CIRCULATION DU S. M. T. DANS L'ORGANISME
GÉNÉRALITÉS SUR LE MÉTABOLISME DES SULFAMIDES CONSIDÉRÉ SOUS L'ANGLE DE LA THÉRAPEUTIQUE.
L’étude du métabolisme des sulfamides est le préambule logique des recherches portant sur leur agressivité envers le malade, d’une part, et les germes infectieux, d’autre part. En effet, puisqu’une bataille va se livrer dans l’organisme entire un ennemi placé sur la défensive et des troupes qui vont l’assiéger, il est important de connaître tout d’abord la vitesse de pénétration des assaillants, leur concentration aux points stratégiques, la durée de leur action — sans oublier la tolérance du patient vis-à-vis de ceux qui viennent à son secours — et, en second lieu, l’estimation des forces qui vont s’opposer, car guérir c’est prévoir.
Depuis MARSHALL, tous les auteurs s’accordent à dire que les sulfamides diffusent dans l’organisme au même titre que l’urée et l’alcool. Nous ne connaissons pratiquement pas de barrières. Ils passent rapidement dans le sang, dans le liquide céphalo-rachidien — avec un décalage de temps et de niveau —, dans le système urinaire enfin qui est la voie essentielle de leur élimination.
Du point de vue thérapeutique, il y a lieu d’envisager deux modes d’action :
1° Une action générale, à laquelle on aura recours dans les cas de septicémie ;
2° Une action locale, à laquelle on donnera la préférence lorsque les agents pathogènes n’ayant envahi qu’une partie de l’organisme, on voudra éviter les risques d’intolérance auxquels peut donner lieu une sulfamidothérapie massive. Dans ce dernier cas se place le traitement de certaines affections urinaires ou intestinales, les plaies infectées, etc.
Lorsque les sulfamides doivent atteindre les germes pathogènes dans le sang, il faut que leur concentration atteigne un certain niveau pour être efficace. Si le taux de sulfamide est trop faible, on risque de laisser se déve-
DiuRe de
lopper une sulfamido-résistance. Si, par contre, la dose ingérée est trop forte, on peut provoquer des intolérances (troubles sanguins, digestifs, rénaux, nerveux. etc.). L’expérience a montré que l’activité bactériostatique était proportionnelle à la concentration du sulfamide dans le sang. Afin d’accroître l’activité, tout en conservant une posologie moyenne bien tolérée, il a fallu trouver des composés nouveaux, capables de donner, à dose égale, une plus forte sulfamidémie.
Le tableau ci-dessous montre cette progression. Les concentrations sanguines et l’élimination urinaire correspondante sont obtenues avec des doses de 0,10 par kg.
£ - “ Clearence ”” Concentration sanguine
pour 109 cm? ou coefficient
d'élimination urinaire
mg Sulfanilamide ............... 7 à 10 35 Sulfapyridine ............... 8 à 11 20 Sulfadiazine ................. 124a 15 15 Sulfamérazine ............... 15 à 20 10
Il apparaît clairement que la sulfamidémie est d’autant plus élevée que l’excrétion des sulfamides est plus lente. La rançon de ce progrès est que l’efficacité des sulfamides s’est accrue parallèlement à la fréquence des troubles rénaux.
Il existe une autre série de composés organo-soufrés qui ont, en revanche, une élimination rapide et qui donnent des sulfamidémies moyennes ou faibles.
ÿ J ‘6 Clearence ” Concentration sanguine 3 ou coefficient
pour 100 cm d’élimination urinaire
mg re O1 PSN RS SERRE NM € à 1,5 110 Sulfathio-urée .::....:...... 5 à 6 80 Soulaithiazol- "32m 6 à 7 60
Lorsque les sulfamides doivent agir localement, la concentration est plus facile à régler. Dans le système urinaire, en particulier, qui est le cas qui nous occupe,
FRET: me
on obtient facilement de fortes concentrations. Le problème est l’inverse du précédent : tandis que pour le traitement des septicémies, le sulfamide réputé le meilleur est celui qui donne une concentration sanguine forte, et a, par conséquent, une élimination lente, dans le cas des affections de l’arbre urinaire, le meilleur sulfamide sera celui qui, tout en donnant une sulfamidémie bactériologiquement active, s’éliminera le plus vite.