OBÉSITÉ ET TROUBLES DES DIFFÉRENTS APPAREILS
L'organisme de l’obèse peut être troublé en entier par des infections aiguës ou chroniques ; il réagit alors avec moins d'intensité que chez un individu sain, par suite des lésions des différents organes. C’est ainsi que la typhoïde, la grippe, les oreillons, sont plus graves chez un obèse et devront être traités avec plus de soins et en surveillant de plus près les complications qui pourraient survenir.
Rappelons aussi la gravité des interventions chirurgicales chez les obèses, non seulement par suite de la gène opératoire apportée par la graisse et de la longueur des cicatrisations, mais surtout par suite des accidents que provoque fréquemment le chloroforme. Rappelons aussi que les abcès, les phlegmons, les érysipèles devront être l’objet de soins particuliers. Les intoxications, elles aussi, ont chez l’obèse une gravité particulière, qu'elles soient dues au plomb, à l’oxyde de carbone ou surtout à l'alcoolisme. Dans ce dernier cas, la cure de l'obésité présente certaines particularité, que l’on ait affaire à l'obèse de 20 à 30 ans, à l’aspect floride, au nez bour-
un omis rc 0
geonnant, ou à l'obèse plus âgé dont le teint décoloré, cireux, l’aspect bouffi des téguments décèlent l'atteinte du foie et du rein.
Fiessinger recommande Île régime de réduction hydro-lacté. Pendant une dizaine de jours le malade se contentera de 750 grammes d'eau et de 750 grammes de lait. Il prendra en même temps de la théobromine à dose moyenne et de très faibles doses de digitaline:; il se reposera ensuite pendant 5 jours en évitant bien entendu toujours et le vin, et l'alcool, et les boissons à essences, car il doit ménager avec le plus grand soin son foie et son rein.
Puis il reprendra le régime hydro-lacté, interrompra à nouveau et continuera ainsi pendant très longtemps, non pas des semaines, mais des mois.
Les exercices devront être modérés, surtout au début. On emploiera surtout les mouvements passifs; l’hydrothérapie sera surtout sédative, froide de préférence. On traitera la congestion du foie par la douche hépatique chaude, les troubleg rénaux par la douche lombaire chaude.
Les différents moyens de sudation seront aussi avantageusement employés.
Lo cure thermale, dans le cas d'intoxication alcoolique, n'est indiquée que pour lutter contre les mauvaises habitudes; on choisira de préférence les stations capables d'agir sur le foie.
ARTICLE I
Obésité et troubles digestifs.
On sait le rôle que l’alimentation trop abondante joue dans la production de l'obésité. Aussi quelquefois, en particulier chez les obèses pléthoriques, avant que la surcharge graisseuse ait pu provoquer des troubles graves, la cure est-elle des plus facile. Le régime suffit à lui seul le plus souvent; mais il est malheureusement difficile de l’appliquer, car l’obèse gros mangeur, dès que sa ration est réduite, souffre de la faim, et il faut recourir à des expédients pour tromper son appétit. On emploie avec succès les aliments gras donnés d’une façon répétée, les petits repas pris peu de temps avant les principaux; surtout il est utile de donner des aliments de gros volume; en particulier, les légumes herbacés, les hors d'œuvre végétaux, les fruits frais. Quelquefois les malades trompent-eux-mêmes leur faim par des moyens plus ou moins ingénieux qu'il est bon de surveiller, car ils pourraient provoquer au bout de peu de temps des accidents gastriques.
Mais quoique le régime dans ce cas puisse suffire à la cure, il ne doit pas être employé seul, car on constate alors souvent des ptoses viscérales et des défaillances de la peau, en particulier au niveau de l’abdomen, et au visage. On ne donnera pas cependant de médicaments, mais on utilisera tous les agents physiques : l’hydrothérapie, l’électrothérapie, et aussi les exercices en plein air. Ceux-ci doivent d'ailleurs être modérés car,
trop accentués, ils augmenteraient encore l'appétit contre lequel on a déjà tant de peine à lutter.
Pour ces obèses, la cure thermale devra surtout être une école de diététique.
