CONCLUSIONS
1. LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS. — Les moyens utilisés contre l'obésité comprennent : les régimes alimentaires, qui constituent la base du traitement; les médicaments dont l'importance est secondaire; les agents physiques dont les indications sont particulièrement précises; les cures hydrominérales qui réunissent tous les moyens utiles pour la cure, sont une véritable école de diététique et agissent très utilement sur l'organisme, en par-
ticulier sur le foie.
IT. LE cHoix DES MOYENS UTILISÉS. — Pour traiter un obèse, il faut choifir dans cet ensemble les moyens qui sont en rapport avec les particularités du cas envisagé.
III. L'osésité par Excès.— L’obèse pléthorique, hyperazoturique, sera soumis à un régime réduisant hydrates de carbone, graisses et boissons (celles-ci devant être en quantité suffisante pour que les oxydases hydrolysantes puissent exercer leur action) mais utilisant les albuminoides. Il pratiquera les exercices physiques, la myothérapie, la thérmothérapie. La cure thermale sera faite
de préférence en France à Brides; à l'étranger, à Marienbad.
IV. L'oBésiTÉ PAR DÉFAUT. — Chez l’obèse anémique, hypoazoturique, on restreindra les albuminoïdes ; les aliments seront préparés sans sel; les boissons comme l'a montré Robin, peuvent être abondantes. On donnera volontiers les iodures, les médicaments toniques; on utilisera surtout l’électrothérapie suivant la méthode de Bergonié. La cure thermale utilisera les eaux chlorurées sodiques : à l'étranger, Kissingen; en France, Salins- Moutiers dont la cure est associée à celle de Brides.
V. OBÉSITÉ ET DIATHÈSES ASSOCIÉES. — Chez l’obèse, diabétique on réduira, mais on ne supprimera pas les hydrates de carbone; les boissons ne seront pas réduites ; les eaux alcalines sont indiquées. Chez l’obèse goutteux, les albuminoïdes seront légèrement réduits ; les hydrates de carbone ne seront pas trop abondants; les liquides ne seront pas réduits; les exercices seront réglés avec soin. On aura recours à Brides, à Vichy, mais surtout aux eaux sulfatées calciques : Vittel, Aulus, et aux eaux faiblement minéralisées : Evian. Chez l’obèse atteint de lithiase rénale, on limitera la quantité des albuminoïdes : Martigny sera indiqué. Lors de lithiase biliaire, on utilisera le régime lacto-végétarien et les stations alcalines.
VI. OBÉSITÉ ET TROUBLES DES DIFFÉRENTS APPAREILS. — L'obèse alcoolique sera soumis au régime hydro-lacté
de Fiessinger. Lors d'obésité alimentaire, on utilisera les aliments de gros volume et tous les agents physiques. Lors de dyspepsie, d'entéro-colite, ce sont ces affections que l’on devra combattre. Châtel-Guyon est particulièrement indiqué. Chez l’obèse constipé, on utilisera le régime végéto-féculent, la gymnastique abdominale. L'obèse fuberculeux pourra être soumis à la cure; le régime ne devra pas le déminéraliser. Lors de troubles cardiaques, on a recours à la cure d’OErtel, sinon dans la restriction des liquides, du moins dans la cure de terrain; on la complète par la myothérapie. si le cœur esttrès touché, le régime lacté s'impose. Chez les cardio-rénaux, on emploie le régime lacto-hydrique, puis hypochloruré mixte : Royat est la station de choix. L'obèse eczémateux sera envoyé à Brides, le neurasthénique remonté par l'hydrothérapie et le repos à Néris. Lors des troubles des glandes à sécrétion interne, le traitement opothérapique mixte doit être ajouté aux moyens de cure habituels.
VII. GRANDES ET PETITES OBÉSsITÉS. — Les petites obésités ne sont pas physiologiques; traitées à temps, elles rétrocèdent facilement. L'obésité importante nécessite le régime lacto-végétarien, le repos, l’électrothérapie. On s’attachera particulièrement à la cure des obésités
localisées.
VIIL. OBÉSITÉ SUIVANT L’AGE ET LE SEXE. — Lors d’obésité infantile, si on n’a pu la prévenir, on s’attachera surtout à faire observer le régime, à faire vivre l'enfant
dans des conditions hygiéniques. Les cures salines (la mer, Salins) seront indiquées. Chez le vieillard, la cure devra tenir compte de l’état défectueux de presque tous les organes ; chez la femme, la cure pourra être énergique et on utilisera alors les méthodes habituelles, mais lors de la ménopause, il faudra être plus prudent, et on aura recours à l’opothérapie.
Vu : le Président, A. ROBIN
Vu : le Doyen, LANDOUZY
Vu et permis d'imprimer, Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris