritable entre les deux catégories d'obèses, on a trop souvent proposé un traitement analogue ou identique dans les deux cas. Nous allons voir coment 1l est bon de modifier les traitements que nous avons décrits pour les obèses florides.
Le régime est, à un certain point de vue, plus facile à suivre car le malade n’est pas un gros mangeur et a moins la tentation de faire des infractions à son régime. Mais en réalité le régime est bien plus délicat, car il est nécessaire de restreindre la quantité des aliments et il ne faut ni asthénier, ni anémier le malade.
Chez quelques sujets atteints d’anorexie avec sensation nauséeuse, il faut de plus rendre le régime agréable. On
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sait combien les mets, suivant leur préparation, ont des qualités excitantes ou sédatives. Chez ces obèses, plus que pour tous les autres, il est nécessaire de les présenter sous une forme agréable, non irritante et ne provoquant pas à la longue le dégoût.
Une grande difficulté se présente : les aliments doivent être préparés sans sel. On voit donc l’utilité de pouvoir alimenter le malade d’après des cartes de régime bien réglées.
Quant aux boissons, chez ces obèses dont le coefficient de combustion est diminué le Professeur Robin conseille de ne pas les réduire à priori; il faut laisser boire l’obèse à volonté ; on se basera surtout sur la proportion qui existe entre la quantité des liquides ingérés et celle des urines émises. |
D'après Oulmont, il faut réduire les aliments en quantité comme en qualité, et cette restriction qualitative doit porter sur les albumines aussi bien que sur les hydrates de carbone, conformément aux données théoriques que nous avons exposées plus haut. La réduction des albuminoïdes est basée sur le taux de l’azoturie, mais doit toujours être moins considérable que celle qui porte sur les aliments ternaires. On réduira et les graisses et les hydrates de carbone; ces derniers seront pourtant donnés en quantité supérieure aux graisses, s’il n’y a pas de glycosurie alimentaire.
Oulmont indique le type de régime suivant qui comporte une réduction des 2/5, soit 1.600 calories environ.