Au bout de peu de temps, l'estomac est à son tour atteint, et nous avons vu que pour certains auteurs la dyspepsie au lieu d’être le résultat de la mauvaise alimentation serait la cause de l’obésité. La dyspepsie se manifeste au début par des signes très discrets, et c’est à ce moment que Leven fait remarquer à juste titre qu'il ne faut pas prendre pour des asthmatiques, pour des cardiaques, des malades qui sonten réalité des dyspeptiques. Mais bientôt les signes deviennent plus nets; en plus de la toux, de la dyspnée, de la congestion de la face, l’obèse a des douleurs gastriques, du pyrosis ; son appétit est souvent diminué ou perverti.
La dyspepsie est alors évidente; elle s'accompagne le plus souvent d’hyperchlorhydrie au début, puis d’hypochlorhydrie et d'hypertrophie hépatique.
Le régime ne doit pas être tant un régime d’amaigrissement qu'un régime approprié à la dyspepsie. On a fait remarquer à juste titre qu’un dyspeptique maigre, soumis au régime d’un dyspeptique obèse, — toutes choses étant égales, — augmente de poids alors que l’obèse maigrit. On utilisera comme transition le régime lacté avant de recourir au régime définitif : la restriction alimentaire n’aura pas à être très marquée.
Les médicaments Seront naturellement ceux qui agissent sur la dyspepsie; les exercices physiques rendront leurs services habituels; la myothérapie agit d’une
facon heureuse sur l’hypertension portale et les troubles circulatoires de l'abdomen; l’électrothérapie aurait une action particulièrement efficace sur les troubles dyspeptiques.
La cure thermale devra naturellement agir avant tout sur la dyspépsie; on s’adressera suivant qu’il s’agit de dyspepsie hyposthénique ou hypersthénique aux eaux sédatives et stimulantes : Vals, Le Boulou, Vichy.
Chez les névropathes dyspeptiques, VNérissera indiqué. Lorsque l'obésité proprement dite est surtout à considérer, on recourra naturellement à Brides, Kissing'en.
Chez certains obèses, c’est surtout l'intestin qui est touché; on constate assez souvent de la diarrhée, plus souvent de la constipation. Si la mauvaise alimentation est surtout en cause, le régime devra surtout intervenir; si c’est l’élat nerveux, les médicaments sédatifs.
L'entéro-colite muco-membraneuse réunit la constipation et la diarrhée, l’atonie etle spasme ; en dehors du régime et du traitement habituel de la maladie, les obèses seront volontiers traités par l'hydrothérapie; on donnera surtout des douches chaudes, des bains chauds à eau courante en piscines; on peut employer l'enveloppement humide et provoquer de la sudation.
Dans l’entéro-colite, en dehors du traitement habituel de cette affection, deux stations sont indiquées : Plombières qui améliore surtout les formes diarrhéiques, et particulièrement Châtel-Guyon.
Cette station possède des eaux à forte minéralisation, 8 grammes par litre, contenant surtout : du chlorure de magnésium 1 gr. 56; du chlorure de sodium 1 gr. 60;
des bicarbonates de calcium et de magnésium, ? gr. 90.
Elles sont chargées d'acide carbonique; l’eau agit surtout en régularisant la fonction intestinale; son action est énergique et la quantité d’eau bue doit être surveillée.
Chez les malades simplement constipés, il ne faut pas employer les purgations salines, mais dit Heckel « les médicaments qui font foisonner les matières » : agaragar, psyllium, ou même la phénolphtaléine, l'extrait fluide de cascara. D’après le même auteur, la cure de fruits et de légumes verts etlagymnastique abdominale ne rendent pas suffisamment de services chez les constipés spasmodiques. On pourra recourir encore au régime végéto-féculent, à l’hydrothérapie chaude.
Le traitement variera suivant que la constipation est atonique ou spasmodique; cette dernière sera traitée par des applications chaudes, et en particulier par la douche locale. La constipation atonique relèvera de la douche froide locale suivie d’une douche générale froide ; on peut ensuite donner des douches sous-marines. On emploiera aussi les mouvements du tronc et des membres inférieurs, obtenus, soit par la gymnastique suédoise, soit par la mécanothérapie ou la myothérapie.
Certains de ces malades pourront êtreenvoyés à Miers dont les eaux sulfatées sodiques et magnésiennes sont diurétiques, laxatives, purgatives et augmentent le taux de l’urée.
Dans les cas purement diarrhéiques, en plus du traitement habituel, l’hydrothérapie est utile ; on emploiera surtout l'eau chaude.
