CHAPITRE VI OBÉSITÉ SUIVANT L’AGE ET LE SEXE
Le traitement de l'obésité variera naturellement chez les individus d'âge et de sexe différents, car de nouvelles considérations interviennent alors.
Les organes atteints, les localisations graisseuses, et surtout la résistance de l’obèse, sont en effet très différents chez l'enfant et chez le vieillard, chez l'homme et chez la femme.
ARTICLE I Obésité infantile.
L'obésité infantile est particulièrement intéressante ; elle relève des causes générales classiques avec l'influence très nette de la prédisposition héréditaire; son mécanisme est non moins complexe que chez l'adulte. = On a particulièrement étudié le rôle des glandes à secrétion interne : épiphyse et hypophyse, et surtout thyroïde et génitales. RE ERNRNS |
Nous avons étudié leur rôle en faisant l'étude des rapports de l'obésité et des glandes à sécrétion interne.
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L'obésité infantile peut en partie étre prévenue, en surveillant de très près les parents obèses. Pendant la grossesse, pendant l'allaitement, on devra veiller au régime de la mère, ensuite à celui de l'enfant. On empêchera la suralimentation du nourrisson; on l'habituera à ne prendre le sein qu'à heures fixes; lors du sevrage, on réglementera l'usage des hydrates de carbone; on tâchera d'empêcher l'enfant de prendre l’habitude des aliments sucrés et farineux. Cependant, souvent l'obésité apparaît; elle est d’ailleurs parfois congénitale; le fait est rare ; rappelons pour mémoire le cas cité par Cazaux d’un enfant pesant à sa naissance 9 kilogrammes ; mais pratiquement, devant un nourrisson obèse, on tâchera de reconnaître les causes qui ont pu provoquer cette obésité : lait trop riche en graisses, usage prématuré de farines, de pommes de terre ou même d'alcool. On devra particulièrement se méfier de cette dernière cause, si l'enfant présente de l’insomnie et des convulsions. Il va de soi que dans tous ces cas, le traitement consiste dans le retour à l'alimentation normale. Plus tard, l'obésité peut être due à l'existence de végélalions adénoïdes, dont on devra alors pratiquer l’ablation. | |
Le rachitisme peut aussi intervenir; le lait, les phosphates, l'air marin, la balnéation salée seront indiqués ; ce peuvent être aussi des lymphatiques à qui on donnera de l’iode, des bains salés; des scrofuleux, surtout dans les milieux ouvriers où l'enfant n’est jamais au grand air, et où il use trop souvent d'alcool. Le traitement consistera surtout alors en jeux au grand air,
régime alimentaire normal; on utilisera aussi l’iode, l'hydrothérapie, les bains salés.
Citons encore la chlorose des géants de Bouchard; il y a adiposité par anoxémie relative, résultant de la disproportion des appareils circulatoire, respiratoire, qui sont très diminués, avec les dimensions générales du corps et l'importance du système musculaire.
D'une façon générale, les enfants obèses le sont par hérédité, par mauvaise hygiène, par suralimentation; c'est surtout à ces dernières causes qu'il convient de s'attaquer. La ration alimentaire devra être proportionnellement analogue à celle que l’on donne chez les adultes, et elle variera selon que l’enfant obèse est pléthorique ou anémique. Certains auteurs conseillent comme régime de mise en train dans les cas d’obésité marquée, le régime lacté exclusif (Maurel) auquel on peut ajouter des œufs (Bouchard) et le régime presque complètement végétarien (Debove). Les difficultés sont cependant grandes, car l’enfant de lui-même, n’observe pas son régime, et souvent même essaie de s’y soustraire.
En famille, beaucoup de parents craignent souvent que leurs enfants ne s’alimentent pas assez. Heckel a bien montré les inconvénients de la méthode anglaise qui suralimente trop souvent l'enfant.
