‹ Traitement de la fièvre typhoïdeChapitre 11 sur 62 · HYGIÈNE GENERALE DU TYPHIQUE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE GENERALE DU TYPHIQUE

assez le répéter, quelque idée qu'on se forme sur la nature de la maladie et sa façon de la traiter, un fait de grossier empirisme nous apprend que tout malade qui urine ù'ès abo7idamment guérit 90 fois sur 100 : il n'est pas besoin d'être grand physiologiste pour sentir l'inéluctable nécessité de faire boire beaucoup les patients pour leur fournir les matériaux de ces urines de guérison.

On s'ingéniera donc à faire ingérer beaucoup de liquides et on donnera toujours des boissons simples : ce sont celles dont les malades se dégoûtent le moins vite. Ce n'est que dans de rares cas, une fois sur 100 peutêtre, que le lait de poule, le beef tea, les sirops de haut goût , trouveront leur emploi.

Si la fièvre typhoïde est bien ce que nous Dcsiufccenseigne la bactériologie, il est certain qu'une "^^^ indication surgit de détruire le poison typhique dès qu'il est rejeté hors de l'organisme. Si ce n'est pas un procédé de gué- Nécessité rison pour le malade, c'est un moyen de pré- vL^prophyservation, et à ce titre le médecin ne saurait ^^^'^^'i""-

se soustraire à remplir sévèrement cette obligation.

L'étiologie de la fièvre typhoïde nous montre trop souvent la contamination du Contagion pcrsonucl hospitalier, des individus chargés Hngls''otc.°*' de laver le malade ou les pièces de linge souillées, pour que la théorie de l'infection par les matières fécales ne s'impose pas. De môme, la contamination de l'eau. des puits, des rivières, soit par le fait d'infiltration de fosses d'aisances voisines, ou le déversement direct des déjections typhiqucs, sont des faits trop notoirement connus pour qu'il y ait lieu à insister.

Quelle est la meilleure méthode de désin- Tochnique fcctiou, cellc qui est la plus pratique et la

do la désin- . , „

lection. moms onéreuse ?

Richard et Chantemcsse arrivent à cette conclusion, confirmative des expériences faites en Allemagne par Liborius, Kitasato et Pfiihl, qu'un lait de chaux dans la proportion de 4 p. 1000 est le meilleur désinfectant. ' ■ Le lait de chaux stérilise et désinfecte les selles typhiques en une demi-heure, tandis

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que le môme résultat n'a été atteint ni par l'addition de chlorure de chaux à 1 p. 1000 ni par celle du sublimé dans la proportion de

1 p. 50 000, soit pur, soit mêlé à l'acide chlorhydrique

Pour préparer ce lait de chaux, d'un prix de revient très minime (un kilogramme de chaux vive coûte à peine 0,05 cent.), on arrose avec moitié de son poids d'eau la chaux. Quand la délitescence est faite, on place la poudre en un lieu sec, dans un récipient bien bouché. Veut-on s'en servir, on délaie par exemple un kilogramme dans 4 litres d'eau, et ce liquide fixais, très actif, est versé dans le bassin chaque fois qu'une garde-robe est recueillie. Pour la désinfection des fosses d'aisances, on versera dans la proportion de

2 p. 100 en volume ce lait de chaux : une énorme quantité d'ammoniaque se dégage, dont on facilitera le départ en remuant le contenu de la fosse avec une longue perche.

Il ne convient pas seulement de désin-

\. CiiANTEMESSE, m Traité de Médecine. Masson, 1891, page 740.

20 TliAlTEMENT UE LA ElÈVUE TYPHOÏDE.

DL^sinfec- fcclci' Ics sollcs typhiqucs, mais encore les tlmolll^s, lin- vêtements, draps, linges, ayant appartenu aux B''^' malades.

Chaque fois qu'une pièce de lingerie, drap, chemise, etc., sera changée, immédiatement on la plongera dans un récipient quelconque (seau, cuve) contenant de l'eau, puis, lorsque la quantité en sera suffisante, elle immergera pendant vingt à trente minutes dans l'eau bouillante ; après quoi elle pourra être livrée au blanchissage sans danger.

Quant aux vêtements, objets de literie, qui ne pourraient subir un pareil traitement sans être gravement détériorés, ils seront désinfectés par l'étuve à vapeur, qu'il serait désirable de voir adopter par les municipalités de France, si petites qu'elles soient.

Diîsinioc- Les personnes qui soignent les malades (infirmiers, membres de la famille) ne doivent sous aucun prétexte prendre leurs repas dans la chambre du patient, et doivent être soumis à l'obligation d'un lavage antiseptique, des mains, chaque fois qu'ils ont touché le malade; de plus, il est bon de les revêtir d'une

tioa dos gardûs-malados.

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