Enfin certains obèses, souvent gros mangeurs, présentent de la lenteur des digestions, un état saburral habituel et souvent des hémorroïdes ; ces obèses avec pléthore abdominale seronttraités à Châtel-Guyon, à Brides, à Aulus, de façon à décongestionner et stimuler le foie, et à régulariser la circulation veineuse abdominale.
Rappelons enfin, que l’obèse présentant assez souvent des hernies, surtout ombilicales, doit les surveiller avec le plus grand soin, de façon à éviter l’étranglement et par conséquent une opération chirurgicale qui serait chez lui particulièrement dangereuse.
La cure d'amaigrissement est très utile en favorisant la réduction de la hernie; elle ne doit pas cependant être trop rapide.
Quant au foie, nous avons montré l'importance capitale que son mauvais fonctionnement joue dans la production de l'obésité; nous ne voulons donc pas revenir ici sur ce sujet; rappelons cependant que Marcel Labbé fait remarquer qu'il ne faut pas confondre les crises de coliques hépatiques dont nous avons vu la possibilité chez l’obèse, avec de simples poussées répétées et vigoureuses de congestion hépatique. L'intérêt du diagnostic est évidemment capital, puisqu’une intervention chirurgicale peut ou non en résulter.
ARTIÇLE II
Obésité et troubles respiratoires.
Les troubles respiratoires sont relativement peu marqués chez les obèses. Ils présentent cependant assez
souvent de l’essoufflement, par faible capacité thoracique, combinée d’ailleurs aux troubles cardiaques. On agira sur la diminution de la capacité thoracique au moyen de la gymnastique respiratoire. Rappelons enfin que ces obèses ont souvent de l’emphysème pulmonaire et aussi de la bronchite chronique ; celle-ci plus importante par suite de la confusion qui pourrait s'établir avec la tuberculose pulmonaire.
De nombreux obèses sont en effet tuberculeux, et cette tuberculose quelquefois secondaire à l'obésité, en est au contraire parfois la cause. On sait en effet que la tuberculose peut provoquer, à côté des stéatoses locales, de l’adiposité généralisée (1). Mais cependant, l'obésité résulte parfois plus simplement de la suralimentation due au traitement antituberculeux.
Ces obèses ont un aspect généralement floride, et par suite souvent ils ne songent pas à se soigner. Cependant ce ne sont pas des convalescents en voie d’amélioration. D'ailleurs l'examen méthodique montre la présence de lésions parfois avancées; ils ont presque toujours de l’expectoration contenant souvent de nombreux bacilles. Ces obèses ne devront être traités qu'avec la plus grande prudence; on a discuté sur l'importance que peut avoir chez eux la cure d’amaigrissement.
Von Noorden conseille de ne faire maigrir que les obèses chez qui l'obésité menace de provoquer des
(1) La tuberculose atteint assez souvent chez l’obèse l'épididyme ; avant l'ouverture, on a essayé d'envoyer le malade aux eaux sulfureuses et chlorurées sodiques, mais le traitement de choix reste l’épididymectomie avec cureltage ou extirpation des foyers testiculaires.
accidents. La cure devra d’ailleurs être progressive el lente, ménager le tube digestif, et le foie qui ont pu être touchés par la suralimentation. On ne devra pas déminéraliser le sujet. Il faudra éviter les déperditions azotées: on ne donnera ni corps gras, ni sucre, ni alcool, mais le plus possible d'aliments végétaux.
On emploiera volontiers les arsenicaux, à très petite dose, combinés ou non aux iodures et aux phosphates.
Les exercices physiques devront être modérés; l'hydrothérapie ne sera employée que si elle peut être
surveillée de très près. On peut donner alors des dou-.
ches progressives en évitant la région thoracique. On devra bien entendu arrêter la cure, si elle provoque des poussées thermiques ou congestives.
La cure hydrominérale peut donner de bons résultats, mais doit être prudente. Citons : Le Mont-Dore, Royat, certaines eaux azotées.
Enfin les obèses tuberculeux, qui sont en même temps des lymphatiques, retireront surtout du profit, non pas tant du régime que des iodures, de l'huile de foie de morue, des cures marines ou salées. Les eaux chlorurées sodiques ont pu rendre des services. Citons aussi : Châteauneuf aux eaux alcalines chaudes qui contiennent une grande quantité de potassium.