Au collège, les difficultés ne sont pas moins grandes; les enfants s’alimentent trop vite, ont du pain à discrétion, et quelquefois, se remettent au travail immédiatement après le repas.
Le travail auquel on soumet l'enfant est souvent dis-
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proportionné avec ses forces; et beaucoup d’enfants obèses présentent par suite des troubles nerveux, des déformations scoliotiques et cyphotiques.
L'importance des exercices physiques est considérable ; les différents jeux sont des plus utiles; on peut recommander le saut à la corde, On utilisera peu les exerciseurs; par contre la gymnastique suédoise est excellente, à condition d’être pratiquée en plein air, en séances courtes. Heckel conseille de s'occuper en même temps des muscles et du poumon ; mais la gymnastique respiratoire ne doit être pratiquée que sous la surveillance d’un médecin averti; on risquerait sans cela d’avoir des résultats exactement contraires à ceux que l’on recherche. Tous ces exercices devront donc être réglés de facon minutieuse; ils ne seront jamais de longue durée; vers l’âge de 10 à 15 ans, on se méfiera particulièrement des déformations osseuses.
Le traitement thyroïdien et opothérapique combiné est utile dans les cas où l'influence des glandes à secrétion interne est manifeste.
L'électrothérapie a pu* rendre des services ainsi que J’hydrothérapie.
La cure thermale est nettement indiquée; on peut envoyer les enfants à la mer, en Bretagne, mais de préférence à Berck s'ils sont Ilymphatiques.
Les eaux salines sont cependant le traitement de choix, et là encore Salins-Moutiers avec ses bains de piscine à eau courante et le voisinage de Brides rendra les plus grands services.
Les résultats de la cure de l'obésité infantile sont le
plus souvent heureux; ils sont facilités par le fait qu'il n'y a le plus souvent pas de troubles cardiaques, et que la plupart des organes ne sont pas gravement touchés.
ARTICLE II
Obésité du vieillard.
Plus l’obèse avance en âge, et plus ses organes présentent de lésions. Aussi, chez le vieillard, ce n’est plus seulement d'un seul organe qu'il faut s'occuper mais bien de tous.
Le régime alimentaire devra-t-il tenir compte des défaillances possibles. Le régime de choix sera soit le régime végétarien strict, soit le régime lacto-végétarien. Le rein est presque toujours touché; aussi le régime hypochloruré est-il le plus souvent nécessaire; les exercices physiques doivent être très réduits, sinon supprimés par suile des troubles cardiaques; on ne pratiquera pas la myothérapie ni la mécanothérapie; on pourra cependant pour cette dernière permettre quelques mouvements passifs. L'électrothérapie rend alors Les plus grands services. L'hypertension artérielle contre-indique la plupart des procédés hydrothérapiques et le médecin doit bien avertir les proches que la mort subite qui était si à cramdre en dehors de tout traitement, peut néanmoins se produire pendant la cure.
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ARTICLE I
Obésité féminine.
L'obésité esi chez la femme plus fréquente que chez l’homme. Elle survient généralement à la suite de défectuosité d'alimentation, de sédentarité.
Très souvent, elle apparait lors de la puberté, de la maternité, de l'allaitement, de la ménopause.
La cure peut d’ailleurs être pratiquée dans les 4 premiers mois de la grossesse, mais non pendant l’allaitement. L'obésité floride existe plus rarement que l’anémique ; ce dernier type s’observe surtout chez des jeunes filles chlorotiques.
L'obésité féminine résulte souvent de l'insuffisance ovarienne; la stérilité d’ailleurs n’est pas rare et nombre de ces femmes sont affolées de grossesse. Mentionnons que cette stérilité disparaît fréquemment après la cure. À ce même point de vue, Heckel distingue les hypo-utérines, fréquemment stériles, à la menstruation irrégulière, et les hyper-utérines chez qui les règles sont abondantes, l'utérus gros et congestionné et ne présentent aucune frigidité.
