‹ Traitement de la Blennorragie et de ses Complications: Par un Nouveau Sérum PolymicrobienChapitre 8 sur 9 · CONS · texte numérisé non relu

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thrite gonococcique a déjà fait un stage de quinze jours dans un hôpital où le traitement par le salicylate de soude et les injections d’un sérum dont elle ignore le nom n’ont donné que des résultats incomplets. Soumise aux injections de sérum Stérian, elle sort guérie au bout d’un mois, après avoir reçu cinq injections de 15 cm.

Malgré une réaction locale et générale assez intense, la douleur diminue dès la première injection.

Observation 1V. Il s’agit encore d’une polyarthrite gonococcique extrêmement sévère avec atteinte de l’état général. Deux traitements échouent. C'est d’abord le vaccin de Dmégon, dont on fait six injections sans résultats appréciables. C’est ensuite quatre piqüres de mésothorium qui ne modifient en rien l’état de la malade. On prescrit alors des injections de sérum polymicrobien Stérian.

En quinze jours, la malade reçoit quatre injections de 15 em3 de sérum.

Chaque injection est suivie d’une réaction générale très intense, mais malgré ces accidents sériques, on observe une amélioration très nette de la polyarthrite et la malade sort guérie vingt jours après son entrée à l'hôpital.

Cette observation montre done que le sérum Stérian a réussi à guérir des accidents que le vaccin Dmégon et le mésothorium n’avaient pas modifiés. La réaction sérique a été sérieuse, mais il s'agissait d’une malade dont l’état général était mauvais et dont l'organisme était en état de moindre résistance. Néanmoins, la maladie sérique n’a eu aucune influence Sur la polyarthrite qui s’améliorait tous les jours malgré une forte élévation de température.

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Observation V. Il s’agit d’une femme de 45 ans qui présente une monoarthrite aiguë du coude droit à forme pseudophlegmoneuse. Elle suit au début un traitement au salicylate de soude qui ne donne aucun résultat. On essaie les injections de sérum Stérian. La malade reçoit cinq piqûres de 19 em3 en quinze jours. Dès la première piqüre, on observe une amélioration notable, cependant après la deuxième piqûre, on observe une aggravation de tous les symptômes qui s’atténuent après la troisième injection. Même évolution après la quatrième injection qui nécessite une einquième piqûre.

Un mois après son entrée à l’hôpital, la malade sort guérie; l’articulation du coude droit a repris tous ses mouvements.

Cette forme extrêmement sévère cède done au bout de la cinquième piqüre. La guérison est complète et relativement rapide.

Ainsi, dans ces divers cas, la guérison a été uniquement obtenue par les injections de sérum Stérian. La rapidité de ces guérisons est impressionnante, quinze jours, un mois au maximum dans les formes les plus graves.

Dans toutes ces observations, l’atténuation de la douleur est presque immédiate et l'intensité de la réaction locale et générale des plus variables. Simple érythème au niveau de la piqüre dans le premier cas, l'injection du sérum Stérian provoque au contraire (observ. ID une maladie sérique

sérieuse.

Le sérum Stérian dans les affections gonococciques

Les observations que nous venons d'étudier ont été prises dans un service de médecine générale. Elles se rapportent nécessairement aux manifestations gonococciques qu'on y traite le plus souvent : complications articulaires et orchiépididymite. Mais la valeur thérapeutique du sérum Stérian s'étend à toutes les affections locales ou générales dont le gonocoque est l’agent pathogène.

Le docteur Stérian a publié dans le Journal d’urologie médicale et chirurgicale, n° 21921, seize observations qui ont été prises dans le service de M. le professeur agrégé Marion à l'hôpital Lariboisière.

Les seize malades qu'il a traités avec son sérum peuvent être répartis comme suit : 8 prostatites (7 chirurgicales et 1 chronique) qui ont été guéries en huit à quinze jours par deux à quatre piqüres; une épididymite unilatérale guérie en six jours par deux piqüres; 1 épididymite double complètement guérie en seize jours par trois piqûres; une uréthrite aiguë guérie en deux semaines par trois piqüres; une uréthrite aiguë guérie en dix-sept jours par deux piquüres de sérum; un cas de polyarthrite du pouce et du cou de pied; un rhumatisme généralisé amélioré par sept piqüres; un rhumatisme généralisé guéri par trois piqûres en vingt-deux jours; une folliculite guérie en neuf jours par trois piqüres.

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Tous les cas s’accompagnaient d’un écoulement uréthral abondant soit récent, soit ancien à différents stades d’acuité sur lesquels l’action de la sérothérapie a toujours été manifeste et rapide.

Mais il semble bien que le sérum Stérian ait donné ses plus beaux résultats dans le traitement des conjonctivites gonococciques. La conjonctivite gonococcique est une affection grave qui dure en moyenne de dix à huit semaines, et expose aux complications cornéennes les plus dangereuses. Ce n'est pas une complication de la blennorragie, mais une localisation du gonocoque qui se développe sur la conjonctivite comme il peut se développer sur toute autre muqueuse et tout sérum ou vaccin qui ne guérit pas la conjonctivite blennorragique ne peut pas être considéré comme spécifique de la gonococcie.

Le docteur Constantinesco de Bucarest, qui a traité trentedeux malades avec ce sérum, dans différents hôpitaux de Roumanie, formule les conclusions suivantes (Société d'Ophtalmologie de Paris, séance du 15 janvier 1921) :

« 1° Le sérum polymicrobien antigonococcique du docteur Stérian peut être considéré comme spécifique de la conjonctivite gonococcique et de ses complications à l'instar du sérum antidiphtérique aussi bien comme préventif que comme curatif ;

2° Tout malade qui a reçu une injection de sérum avant l’apparition de complications cornéennes est mis à l’abri de leur apparition ultérieure. L'importance de ce fait est considérable pour la prophylaxie de la cécité par gonococcie oculaire ;

3° La durée de l’évolution de la conjonctivite blennorragi-

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que est réduite au minimum de huit à vingt jours et la muqueuse guérit sans aucune trace cicatricielle.

4° Chez les nouveaux-nés aussi bien que chez les adultes, les réactions locales ou générales à la suite de l'injection sont des inconvénients bien secondaires eu égard à l’avantage énorme donné par l'emploi du sérum.

M. Morax a soigné dans son service à l'hôpital Lariboisière deux sujets de 21 et de 15 ans et cinq enfants atteints de conjonctivite du nouveau-né. Les deux premiers malades ont guéri en quinze jours après trois injections de sérum. Les cinq nouveau-nés guérirent au bout de quinze à trente jours après trois injections de 8 centimètres cubes de sérum. (Annales d’oculistique, février 1921.)

Dans tous les cas, la guérison a été obtenue uniquement par les injections du sérum Stérian. On s’est abstenu intentionnellement de la médication habituelle, c’est-à-dire des instillations de nitrate d'argent.

Ainsi, quelle que soit la localisation du gonocoque, l’action thérapeutique du sérum Stérian est efficace et certaine. Il abrège la durée de l'affection, atténue immédiatement les symptômes douloureux ét locaux, évite les complications les plus graves de la gonococcie. Si tous les auteurs qui ont essayé le sérum insistent sur l'intensité des réactions locales et générales qu'il détermine aucun ne les considère comme une objection sérieuse à cette nouvelle méthodes.

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