ARTICLE II Obésité et troubles cardio-vasculaires.
Le cœur est si fréquemment touché chez l’obèse que les troubles cardiaques ont pu passer pour être des
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symptômes de l'obésité; cependant la façon dont le cœur est touché est extrêmement variable, et il y a tous les degrés entre la simple surcharge graisseuse et les véritables lésions du myocarde.
Nous allons d’abord étudier en détail le traitement de l'adipose simple du cœur. Rappelons que dans ce cas, l'examen du cœur montre de l'augmentation de la matité précordiale, des bruits lointains et assourdis, mais ne dénotant aucune lésion vasculaire. Les malades sont essoufflés, leur teint généralement cyanosé; ils ont de l’œdème malléolaire, leur pouls est lent, petit, irrégulier. La pression artérielle est abaissée, la pression veineuse augmentée; parfois des varices profondes gênent la marche.
C'est chez de tels malades qu'Œrtel applique son célèbre traitement : celui-ci est basé sur la réduction des liquides organiques et l'augmentation de la force de contraction du cœur. Pour obtenir le premier point, son régime se base avant toute chose sur la restriction des liquides ingérés et aussi sur l’augmentation des liquides éliminés. Pour le deuxième point, il soumet l’obèse à la cure de terrain.
Le régime d’OErtel est d’ailleurs variable, d’après cet auteur, chez les différents obèses; mais d’une façon générale, il est basé sur la restriction alimentaire et les albuminoïdes ne doivent être donnés ni en proportions trop considérables ni en quantités trop réduites. Les malades pourront s’alimenter avec les ternaires, mais ils ne prendront que fort peu de graisses.
Chez les obèses pléthoriques, la diminution d’eau sera
peu marquée. La quantité permise est de 1.500 grammes. C’est surtout dans la forme « hydrémique » et dans la forme anémique, que l'eau doit être réduite; 1l faut d’ailleurs rappeler qu'il tient compte dans le calcul de la quantité d’eau du liquide que renferment les aliments et son régime est donc bien un régime sec. Ce régime varie d’ailleurs aussi suivant que le malade suit ou non la cure de terrain, fait ou non de grandes excursions dans la montagne.
Dans le premier cas, OErtel conseille le régime suivant, cité par Mathieu :
Le matin, de 7 à 8 heures : café 120 grammes, lait 30 grammes, sucre 5 grammes, pain blanc 35 à 70 grammes, 2 œufs à la coque, beurre 12 grammes. |
À 10 où 11 heures : vin du Rhin 100 grammes, jambon maigre 50 grammes, pain de seigle 20 grammes.
À une heure : vin du Rhin 250 grammes, soupe 90 grammes, poisson maigre 180 grammes, bœuf rôti ou bouilli 200 grammes, salade 50 grammes, mets farineux 100 grammes, pain blanc 25 grammes, fruits 100 grammes.
Le soir : sardines 16 grammes, volaille 150 grammes, fromage 15 grammes, pain de seigle 20 grammes, fruits 100 grammes.
Mathieu fait remarquer que la quantité de liquide ingéré n'est que de 896 grammes d’eau de boisson et 517 grammes d’eau de constitution soit 1.413 grammes chiffre par conséquent très faible. Quant à la proportion relative des albuminoïdes, des hydrates de carbone et des graisses, elle est respectivement de : 150, 200, 50.
La ration minima des obèses qui ne font pas la cure de terrain accorde encore moins de liquide. Citons en effet le régime suivant :
Le matin, à 7 ou 8 heures : café au lait sucré (comme précédemment), pain blanc 25 grammes, ? œufs à la coque.
Déjeuner, de 10 ou 11 heures : comme dans le régime précédent.
À 1 heure : vin du Rhin 200 grammes, bœuf rôti 150 grammes, salade 25 grammes.
La soupe, les mets farineux, le pain et les fruits comme dans le menu précédent.
A 4 heures : café 80 grammes, lait 20 grammes, sucre 5 grammes.
Au dîner : vin du Rhin 200 grammes, 2? œufs à la coque, viande maigre rôtie 150 grammes, salade 25 grammes, pain, fromage ou fruits comme précédemment.