Le traitement devra d’abord surveiller la dyspepsie, le nervosisme qui accompagnent souvent l'obésité chez la femme ; il devra aussi surveiller l'hygiène générale : on conseillera le port de corsets petits aux baleines souples, et avant même de conseiller un régime, il faudra empêcher la femme d’appliquer certains traitements extra-médicaux : les cures de faim et de soif poussées à
l'extrême, le choix bizarre de certains aliments à l'exclusion de tout autre, l'application sans contrôle médical des purgatifs et des extraits thyroïdiens, tous ces
traitements, ainsi appliqués, pouvant provoquer des
désastres.
Le régime alimentaire sera appliqué d’après les règles que nous avons déjà indiquées, mais il ne devra pas être trop réduit; le régime à lui seul peut faire maigrir la femme, mais on ne doit jamais s’en contenter, car alors se produisent des ptoses généralisées, aussi bien de la peau que des viscères profonds. Chez les femmes lymphatiques, nous avons vu que la cure de Weir Mitchell trouvait son application.
Les exercices physiques sont très utiles, mais doivent rester modérés; on s’attachera surtout à refaire lé système musculaire ce qui est le seul moyen d'éviter les ptoses.
La mécanothérapie, la myothérapie rendront à cet égard les plus précieux services; le massage, l'hydrothérapie suivie de frictions au gant de crin seront aussi indiqués.
La cure thermale se fera suivant le cas, à Brides, à Marienbad, aux eaux chlorurées sodiques.
Il nous reste encore à envisager le cas de la femme aux environs de la ménopause; où l’on doit surveiller attentivement les principaux organes. Les troubles d'insuffisance ovarienne seront traités par l'opothérapie: les troubles cardiaques feront conseiller le repos ou les exercices réglés; souvent enfin apparaissent des métrorrhagies parfois abondantes ; il faut alors penser au cancer de l'utérus très fréquent chez les femmes obèses, et qui
est d'autant plus dangereux qu'il est non seulement très douloureux, mais aussi très envahissant.
D'une façon générale, le régime alimentaire sera très surveillé; 11 faut chez ces femmes éviter les excès de zèle thérapeutique; on conseillera des laxatifs fréquents et de l’hydrothérapie tiède.
Enfin, chez la femme, on a souvent affaire à une adiposité qui non seulement est généralisée à tout le corps, mais se l'ocalise d'une façon plus particulière à certains points.
Citons avec P. Richer la région antéro-externe des cuisses, la région pré-pubienne, la région fessière, la région des lombes et des hanches, mais surtout trois régions sur lesquelles il nous faut insister.
Tout d’abord la partie antérieure du cou, où se forment fréquemment des rides et des sillons ainsi que sur la face. On pourra employer le massage agissant par des pressions localisées aux rides, pratiquées alternativement avec les deux pouces dans le sens de la ride ; le résultat n’estfnalheureusement pas toujours aussi complet qu'on pourrait le souhaiter.
Au niveau de la région mammaire l'infiltration graisseuse est souvent énorme; dans ce cas, un régime alimentaire trop restreint produit des désastres. On utilisera les mouvements latéraux d’élévation des bras et on les fera croiser au-dessus de la tête; il ne faut d’ailleurs pas faire trop travailler les pectoraux, en particulier les fibres obliques inférieures sur lesquelles est le sein, mais autant que possible le grand dentelé et le
grand dorsal.
On ‘interdira formellement le port des sachets de camphre qui amènentdes flétrissures souvent définitives.
L'hydrothérapie sera employée sous forme de douches écossaises, suivies de frictions au gant de crin où à la serviette rade alcoolisée.
L'électrothérapie suivant la méthode de Bergonié aurait une action tonique sur les téguments, peut-être par action excitatrice directe du courant.
Le massage enfin devra agir uniquement au moyen de percussions et de pinçages de la peau.
Il sera d’ailleurs utile de porter un soutien-gorge ou
même un bandage léger en double spica.