‹ Traitement de la fièvre typhoïdeChapitre 37 sur 62 · Soc. méd. des hôpitaux · texte numérisé non relu

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gresse SOUS toutes ses formes. J'ai l'habitude de modifier le traitement habituel de la façon suivante, et cela durant tout le temps que la maladie revêt ces formes ; dès que, au contraire, la fièvre typhoïde paraît ramenée aux proportions moyennes, la formule habituelle est remise en œuvre.

Technique des cas sévères : 1" bain à 26°; 2"= bain à 24% et ainsi de suite, en diminuant de 2 degrés chaque bain, pour arriver, au 8" bain à la température réglementaire de 18°. Durée plus courte, 8 à 10 minutes. — Nécessité d'obtenir et de prolonger le frisson, et pour cela, chez les malades dont la lutte contre la fièvre est très tenace, abaisser la température du bain jusqu'à lo°. Affusion très • froide (8° à 10°) pendant toute la durée du bain, avec massage ou friction énergiques sous l'eau sans arrêt. — Donner de fortes doses d'alcool dilué, 100 à 120 grammes, entretenir une très basse température dans la chambre du malade, en ventilant en permanence si la saison le permet ; nécessité impérieuse des grandes compresses thoraciques et abdomi-

UiS TRAITEMENT DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE.

nalcs. Alimcnlation hâtive du malade par les purées, les œufs, le laitage. Ne pas suspendre de suite le traitement intensif; à la moindre aggravation, porter à 2 heures au lieu de 3 la prise d'un nouveau bain, et, si l'appareil cardiaque faiblit, substituer aux compresses froides, la vessie de glace appliquée sur la région précordiale, qu'on protégera par un morceau de flanelle. Dès que les symptômes s'atténuent, revenir au traitement ordinaire. Si au contraire ils semblent progresser, avoir recours au traitement des cas très graves.

TECnNIQUE DES FORMES MALIGNES OU COMPLIQUÉES

Les premiers bains seront donnés à une température inférieure de 6 degrés à celle du malade (pour 41°, à 33°), et ainsi de suite; puis on ramènera progressivement la température à 27 ou 28°, en faisant d'une façon continue des afî'usions très froides (8 à 10°) au malade. Ces premiers bains seront très courts, très sur-

veillés. A la moindre cyanose, le malade sera enlevé du bain et frictionné; il va sans dire que tandis que le patient est dans l'eau les rigoureux massages déjà décrits seront pratiqués. En un mot, il faut voir comment le cœur et le cerveau se comportent vis-à-vis de la réfrigération. Brand a excellemment dit que ce n'était qu'avec ce tâtonnement qu'on pouvait juger « des limites qu'on peut atteindre et qu'on ne doit pas dépasser ».

En présence de températures très élevées, j'ai déjà dit qu'à mon sens il y avait lieu à rapprocher les bains, à les administrer toutes les deux heures : je diffère donc d'avis sur ce point avec Glénard, mais comme lui j'insiste sur l'absolue nécessité de couvrir, dans l'intervalle des bains, le malade de compresses froides et renouvelées très fréquemment.

Dans ces fièvres graves, la température doit- ii uc faut

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elle être le guide du médecm?Le bam ne doit- teiiatompôil être donné que lorsque la température rectaie atteint 39"? Non, ce serait une grossière erreur, une faute clinique énorme. Ce qui seul indique la nécessité du bain, ce qui

règle sa température, sa durée, c'est l'état général du malade^ c'est l'intensité de son délire, la faiblesse de son pouls par exemple, et nullement sa température. C'est dans ces cas que le vrai médecin se révèle, qu'il n'est plus cet automate qu'on veut faire du brandiste, qui, inspectant le thermomètre, plonge un patient dans l'eau, tire méthodiquement sa montre, et retire au bout d'un temps mathématique le malade. Je ne saurais assez protester, au nom de la clinique, de la logique, contre de semblables calomnies. Ce qui fait la gravité de la maladie dans ces cas, c'est l'envahissement des organes nobles : cœur, cerveau, poumons, reins. C'est pour leur restituer leurs fonctions compromises que le bain doit être donné avec un soin, une variabilité extrêmes, qui rendent ce moyen aussi délicat à manier que les alcaloïdes les plus toxiques. Dans tous ces cas où l'adynamie est la règle, voici la technique recommandée : Placer le malade dans un demi-bain à 26 ou 28°; pratiquer, durant 4 ou 5 minutes, la vieille alîusion de Currie avec de l'eau à 8 ou

MÉDICATION IIYDROTIIÉUAPIQUE. i71

10°, et masser le malade durant tout ce temps.

Conjointement, on donnera avec la plus grande largesse les vins capiteux et riches en alcool (Champagne, malaga, porto, bourgogne). On alimentera le malade non seulement avec le lait, mais avec le bouillon, les œufs. Enfin, en tenant compte de l'état de dépression dans lequel est toujours le système circulatoire dans ces cas, on pratiquera soir et matin des injections sous-cutanées de sulfate de spartéine,0,05 à 0,15 centigr.; de caféine, de 1^^,50 à 2 grammes ; d'éther, 2 à 3 seringues de Pravaz, et d'huile camphrée.

Dans l'intervalle des bains, la glace sera appliquée en permanence sur le cœur (parésie cardiaque), la poitrine (pneumonie, congestion hypostatique), la tête (délire, convulsions); bref, la médication réfrigérante continue sera employée ; mais, je le fais remarquer, ce sera un froid passager, superficiel, stimulant, qu'on emploiera, et non un froid prolongé, profond, dépressif. Cette façon de pratiquer le bain, que Glénard a appelée pitto-

rcsquemcnt le bain des moribonds \ diflere absolument du bain froid systématique ordinaire : c'est de lui que Brand a dit que, quel que soit le faciès du malade, tant qu'il respire, il ne faut pas se décourager, mais persister dans l'emploi de ce genre de bain.

Cette médication intensive n'est, bien entendu, que temporaire. Dès que le malade revient à lui, que son cerveau se dégage, que son cœur recouvre l'énergie, sa respiration son rythme normal, on revient à l'habituelle formule jusqu'à complète disparition des accidents. Mais, qu'on ne s'y trompe pas, dans ce cas, la lutte est longue, horrible, pourraiton dire. Il faut être soutenu par l'espoir, avoir été témoin de ces « résurrections », pour ne pas abandonner la partie, pour porter h la baignoire ces « morts vivants ». Ceux qui, ayant entrepris une pareille bataille, la gagnent, sont à tout jamais conquis à la méthode. Mais que si, d'aventure, ils commencent leur noviciat du bain par de semblables cas, et

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