Il n'y a dans ce cas que 616 +357 grammes d’eau; soit même pas 1.000 grammes. La quantité des albuminoïdes est normale; 1l y a seulement 100 grammes d’hydrates de carbone et 30 grammes de graisse. Cependant chez les malades où il y a, comme dans le cas qui nous occupe, seulement surcharge graisseuse, il est préférable de n’abaisser dans aucun cas la quantité d’eau au-dessous de 1.500 grammes. De même chez les goutteux et les lithiasiques, il ne faut pas réduire les liquides d'une façon trop marquée.
Enfin, chez les obèses anémiques, les albuminoïdes ne devront être réduits que dans une très faible proportion.
Pour tonifier le cœur, la méthode d'OErtel emploie la cure de terrain; l'obèse cardiaque, après avoir commencé à s'entraîner en terrain plat, ne tarde pas à aborder la montagne. Les ascensions doivent être de plus en plus longues, de plus en plus importantes; l’obèse s’entraîne dans les environs de la station et de préférence au cours d’excursions; il est d’ailleurs uüle que les chemins qu’il emploie soient repérés et que le médecin indique à l'avance à l’obèse sur une carte établie à cet effet, le chemin qu'il doit suivre et la rapidité avec laquelle il doit aller d’un point donné à un autre point. La cure doit naturellement être surveillée, d’autant plus qu’au début l'obèse s’essouffle rapidement et présente parfois de l'oppression; ces incidents disparaissent peu à peu avec l'entraînement.
La cure d'OErtel présente donc deux parties bien différentes. Le régime sec est une méthode certainement dangereuse et qui a amené souvent des accidents; on peut le remplacer par le régime lacto-hydrique de Fiessinger, qui s'applique d'ailleurs à. des obèses au repos ou même couchés, suivi d’un régime qui accorde à midi 90 grammes de viande et des légumes verts, du lait au premier déjeuner et au goûter ; des œufs et des légumes verts au diner; les boissons sont réduites, mais l’obèse devra boire à plusieurs reprises.
Quant à la cure de terrain, elle est des plus utile, à la condition d’être pratiquée d’une façon qui ne soit pas pour l’obèse une cause de fatigue et de dépression, et d’être surveillée par le médecin.
On peut d’ailleurs pratiquer la myothérapie, mais
les séances devront être courtes el très surveillées.
La mécanothérapie emploiera les mouvements passifs respiratoires et les mouvements actifs des membres. On ne fera pas de thermothérapie. Certaines manœuvres de massage : effleurage et pétrissage des membres, massage prudent de l'abdomen pourront être utiles. Les bains carbo-gazeux peuvent rendre des services.
Certains toniques cardiaques ont été employés : la digitale, la spartéine; et aussi les diurétiques : la théobromine.
Le régime hypochloruré et même déchloruré trouve souvent ses indications.
L'hydrothérapie doit être prudente; on emploie les enveloppements généraux chauds et humides avec compresses fraiches sur la région précordiale. On donnera comme en Allemagne, des affusions froides, des demibains, de façon répétée. On évitera ainsi des séances prolongées; il est préférable d'obtenir les mêmes résultats en plus de temps par des séances fractionnées.
Ces malades seront envoyés avec avantage à Brides, où, en dehors de l’action des eaux sur la nutrition générale, la cure de terrain se pratique d’une façon particulièrement commode et pratique sur les nombreux chemins qui gravissent avec des pentes différentes les montagnes boisées qui entourent la station.
A côté de la surcharge simple du cœur, certains obèses présentent de l’infiltration graisseuse interfibrillaire, et même de la dégénérescence de la fibre musculaire cardiaque ; dans ce cas, la cure d’OErtel ne présente plus les mêmes avantages que précédemment.
Le régime sera de préférence le régime lacté, puis petit à petit un régime mixte; la quantité de boisson variera avec la quantité de la diurèse; la cure de terrain en devra pas être pratiquée, ou seulement à peine. On ne donnera pas de digitale.
Le cœur peut enfin être touché chez les obèses de plusieurs autres façons comme l’a bien montré Heckel.
Chez certains obèses, il y a surtout dilatation du cœur droit avec hypertension portale; les liquides devront être réduits; on placera des ventouses scarifiées audevant du foie; on utilisera volontiers les purgatifs drastiques en particulier la scammonée.
