‹ Traitement De La Colibacillose Urinaire Par Le SulfaméthylthiodiazolChapitre 8 sur 34 · LE TRAITEMENT DE LA COLIBACILLOSE AVANT LA SULFAMIDOTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

LE TRAITEMENT DE LA COLIBACILLOSE AVANT LA SULFAMIDOTHÉRAPIE

On peut attribuer à HiPPOCRATE la conception du syndrome entéro-rénal qu’il décrit ainsi dans le septième livre des Epidémies : « La strangurie vient de cette façon : la vessie, échauffée par le rectum, attire le phlegme qui produit la strangurie. » Contre cette affec-. tion, il préconise de boire du lait de chèvre « jusqu’à ce que les urines reviennent à l’état naturel ».

Ce n’est qu'après la découverte du colibacille dans l'intestin par EscHEriIcH, en 1884, puis par CLADO dans la vessie, en 1888, que commence l’ère de la thérapeutique anti-infectieuse.

Nombreux furent les antiseptiques essayés. Le plus communément prescrit est l’uroformine ; toutefois, il n’est pas toujours bien toléré en raison du dégagement de formol auquel il donne naïssance. Le bleu de méthylène, la trypañlavine, la gonacrine, l’oxyquinoléine, le mercuro-chrome, l’argent colloïdal ont une action similaire. Les résultats en sont inconstants.

On a préconisé aussi de faire varier le pH, soit dans le sens de l’acidité (acide phosphorique, acide mandélique), soit de l’alcalinité (bicarbonate de soude). Muis, là encore, les échecs sont nombreux et l’on risque, comme avec les antiseptiques, de provoquer parfois une irritation qui aggrave encore la cystite.

Les méthodes biologiques ne présentent pas cet inconvénient. La vaccinothérapie est utilisée par voie hypodermique ou mieux par voie buccale, car elle peut agir ainsi sur le colibacille intestinal et modifier une des portes d’entrée de la colibacillurie. Mentionnons enfin la bactériophagothérapie d'HÉRELLE et le sérum anticolibacillaire du professeur VINCENT qui a des propriétés

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à la fois antitoxiques et antimicrobiennes. Aucune de ces méthodes n’a supplanté la chimiothérapie et c’est à cette dernière que l’on revient aujourd’hui, non plus en utilisant le pouvoir bactéricide des antiseptiques souvent mal tolérés par le malade, mais en choisissant, parmi le vaste groupe des médicaments sulfamidés, les plus aptes à la lutte contre la colibacillose.

LA SULFAMIDOTHÉRAPIE APPLIQUÉE A LA COLIBACILLOSE URINAIRE.

Il est inutile de retracer toute l’histoire, très récente mais déjà complexe, des composés sulfamidés, car elle a fait l’objet de nombreux écrits. Nous en rappellerons les principales étapes en insistant seulement sur les applications des organo-soufrés au traitement des affections du tractus urinaire.

En 1932, Mierzscx et KLARER synthétisèrent la sulfamido-chrysoïdine — ou prontosil rubrum — matière colorante qui renferme dans sa formule une double liaison azote-azote semblable à celles que l’on trouve dans le trypan rouge étudié en 1904 par EHRLICH comme

antiprotozoaire.

S 07 NH2

NHo PRONTOSIL Plusieurs courtes observations cliniques concernant le Prontosil furent publiées, notamment celle de

ForstTER, en 1933, relatant la guérison d’une streptococcie chez un nourrisson.

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Mais le premier travail important fut, le 15 février 1935, celui où DomaAcx publiait le résultat de ses recherches sur le traitement de la septicémie streptococcique chez la souris par le prontosil rouge. Une grande découverte française allait suivre peu après. Le 23 novembre 1935, M. et M J. Trérouëz, F. Nirri et D. Bover, travaillant dans le laboratoire de M. FOURNEAU, annoncèrent que, dans la molécule complexe de l’azoïque, seul le para-amino-benzène-sulfamide avait une action antibactérienne. Ce corps dissocié, qu’ils appelèrent 1162 F — ou prontosil album — avait été mentionné en 1908 par GELMO qui n’en fit pas l’expérimentation.

SO; NH \

NH2 PARA-AMINO-PHÉNYL-SULFAMIDE ou 1162 F.

Laissons la parole à l’un des auteurs, M. J.

TRÉFOUEL :

« L’organisme, siège constant de réactions d’oxydation et de réduction, pourrait s’attaquer à la double liaison azote-azote, point le plus fragile de la molécule et la réduire. Si cette hypothèse est exacte, on doit retrouver dans l’organisme de l’hôte ou de l’animal traité par le prontosil ces deux nouvelles molécules : le triaminobenzène et l’amino-phényl-sulfamide. »

SO NH HN NH2 N H2

Il = OH? + + N

NHo 2HN£OS NH NHo

PRONTOSIL. PARA-AMINO-PHÉNYL- TRIAMINOBENZÈNE. SULFAMIDE.

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