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GRANDES ET PETITES OBÉSITÉS

Jusqu'ici nous avons eu en vue des obésités d’importance moyenne, mais il faut bien savoir que les degrés de l'obésité sont fort variables ; il y a des obésités considérables, mais il y a aussi des obésités appelées longtemps obésités physiologiques parce que l’obèse est en apparence un homme sain, chez qui le léger embonpoint constaté passait pour être la meilleure preuve d’un excellent état général.

En réalité, iln’en est rien. Heckel a bien montré que ces pelites obésités sont déjà pathologiques ; elles contiennent en germe les troubles, graves des grandes obésités. D'ailleurs, même lorsque cette petite obésité est à peine manifeste par les signes extérieurs, on trouve toujours en les recherchant de nombreux signes fonctionnels plus ou moins latents, et l’on peut alors « reconstituer un ensemble syndromatique dont l’adiposité reste le symptôme le plus appréciable, mais non souvent le plus grave » (Heckel).

Ces malades sont déjà souvent hypertendus, et on peut dès ce moment reconnaître quel est l'organe qui

sera plus tard le plus atteint : foie, cœur, rein, tractus

-gastro-inteslinal. Il est d'autant plus utile de traiter les petites obésités, qu'il est à ce moment très facile d’intervenir utilement. La simple hygiène alimentaire, le régime restreint, combiné aux exercices physiques, l’action préventive et curative exercée sur les organes menacés (en particulier la cure thermale chez les hépatiques) obliennent des succès certains. :

Il ne faut pas se baser uniquement, dans ces petites -obésités, sur l’importance de l’augmentation de poids ; ce qui importe à ce stade, c’est surtout l'intégrité ou l'altération des principaux organes.

Opposées à ces petites obésités sont les obésités consi- -dérables ; celles du troisième et du quatrième degré de Maurel, dans lesquelles le poids physiologique est augmenté de plus des 5/10 ; celles du second et du troisième degrés de Legendre qui dépassent le poids de 150 kilogrammes. Ce sont alors de véritables difformités, portées à l'excès chez certains obèses « historiques » obèses de 200 kilogrammes d’Aron, de 225 kilogrammes de Percy et Laurent, de 308 kilogrammes de Bright, -de 490 kilogrammes de Madd.

En pratique, l'obésité est donc déjà considérable lorsqu'elle atteint ou dépasse 115 kilogrammes. Chez ces malades, il n’est pas d'exercice physique important que l’on puisse conseiller ; le traitement devra compor- -ter la réduction alimentaire pratiquée comme nous l'avons indiqué d'une façon différente suivant la forme -.clinique, suivant les organes qui sont le plus atteints.

. Le régime lacté est surtout indiqué; Richardière et

Sicard conseillent chez un obèse de 110 à 130 kilo-

grammes, le régime suivant pratiqué avec repos au lit. le semaine : 3 à 4 litres de lait par jour ; 1 ou 2 œufs peuvent être ajoutés.

2 semaine : 3 litres de lait et 1 œuf.

3° semaine : l'obèse pourra se lever; 1l aura encore 3 litres de lait.

4 semaine : ? litres de lait.

Alors seulement on pourra pratiquer quelques exercices physiques, la marche en particulier; plus tard on pourra donner de la viande et des légumes ; on laissera boire l’'obèse à sa soif, et on calmera les sensations de faim par des aliments volumineux.

On peut conseiller d'une façon toute spéciale La méthode de Berg'onié. Maisnaturellement,onne peut pas s'attendre à obtenir de véritables succès; même si la perte de poids absolu est plus importante que chez un obèse moyen, la perte relative est toujours peu importante. Les organes sont toujours si atteints que les lésions en sont déjà à la période où le traitement n’agit plus que très difficilement.

Il faut cependant recourir à la cure d’amaigrissement qui seule amène une certaine amélioration et atténue les risques si graves et même mortels, qu'encourent ces malades.

À côté de ces obésités généralisées, il existe des adiposes localisées; celles-ci portent en général sur l'abdomen. Dans quelques cas, il y a simplement pléthore par hypertension portale, et la paroi musculaire est conservée. Le traitement sera naturellement alors celui de la cause et les résultats seront favorables; mais très

fréquemment, l'obésité abdominale est due à Ja surcharge graisseuse de la paroi abdominale et du grand épiploon:; il ÿ 4 d'ailleurs en même temps le plus souvent ptose générale de tous les viscères : du rein, de l'estomac, de l'intestin, et la musculature abdominale infiltrée de graisse ne peut réagir et tombe en formant des replis.

Le traitement, en dehors de la cure habituelle, consistera surtout dans le massage abdominal; celui-ci sers pratiqué sur tout l'abdomen; il doit étre superficiel et profond; superficiel : on peut uliliser l’effleurage ou plutôt le tapotement, les hachures, les percussions digitales; profond : on aura recours aux foulements, au pétrissage, aux hachures fortes. On utilisera aussi avec succés l'électrothérapie localisée, et la myothérapie. Heckel se sert d’une table de réfection abdominale, où l’obèse s'étend en décubitus dorsal; on pratique alors une cinquantaine de types de mouvements portant sur les membres inférieurs qui pendent dans le vide, tandis que le dos est fixé sur La table, On peut aussi employer certains procédés mécanothérapiques pratiqués au moyen des appareils Zänder.

Les résultats obtenus sont très favorables; la surcharge graisseuse disparaît, et les muscles eux-mêmes peuvent étre reconstitués.

Rappelons enfin que dans ces cas, on a encore utilisé les méthodes chirurgicales de résection des masses grais-

-seuses. Elles interviennent aussi pour tâcher d'obtenir, dans les cas d’obésité trés considérables, des résultats esthétiques,

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