Lors de cœur éréthique, par exemple par intoxication due au thé, au tabac, au café, après avoir supprimé la cause, on donnera un régime convenable et on régularisera l'élimination urinaire. |
S1 l’on a affaire à des obèses émotifs, la psychothérapie joue un grand rôle, et au fond, c’est elle seule qui peut calmer l’éréthisme cardiaque.
On appliquera aussi sur la région cardiaque des compresses chloroformées, des compresses froides, on dénnera du bromure.
De même, lorsque l’obèse cardiaque est en même temps un neurasthénique, un dyspeptique, un goutteux, on aura recours au traitement habituel de l'obésité chez ces malades.
Chez les obèses qui ont maigri trop vite, le cœur présente parfois des défaillances, le pouls est petit, hypotendu, les bruits du cœur mal frappés, le malade pâleet essouflé. On doit alors sinon interrompre tout à fait la
À cuir Guest an déigptatt
cure, du moins mettre le malade au repos complet, augmenter son régime, donner de la strychnine, n’autoriser que peu d'exercice et seulement en position couchée.
Enfin, quelquefois des troubles veineux prédominent ; c'est l'obésité congestive, avec hyposystolie, congestion hépatique, hypertension portale et veineuse.
La cure thermale (Vichy-Brides), le régime amèneront d'heureux résultats. On peut aussi conseiller les eaux
sulfatées sodiques et magnésiennes : Miers et Montmirail.
ARTICLE VI
Obésité et troubles rénaux.
Il nous faut d’abord signaler les cas dans lesquels l'atteinte du rein va de pair avec l'atteinte du cœur; il peut y avoir coexistence de néphrite interstitielle et d’aortite athéromateuse avec insuffisance aortique.
Le régime devra tenir compte de la lésion rénale; les boissons devront être en quantité modérée, on donnera des diurétiques; les exercices ne devront pas être fatigants.
En général, les cardio-rénaux après avoir eu de loin en loin de l’albuminurie, de petits œdèmes, voient leur tension s'élever définitivement en même temps que les urines diminuent, et qu'apparaissent avec des vertiges, de la céphalée, les différents signes de petite urémie, et en particulier le bruit de galop. On utilisera Le régime de réduction lacto-hydrique, ou encore le régime hypochloruré, avec un peu de pain, de beurre, des légumes
verts, des œufs et du lait. La viande sera aussi peu employée que possible; on pourra donner de la digitale, de la théobromine, ou encore de l’iodure à très petites doses avec de longs intervalles. L’obèse ne fera que très peu d'exercice physique; il n’emploiera pas la thermothérapie et en particulier les bains de vapeur.
Une fois amélioré, lorsque le foie n'est plus congestionné et que le bruit de galop a disparu, on pourra donner de la viande grillée, du poulet rôti, des côtelettes d'agneau.
Ces obèses supportent quelquefois assez mal la cure; il est bon de les soumettre à la balnéation carbo-g'azeuse; les bains de Salins-Brides, par suite de la spécialisation de la station contre l'obésité et les bains de Royat, sont surtout recommandés.
Royat possède cinq sources dont la minéralisation totale varie de 2 gr.85 à 5 gr. 60. Ce sont des eaux bicar. bonatées chlorurées avec présence de sodium, de calcium, de magnésium, de fer, de lithium et d’arsenic. Les bains carbo-gazeux utilisent l’eau de 3 sources :
Source Eugénie 35° 377 grammes de CO?
Source Saint-Mart 30° 1.700 — — Source César 27201200 --
Les bains peuvent être donnés à eau courante ou à eau dormante. On constate d’abord de l’abaissement de la pression artérielle, puis le ralentissement du pouls; ensuite la pression artérielle se relève chez les hypotendus, mais ne se relève pas chez les hypertendus. Il y a augmentation de l’urée excrétée.
Les résultats obtenus à Salins sont absolument analogues.
Rappelons que la quantité de CO? est à quelques grammes près la même que celle de la source Eugénie de Royat.
On a aussi utilisé les bains carbo-gazeux pour le traitement de l'obésité à Spa.
La néphrite interstitielle est souvent ainsi associée
aux troubles cardiaques ; elle peut aussi, bien entendu, exister seule chez l'obèse; elle ne présente alors rien de particulier, de même que les albuminuries dites dyscrasiques.
Dans ce dernier cas, signalons que l’on envoie indifféremment ces obèses, soil à Brides en tenant compte surtout de leur obésité, soit à Saint-Nectaire qui s'est spécialisé dans le traitement des albuminuries.
On utilise les eaux en boissons et aussi en affusions
lombaires hyperthermales.
# ARTICLE V
Obésité et complications cutanées.
Nous savons que l’obèse est exposé à l’urticaire, à l’intertrigo, au psoriasis; aussi est-il indispensable pour lui de pratiquer des soins minutieux, surtout au niveau des plis cutanés; le tub matinal suivi d’une friction alcoolisée sera des plus utiles.
Mais c'est l’eczéma que l’on observe le plus souvent. Il résulte surtout de l’exagération de l'alimentation si
fréquente chez les obèses; il résulte aussi des divers
troubles hépatiques, rénaux, intestinaux qui s observent.
dans l'obésité. L'eczéma observé est l’eczéma des arthritiques qui peut être : sec, craquelé, vésiculeux, érysipélatoïde.
Chez la femme, l’eczéma peut s’observer à la ménopause avec l'obésité : prurit tenace des organes génitaux, des plis cutanés et pouvant durer des années avec des alternatives d'amélioration et d’aggravation. En dehors du traitement ordinaire de l’eczéma, le traitement habituel de l’obésité s’appliquera.
La cure hydro-minérale a une très grande importance, L'eczéma peut être traité : aux eaux alcalines mais si le traitement interne est excellent, les applications locales sont irritantes; aux eaux bicarbonatées chlorurées, mais elles sont un peu irritantes et peuvent provoquer des poussées. Les eaux ferrugineuses peuvent être utiles chez les anémiques; les eaux arsenicales sont utiles dans les cas anciens, lichénoïdes, rebelles au traitement, mais les eczémateux obèses se trouvent mieux des eaux sulfatées : les sulfatées sodiques, et les bicarbonatées chlorurées conviennent aux obèses peu excitables, atteints de dermatose sèche. On peut aussi employer les sulfatées calciques (Aulus), mais la cure devra être exercée de préférence aux eaux sulfatées chlorurées comme Saint-Gervais et surtout comme Brides : elles sont efficaces au point de vue constitutionnel (Gaucher); elles sont sédatives et permet-
tent de traiter localement des eczémas assez irritables (Brocq).
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ARTICLE VI
Obésité et troubles nerveux.
Les obèses sont très souvent en même temps des nerveux; ils sont alors hypocondriaques, hystériques, atteints d'idées fixes, et surtout neurasthéniques.
Mathieu a montréles rapports qui unissent le groupe neuro-diathésique au groupe tropho-diathésique. On connaît le rôle important du système nerveux dans la production de l'obésité il y a des cas où l'obésité se développe à la suite d’une émotion, d’un trouble nerveux.
Les obèses neurasthéniques sont souvent atteints de migraine, de névralgie; ils redoutent tout effort; il leur est impossible d'exécuter un programme fixé à l'avance. On voit le rôle considérable que joue alors la psychothérapie. Il faut à ces malades une surveillance presque constante, et cependant telle, qu'ils ne puissent en être incommodés, On ne devra pas leur imposer un régime proprement dit; om leur conseillera cependant des viandes tendres, des légumes verts, des œufs; on pourra leur donner des toniques : fer, arsenic, strychnine; la vie au grand air sera indispensable; un certain isolement leur est utile.
Ils ne devront pas exécuter d'exercices physiques proprement dits, car la seule idée d’avoir à jours fixes à remplir un programme donné ne peut être supportée par eux.
On leur conseillera les grandes promenades, en montagne si possible, dans la proportion bien entendu
où leurs forces le leur permettent. On pourra aussi faire un peu de myothérapie, de mécanothérapie. L’électrothérapie est très conseillée : soit l'électricité statique qui aurait un effet tonique marqué sur le système nerveux, soit la méthode de Bergonié qui fait travailler les muscles sans que le malade ait à réagir, el sans qu'il éprouve la moindre fatigue.
L'hydrothérapie rend aussi les plus grands services. On pratiquera l’eau froide en donnant les douches progressivement froides, des douches alternantes. On pourra recourir finalement, si l'obèse est très déprimé, à l’eau froide.
A côté du neurasthénique nettement déprimé, il y a des neurasthéniques excitables; le traitement sera naturellement légèrement différent; en particulier, l'hydrothérapie pourra employer les bains tièdes.
La cure hydrominérale n’est possible que si le malade n’est pas trop déprimé; on peut conseiller surtout Wéris, dont les bains amènent la sédation; ce sont des eaux oligochrématiques; leur minéralisation est de 1 gr. 26. On peut de même envoyer les malades à ÆZoaux dont les eaux sont analogues à celle de Néris, mais plus toniques. Ë
ARTICLE VIT Obésité et troubles des glandes à secrétion interne. On sait combien depuis quelque temps ont été étudiées
les obésités d’origine glandulaire; non seulement les obésités génitales et thyroïdiennes, mais aussi les obé-
sités d’origine hypophysaire, épiphysaire, surrénale, ou pluriglandulaire.
D'une façon générale, l’obésité glandulaire serait celle de l’obésité lymphatique, non floride. Mais comme l'a montré Mouriquand, si quelquefois cette deuxième forme « relève d'une lésion glandulaire, rien ne démontre que l'obésité floride ne provient pas au moins d’un trouble fonctionnel des glandes closes. » L'obésité thyroïdienne qui résulte de l'hypothyroïdie, ou tout au moins de la dysthyroïdie, serait à son maximum analogue au myxæœdème. I faudraitrapprocher de ces cas, celui de certains neuroarthritiques qui, pour Léopold Lévy et de Rothschild, résulterait de l'instabilité de la thyroïde. Ces obèses sont généralement apathiques; leurs membres sont déformés par d’épaisses plaques graisseuses. Dans ce cas, le traitement repose surtout dans l'administration de glande thyroïde. 11 sera utile, comme l'indique Claisse, de tâter la susceptibilité du malade en donnant au début de petites doses, 2 fois par semaine, puis on pourra successivement augmenter les doses, car ces obèses ont souvent une tolérance remarquable. Il faut toujours surveiller le fonctionnement du tube digestif, du cœur, et interrompre en particulier dès que le nombre des pulsations atteint 95. On devra toujours associer à ce traite- : ment le régime et les autres procédés de cure qui sont à eux seuls capables de diminuer l'obésité.
La cure thermale peut être conseillée comme procédé de consolidation. | | L'obésité d'origine génitale est la plus anciennement connue: chez l’homme, c’est le testicule qui peut être
insuffisant. Ce sont des malades au thorax et au bassin rétrécis, avec de nombreux signes de féminisme, avec souvent atrophie génitale.
On recourra au régime, à l’hydrothérapie, à l’opothérapie testiculaire. Fiessinger recommande le traitement par l’orchitine, par les injections de sperminium de Pœhl. L'action de l’opothérapie seule est très inconstante.
Chez la femme, les obésités génitales surviennent comme nous le verrons à la puberté, lors du sevrage, à la ménopause. Elle survient aussi après les affections génitales, après les ovariotomies. ;
Il y a des cas très rares, où le traitement opothérapique pratiqué seul amène une atténuation de l'obésité; associé à la cure de réduction alimentaire, on constate, plus fréquemment de bons résultats.
On conseillera des cachets d'extrait d’ovaire, par périodes assez continues.
Le plus souvent, l'obésité ovarienne est loin d’être : pure; il y a des cas fréquents d'insuffisance thyroovarienne; on peut alors recommander en dehors du régime, de l’hydrothérapie, la double médication thyroovarienne. |
Frühlich a différencié de ces obésités, l'obésité hypophysaire, Capable de donner naissance aux syndromes: acromégalique, génital et adipeux. |
Cette obésité résulterait souvent des tumeurs de l'hypophyse. Aussi a-t-on tenté lé traitement chirur-
gical qui, dans certains cas, a pu provoquer de l’amélioration de même que la radiothérapie.
Les extraits hypophysaires, et même les glandes fraîches, ne produiraient que des résultats inconstants.
Rappelons que la maladie de Dercum serait aussi d'origine hypophysaire.
On a enfin décrit les obésités épiphysaires assez ana logues aux hypophysaires, mais, provoquant souvent «un développement génital précoce et souvent excessif » et des obésités surrénales accompagnées aussi d’un dévelopement génital marqué, et de masculinisme chez la femme.
Dans tous ces cas, il faudra, en résumé, pratiquer la cure opothérapique associée, mais ne pas négliger les autres modes de cure.